Le baron de Lahontan [microforme]
Louis-Armand de Lom d’Arce, mieux connu sons le nom de baron de Lahontan, est un officier français qui a servi au Canada de 1683 à 1693. Quelques années après son retour en Europe (1703), il publia un récit de ses voyages qui fit beaucoup de bruit dans le temps. On peut juger de la vogue qu'eut cet ouvrage, puisqu'il en fut donné plus de douze éditions françaises en moins d'un demi-sièele (1703 à 1741), sans compter qu'il fut traduit en anglais, en hollandais, en allemand, et que les grands recueils de voyages compilés en France où en Angleterre en contiennent de volumineux extraits.
Ecrit en un style un peu dur mais portant l'allure badine et égrillarde, l'ouvrage de Lahontan pénétra dans des couches où n'avaient pu se rendre des livres un peu mystiques, comme Îles relations des missionnaires, où des in-folios comme ceux de Charlevoix. C'était la première fois qu'un voyageur sortait de la voie commune, abordait la discussion de toutes choses et marchaïît sans lisière. Les chercheurs, les gens sérieux avaient lu Ducreux, Lescarbot où Champlain. Lahontan s'adressa au public léger et moqueur du commencement du xvirrt siècle, Quelques-uns, comme Parkman, jugent même qu'il devança les bamphlétaires de ce temps. Lahontan fut lu et contribua peut-être plus que bien des auteurs graves ct savants À faire connaître le Canada. Dans le cours de son ouvrage, il règne une pointe de malice, un air frondeur, un ton de persifage qui durent plaire à l’époque.
Lahontan, qui fat pendant dix ans un militaire médiocre, qui passa obscur au Canada, conquit tout à coup par sa plume une renommée pour ainsi dire européenne. Les princes de Hanovre lui donnèrent leur faveur, et il véeut dans l'intimité du grand Leïbnitz, C’est ainsi qu'un pauvre cadet de Gascogne, qui n'avait que la cape et l'épée, qui avait manqué sa vie à vingt-sept ans, qui se croyait un homme perdu et ruiné après avoir déserté le drapeau et fui sa patrie, s'acquit la réputation d'un grand voyageur. Le hasard a voulu que ceux qui oceupaient alors les premiers emplois, où qui gagnèrent à la France par leurs iinmortels travaux plus des trois-quarts du continent américain, fussent pendant un temps ignorés où engloutis dans le plus miséra:-le oubli, et qu'un officier du plus maigre mérite se couvrit de leur manteau glorieux.
L'importance que l’on a donnée pendant tout le xvrrr siècle À l'ouvrage de Lahontan, celle que lui donnent encore certains écrivains contemporains en le citant de temps à autre, justifie cette étude, TT importe que l'on connaisse plus intimement un homme qui à porté des
jugements très sévères sur nos origines, qui à popularisé en Europe l'idée que les colonies
françaises furent des lieux de déportation, et qui, d'un cœur léger, à voulu infliger un stigmate honteux à toute une race,
I y a peu d'écrivains qui ait eu une carrière aussi accidentée que le baron de Lahontan. Son histoire ressemble à un véritable roman. Parti du Béarn à l'âge de dix-sept ans pour venir au Canada comme simple volontaire dans les troupes de la marine, il habite tour À tour Québec,
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Montréal, le détroit, Michillimakinae. Tlassiste À deux campagnes sans trouver À s'y illustrer.
Commandant de garnison, ilabandonne chement son poste pour se faire voyageur isolé dans A de les régions lointaines du Minnesota, Commensal du gouverneur Frontenac, on le retrouve è viv lieutenant de roi dans les brumes de Terreneuve, d'où il s'enfuit sur ane misérable barque de ! d'u pêcheur qui le jette sur les côtes du Portugai. Réfugié en Hollande, il éerit, contre sa patrie è d’4 et ceux de sa race, des pamphlets remplis de fiel, se donne hypocritement la gloire de décou- ÿ les vertes imaginaires, devient Pami des princes étrangers et d'un savant comme Leibnitz, qui le Ë prend pour un homme sérieux. ATOUT Pour reconstituer la vie de cet homme étrange, il nous a fdlu nous faire nomade comme 1 pa] lui, et puiser aux sources les plus diverses, depuis Saint-Paul de Minnesota jusque dans les ï ver bourges iwnorés de la Hollande, consulter tour à tour les archives de Québec, de Plaisance, de Pau, de Bayonne, de Paris, les géographes, les historiens, les philosophes, les ministères de Lal la guerre, de limarine, des affaires étrangères, de la justice et de la police, parce que Lahon- me tan a été mec un peu à toutes ces administrations. sist On conçoit que lorsque les éléments d'information sont répandus dans des dépôts aussi | mu vastes, dans des fonds st multipliés, et qu'il fant les interroger à distance sur de simples con- | du jectures, c'est faire souvent le métier d'un homme qui plongerait dans la mer pour y chercher rest une certaine coquille parmi toutes les autres, x Nous devons des remerciements sincères À tous ceux qui ont bien voulu nous prêter leur ô dén concours bienveillant dans cette tâche ardue et souvent ingrate. mel Nous ne saurions oublier les services de M. de Dufau de Maluquer, juge à Sarlat, auteur ané de Farmorial de Béarn, qui nous à fourni sur la famille de Lahontan des renseignements si précieux, M. Paul Eabrouche, archiviste du département des Basses-Pyrénées, qui a bien k deu voulu mettre à notre disposition ses excellentes relations de famille, M. le curé Bacqué, qui a F que remué la poussière des archives de Lahontan, pour ÿ découvrir les traces de son ancien Ë les paroissien, Me Coussevon, propriétaire de l'ancienne maison de justice des barons de Lahon- È tan, et qui nous a donné sur la baronnie les plus intéressants détails, la Société de Borda qui è mai
mel
a fait les plus louables efforts pour nous être utile. vèr
L'il Es.
LA COMMUNE DE LAHONTAN, DANS LES BASSES-PYRÉNÉES.— L'ABBAYE DE NOTRE-DAME D'ABET.— ANCIENS SEIGNEURS DE LAHONTAN.— PORTRAIT DES LAHONTANAIS DESSINÉ PAR L'ILLUSTRE MONTAIGNE.-—TISAAC DE Lo D'ARCE.—LES TRAVAUX QU'IL ENTREPREND,
voul
Le train qui mène de Bayonne à Lourdes stoppe à Puyoo, petit bourg ignoré du dépar-
tour Aim de dé libe
Le rd
tement des Basses-Pyrrénées, ma:- centre de ralliement considérable pour les chemins de fer,
puisqu'il met en communication avec Bordeaux et Tours la plus grande partie de l'ancien Béarn.
A 5 kilomètres de Puyoo, au fond d'une plaine bordée de coteaux verdoyants, dont
les gracieuses ondulations font contraste avec le plat pays des Landes et les escarpements
abrupts des monts pyrénéens, dort le paisible village de Lahontan avec sa population de 1,200 dé et se
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habitants.
La commune de Lahontan a eu jadis ses jours de splendeur, et ses habitants aiment à en
conserver le souvenir.
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