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— Tu me payeras ce mot-là, méchant, lui I dit-elle. '
Lucien se leva et s'inclina respectueusement devant M. Hartmann.
— Mon père, je pars pour accomplir la mission que vous m'avez confiée, dit-il.
— Va mon fils, répondit le vieillard en lui ouvrant ses bras, et, ajouta-t-il plus bas en le pressant sur son cœur, va et emporte avec toi la bénédiction de ton père. Ses prières te suivront.
Le jeune homme se redressa et s'approcha de sa mère.
— Bonsoir, ma mère, lui dit-il en l'embrassant, que Dieu vous donne une bonne nuit.
— Bonsoir et adieu, mon fils.
— Ne me dites pas adieu, mais au revoir, ma mère, car bientôt je reviendrai.
— Oui, au revoir, mon Lucien bien-aimé, fit-elle en retenant ses larmes. Et pourtant aujourd'hui, quand on se quitte, sait-on si on se re verra jamais.
— Allons ! allons ! s'écria M. Hartmann avec une fausse gaielfé, il n'y a pas de quoi nous attendrir, que diable! Lucien ne part pas pour la guerre.
— Comme M, de Marlborough , dit la jeune fille en riant; surtout reviens vite, tu vois en quel état est notre mère, ajouta-t-elle à voix basse en embrassant son frère.
— Je tâcherai. D'ailleurs ne restes-tu pas pour la consoler? Notre père et notre mère n'ont plus que toi maintenant, ma pauvre sœur.
— Fais ton devoir, frère ; moi je saurai faire le mien.
Lucien serra la main de sa sœur, adressa un dernier adieu à ses parents, puis il quitta la maison et se dirigea à grands pas vers la gare du chemin de fer.
La demie après dix heures sonnait à la cathédrale au moment où il montait en wagon.