‹ Le Baron Hippolyte LarreyChapitre 37 sur 40 · INAUGURATION DE I.A STATUE · texte numérisé non relu

INAUGURATION DE I.A STATUE

A l'hôpital militaire du val-he-guace

L'hôpital militaire du Val-de-Grâce était en fête dans l'après-midi du 8 juin 1899.

A 3 heures f récises, le docteur F. Guyon, membre de llnstilut, Président du Comité formé pi ur l'érection d'un monument au baron Hippolyte Larrey, devait remettre aux autorités militaires la statue que le Comité avait commandée à l'éminent sculpteur Falgui^res.

Coulée en bronze, cette statue est placée sur un piédestal, dû au talent de M. Dionis du Séjour, architecte du Gouvernement, installé au milieu du quinccnce de marronniers qui garnit la terrasse séparant, dans le vaste espace libre qu'entourent les constructions de l'hôpital, les jardins potagers de ceux d'agrément.

Sur le marbre du piédestal se détachent ces inscriptions: « Baron Hippolyte Larrey, Médecin Inspecteur, Président du Conseil de santé des armées. Membre de llnstilut et de V Académie de médecine. Grand-officier de la Léqion d'honneur, 1808-1895. » Puis, a Siège d'Anvers, 1832. » — « Campagne d'Italie, 1839. » — Enfin. « Armée du Hhin et siège de Pans, 1870-71. »

Le baron H. Larre\ lait face au centre du bâtiment principal. Des massifs de fleurs et de plantes vertes, des faisceaux de drapeaux entourent le piédestaret la statue voilée de serge verte.

Des bancs, des fauteuils, des chaises disposés sur plusieurs rangées occupent l'espace laissé libre par les arbres et sont étaldis face au piédestal.

Sous les quinconces se tient la musique du 130' de ligne; disiicrscs dans les jardins, circulent de nombreux officiers du corps de santé militaire, ain<i que bcaucouj» de dames d-mt le brillant soleil qui resi)lendit au ciel fait ressortir les élégantes toilettes, et les invités civils et

352 LE BARON LARBEY

militaires : les convalescents de l'hôpital se pressaient en foule autour de cette aimable et nombreus^e assistance.

Un peu avant 3 heuresarriventdes membres de l'Institut, en tenue, aux broderies vertes; nous reconnaissons M. Bertrand, le sympathique secrétaire perpétuel; M. le professeur Guyon, M. l'amiral de la Jonquières, les professeurs Bouchard, Lannelongue,Cailletet et Grauddidier, puis les membres de l'Académie de médecine. MM. Panas, président de l'Académie ; Bergeron, seci étaire perpétuel; Hervieux, Hérard, Bucquoy, Paul Berger, Marty, Reclus, Polaillon, Laborde et Rendu en habit aux [lalmes violettes. M. le D^ Duveau, Bibliothécaire de l'Académie de médecine et Secrétaire du Comité de la statue s'empressait d'indiquer à chacun des invités la place qui lui avait été réservée. — M. le Médecin Inspecteur général l.éon Colin, Grand-olfîcier de la Légion d'honneur, et MM. les médecins inspecteurs Aron et Weber représentaient les Médecins inspecteurs du cadre de réserve.

La Faculté de Médecine avait délégué M. le proesseur Potain, la Société de Chirurgie, le sénateur Pozzi, son président; le Conseil d'Hygiène publique et de salubrité su département de la Seine, M. le docteur Riban, son vice-président, et MM. les docteurs Josias et le Médecin Inspecteur Vallin. M. le général Davout, duc d'Auerstadt, 'étant trouvé dans l'impossibilité d'assisteràla cérémonie à laquelle il était convié en sa double qualité de Grand- Chancelier de la Légion d'Honneur, le baron Larrey ayant tait partie du Conseil, et de Président de la Société de Secours aux Blessés militaires, était représenté par M. le général Boissonnet, Grand-Croix de la Légion d'Honneur. Le Médecin Inspecteur général Cunéo. président du Conseil de Santé de la Marine, était en grande tenue, ainsi que tous les médecins militaires de la garnison de Paris, de Vincennes, de Saint-Denis et de Versailles qui n'étaient pas retenus par leur service. En oulre, un très grand nombre de médecins de la Réserve et de l'Armée territoriale, en uniforme, s'étaient rendus avec empressement à la céré' monie.

La Société centrale de Secours aux naufragés avait délégué M. l'amiral Lafont, son pré-ident. La Société contre l'abus du tabac et la Société protectrice des animaux, dnnl le baron Hippolyte Larrey avait été membre,

s'étaient fait représenter par MM. Decroixet Hurich, leurs présidents respectifs.

A 3 heures précises le clairon de la Section d'Infirmiers militaires sonne « aux champs » et M. le général Zurlinden, gouverneur militaire de Paris, que M. Krantz, ministre de la guerre, avait délégué pour le représenter et recevoir en son nom la statue, dans la nécessité imprévue où il s'est trouvé de répondre d'urgence à une interpellation parlementaire, arrive en grande tenue de service dans la cour d'honneur du-Val-de-Grâce. Il y est reçu par M. le Médecin Inspecteur Kelsch, directeur de l'Ecole, assisté de M. le Médecin principal de 1^*^ classe Madamet, sous-directeur de l'Ecole et médecin-chef del'hôpilal et de l'état-major de l'Ecole.

M. le général Brault, chef d'Etat-Major-généralet M. le glanerai Borius, président du Comité technique du génie, eu grande tenue, avaient bien voulu honorer la cérémonie de leur présence, ainsi que M. le Colonel Ferry, sous-chef d'état major de la Place de Paris, et ont salué le G(tuverneur à son arrivée. Le médecin inspecteur général Dujardin-Beaumetz, Président du Comité technique de Santé, a eu l'honneur de lui présenter la délégation de ce Comité et de sa Section technique composée de M VI. le général de Douvres, les médecins principaux de 1" classe Ma lamet, Robert, et Catteau; les médecias-niajors de 1" i;lasse Dziewonski et Altem.iire, le médecin principal Dionis du Séjour.

Le cortège, ainsi constitué, s'est rendu dan ^ les jardins du Val-de-Grâce où étaient massés, en avant du pavillon central de l'hôpital, les professeurs de l'Ecole d'application du Service de santé, le personnel et l'aumônier de l'hôpital, puis la promotion des officiers-élèves et des stagiaires, et à leursuite la Section d'Infirmiers militaires en armes, commandée par son Offiiier principal.

Après avoir adressé de bienveillantes paroles au personnel enseignant et aux élèves, M. le Gouverneur de Paris, a passé les infirmiers en revue pendant que la musique du 130" de ligne jouait la Marseillaise.

La revue terminée, M. le Gouverneur s'est rendu devant le monument : MM. les (trofesseurs Guyon, Panas, et M. le D"" Itiban, lui ont présenté les membres des délégations de leurs Sociétés respectives et après les compli- Lb Baron Larret. — 23.

ments d'usage, il a pris place au fauteuil de la présidence en faisant signe de faire tomber le voile qui cachait la statue. A ce moment la musique reprend l'hymne national et l'on voit apparaître le bronze dû au ci-eau de l'éminent sculpteur Falguières. I.e Baron Larrey est représenté debout, en grande tenue de Médecin-Inspecteur, tête découverte, le visage empreint de souveraine bonté.

Les officiers-élèves étaient à ce momentformés en deux sections à droite et à gauche de la statue, en arrière de laquelle la troupe des infirmiers avait pris position et fermait le tableau. En avant de la statue était massée toute l'assistance au sein de laquelle M"^ Juliette Dodu, fille adoptive et filleule du Baron Larrey, s'efforçait de dominer la profonde émotion qui agitait son cœur. Tous les invités ayant pris place sur les fauteuils ouïes banquettes préparés à leur intention. M. le général Zurlinden a donné successivement la parole à M. le Professeur Guyon, à M. le Médecin-Inspecteur, général Dujardin-Beaumetz, à M. le Médecin-Inspecteur Kelsch : puis il a clos la série des discours en prononçant une allocution chaleureuse saluée par les bravos unanimes de l'assistance.

Il a ensuite remis au nom de M. le Ministre de la Guerre et de M. le Ministre de l'Instruction publique, les palmes d'officier de l'Instruction publique à M. le Médecin prin-. cipal de 1" classe Richard, professeur d'hygiène ; et celles d officier d'Académie à M. le Médecin-major de 1^*^ classe Dubrulle, major de l'Ecole, à M. le Pharmacien-major de l""* classe Georges, professeur de chimie et à M. TAdjointprincipal du Génie, Monasse, attaché à l'Hôpital et à l'Ecole du Val-de-Grâce.

Puis, voulant donner une marque particulière de sa sollicitude pour les malades de l'hôpital, le Gouverneur a parcouru les salles du service de chirurgie en s'adressant affectueusement à ceux des grands malades qui lui ont été signalés ; enfin il se rend dans le cloître du Val-de- Grâce dans lequel sont disposés, sur des colonnes, les bustes des grands ministres Sully, Richelieu et Louvois, qui ont été les premiers organisateurs du Service de Santé militaire, ainsi que ceux des chirurgiens et des médecins d'armée les plus célèbres. Sur les murs de ces cloîtres sont fixées des plaques de marbre noir portant les noms d'un très grand nombre d'Officiers de Santé tués à l'en-

nemi ou morts aux armées de maladies contagieuses ou épidémiques. On y voit aussi relatés des ordres du jour rappelant des faits glorieux pour la médecine militaire, un hommage aux infirmiers militaires et aux Sœurs hospitalières victimes de leur dévouement dans l'exercice de leurs fonctions, des bas-reliefs et des tableaux rappelant différentes scènes de chirurgie de guerre à des diverses époques depuis les temps héroïques jusqu'à nos jours.

Au cours de l'inauguration de ces galeries, M. le général Zurlinden a bien voulu exprimer combien était touchante et réconfortante la pensée qui avait présidé à l'érection de ces monuments qui honorent si justement le Corps de Santé militaire. Il a bien voulu renouveler ces éloges après avoir examiné dans ses plus minutieux détails, la salle d'honneur du Musée historique où sont conservés les plus précieux souvenirs se rapportant à l'histoire du Service de Santé.

L'assistance toute entière a tenu à accompagner le Gouverneur dans la visite des cloîtres et du Mu-ée : les témoignages de sympathie qui ont été à cette occasion, libéralement donnés au Corps de Santé militaire, laisseront à l'Ecole de profonds souvenirs.

Tel est le résumé bien succinct de cette solennelle et spendide cérémonie oij tous, civils et militaires, se son^ unis pour honorer un des noms les plus glorieux de ■ la Chirurgie militaire française, dans cette Ecole où viennent ^successivement se former toutes les générations de médecins militaires appelés à donner à nos soldats les secours actifs de leur dévouement et de leur art.

Dans l'impossibilité où elles se sont trouvés d'assister à la cérémonie d'éminentes personnalités ont bien voulu adre-ser à M. le Président du Comité, par étires ou télégrammes, l'expression de leurs regrets : tels sont. Messieurs, les Généraux Saussier, Jamont, Lamy, Faverot, «le Sherbrecli. l'Intendant Général Raizon, le Médecin Inspecteur Baizeau, le Professeur lourdes; MM. II. Marey, et d'Arsonval, mendjres de l'Institut; MM. les Colonels Cnurbebaisse et Girud, M. Georges Duruy, M. V. Masson, Président de la Chambre de Commerce; Sir O. Fayrcr, B.ironnet, chirurgien j,'énéral de l'armée anglaise; le Médecin [irincipal de première classe Hémard

Voici le texte des différents discours :

DISCOURS

Page 1