DU VAI,-DE-GRACE
Monsieur le Gouverneur, Monsieur le Président, Messieurs,
Hippolyle Larrev fut un des maîtres les plus honorés de cette Ecole; son illustre père y donna le premier enseignement chirurgical, il va plus d'un siècle. A ce double titre, le Directeur du Vaj-de (Grâce salue le monument qui se dresse devant nous.
Le destin a voulu que le nom de Larrey ne fût plus porté que par le bronze. 11 vivra du moins d'ans le corps de santé militaire, où il symbolise à la fois la chii'urfiie de guene et les vertus du médecin soldat; il vivra ici, dans celte Ecole qui eu piend dould^ment la panle, qui est devenue, f;râce à la pieuse libéralité du lils, le sanctuaire de toutes les glorieuses reliques du père.
Des bouches plus éloquentes que la m enne ont raconté naguère la digne carrière d'Hippolyte Larrey. Personne d'entre nous i.a oublié les ina^'nifiques lunér.iitles, où sur les marches du larjic [(éiistyle de la cluifielle, des orateurs ont, devant le père, le grand Dominique, dressé sur son piédestal, retracé avec une haute et touchante éloquence, la vie si b' lie et si
égale du fils. Les discours que nous venons d'entendre ont renouvelé l'émotion de cette journée. Je me sens gêné d'y mêler ma voix, j'hésite à y ajouter mon humb'e éloge; il me faut pourtant sortir de celte réserve, et rendre à qui de droit le plus pieux des devoirs, dussé-je rompre dans l'auditoire le charme qu'y ont répandu les paroles tombées de la bouche de ceux qui m'ont précédé à cette place. Messieurs, je n'ai point mission et je ne me sens guère capable déjuger l'œuvre chirurjiicale de Larrey. Je me borne à rendre hommage à ses qualités maîtresses, qui en valent bien d'autres, l'amour de la vérité, la sincérité de la conviction, la conscience scrupuleuse dans l'appréciation des hommes et des choses. On y trouve moins le désir d'ouvrir des voies nouvelles que la préoccupation instinctive de consacrer et fortifier la tradition, de rattacher les enseignements du passé aux acquisitions du présent. Cette orientation de son esprit fut sans doute le fruit de son éducation que dirigea un père autorilaire, dont le génie formé à l'observation et à la pratique, se méfiait des iniiiatives précoces et redoutait les écarts de l'imagination emportée par la fougue de la jeunesse. Bien que courbant en toute circonstance la têle devant l'autorité paternelle, Hippolyte fut néanmoins le plus resperiueux et le plus affectueux des fils. Son inallérable piétié filiale restera un des traits les plus touchants de sa mémoire. Le souvenir et le culte de son père ont rempli sa vie. marqué toutes ses actions, et résislé à toutes les vicissitudes de sa longue carrière. Mais il avait aussi le culte de l'honnpur professionnel. Ses hautes qualités morales ont forcé le "respect de plusieurs gém-rations médicales. Nous, médecins militaires, nous avous le droit de l'opposer avec tant d'autres d'entre nous, morts et vivants, à certain courant d'opinion qui se fait jour dans la littérature et même au prétoire, et qui tend à rabaisser le sacerdoce médical au rang d'une profession capable de sacrifier la dignité à l'intérêt matériel.
Il dut sans doute beaucoup à son illustre origine. Mais esclave de sa conscience, dominé par les suggestions les plus nobles de l'âme, il attendait avant tout le succès de l'accomplissement du devoir et de la persévérance dans l'effort. Dès le début de sa carrière, il s'annonce bien ainsi. Embrasé d'une légitime ambition, il s'abandonne tout entier au noble espoir de parvenir un jour au sommet de notre hiérarchie, mais il veut l'atteindre par droit de conquête et non par droit de naissance. A vingt-quatre ans, sous les murs d'Anvers, il ne quittait pas la tranchée, toujours au premier rang, et peu de temps après, lors de la première épidémie de choléra, la plus terrible de toutes, Hippoljte à Paris, comme Dominique à Jaffi, fit vaillamment son devoir. A Paris comme à Anvers,
ses chefs réclamèrent pour lui la croix delà Légion d'honneui. Malgré son nom, peut-être à cause de son nom, la proposiiion fut écartée.
Quelques années après, en 1835, il conquit le litre d'agréyé à la faculté de médecine de Paris, et en 1841, ''est encore au concours et a l'unanimité des voix qu'il enleva celui de professeur de pathologie chirurgicale au Val-de-Giâce. Il y oblint bientôt cet autre succès,. non moins difficile à at eindre, celui d'être écouté du haut de sa chaire : il ne tarda pas en effet, à conquérir son audiloire par sa vaste érudition, sa parole facile et élégante, sa méthode claire et précise.
Sous l'Entpire, son nom et les inoubliables services de son père lui faciliièrent sans doute l'ascension de sa brillante carrière. Il fut comblé d'honneurs et de dignités, et connut les louanges que la flatterie décerne aux heureux de la vie. Mais il recevait ces hommages moins pour s'enivrer de leur vain encens, que pour m honorer sa place et les offrir mentalement à l'homme dont il était si fier de porter le nom. Ils n'eurent aucune prise sur son caractère toujours égal. Dans les situations les plus élevées de sa longue carrièie, il se montra d'une nature droite, d'une dignité haute et avenante, d'une courtoisie parfaite. 11 détestait l'injustice, encourageait le travail, et soutenait le mérite contre l'intrigue. Cette tenue morale, cette obéissance invariable aux hautes règles de la conscience lui attiraient le respect universel. Il conserva jusqu'au bout son grand air noble et bon, et vit arriver la mort avec la sérénité du sloïque.
Attaché à noire profession par les liens les plus puissants, il identifiait la f.'loire de son père avec celle de la médecine d'armée. Et pour nous-mêmes, Messieurs, la statue que nous élevons ici a sa m<'moire, n'e^i-ell.e pidnt aussi la glorification de cette dernière? C'est elle (^'est sa grandeur que nous lisons dans le nom gravé sur ce bron/e, car ce nom appartient à cette grande époque vers laquelle, dans le recueillement de nous-mêmes, notre pensive se plaît à s'envoler pour y chercher un nfuge contre les lourdes tristesses des temps présents; a cette époque on les Larrey, les Desgenettes et les Percy remplissaient de si nobles rôles et le disputaient en science et en courage aux premiers hommes de la France et de l'Europe.
Ces souvenirs se pressent dans mon esprit, permettez-moi de les répandre comme une gerbe de fleurs aux pieds de cette statue, comme l'hommage le plus digne de celui dont elle perpétue le nom, comme le tribut d'admiration certes le plus cher à son ombre.
Oui, messieurs, ces illustres devanciers vivent dans la mémoire de la postérité, à la fois par l'étendue de leurs connais- Lb Bakon Lakrky. — 24.
sanops et par Téclat de leurs actes héroïques. En effet, le glorieux tumu'te et les écrasants et émouvants labeurs de la guerre ne les détournaient point de l'étude, ni des travaux de l'esprit. Ils ont aboidé les problèmes les plus ardus de k médecine et d'- la chirurgie pratique, ils en ont préparé la solution par leurs immortels écrits, où sont conservés les trésors de leur observation et les fruits de leur vaste expérience. Précieuses archives de la science, que notre curiosité plus avide que jamais du passé, fouille sans cesse avec un puissant intérêt, doublé d'une profonde émotion, et où elle recueille toujours quelque nouvel enseignement pour l'esprit, et quelijue réconfort pour le cœur.
De même que la phalange des savants, groupés autour du vainqueur des Pyramides, a réssusciié 1 E^'ypte antique, de même les écrits de Larrey et de Desgenettes nous ont initié à la connaissance des malaiies de cette étonnante région, qui semble avoir été à la fois le berceau de la civilisation, et la terre de prédilection des maux qui se sont déchaînés sur l'humanité.
Leurs observations sur la peste, l'ophtalmie graimleuse, la lèpre, l'hépatite sont des assises solides sur lesquelles reposent toutes les acquisitions que ce siècle a accumulées autour de ces vastes questions de la pathologie. Larrey, Desgenettes! Ils ne furent pas seulement des savanis illustres et des écrivains de premier ordre. Leur âme avait l'élévation et la trempe de leur intelligence ! Que d'épisodes de leur émouvante carrière qui nous les montrent aussi héroïques en face du danger, qu'admirables dans la pratique de leur art ! Leur mémoire est restée longtemps vivante en Egypte, peut-être n'y est-file pas encore éteinte; elle ne l'était pas à coup sûr quand Champollion et Pariset la parcoururent pour arracher aux antiques sphynx les secrets d'un monde disparu.
L'Egypte 1 Je ne ouis. Messieurs, prononcer sans émotion le nom de cetti» er-'^ ui a fasciné le génie d'Alexandre, de César et de Napoléon. L*Egypte! L'armée française dont le nom est rivé à toutes les grandes choses de l'bistoire, l'armée française l'a illustrée par ses hauts faits, elle y a marqué des traces glorieuses et fécondes que n'ont point effacées ses malheurs, des souvenirs impérissables dont une part revient au corps médii^al et à ses dignes ch^fs. A Saint-Jean-d'Acre, écrit l'éloquent Pariset, tout fût perJu, fors l'honneur. Mais l'honneur de la médecine y reçut toutefois un éclat immortel. Tandis que Larrey, au témoignage même de Berthier, se précipite avec les siens au pied de la brèche, et sous le feu de l'ennemi, prodigue les soins de son art à ceux qui sont tombés, Desgenettes, emporté par ce froid courage qui ne doit rien à la fièvre du combat, parcourt les quartiers et les hôpitaux
qu'a peuplés la peste; il brave le dang'T, il le dé^'uise, il donne le chaniie par de faux noms et de pieux mensonges : enfin pour achever de raffeimir les esprits ébranlés, il prend la lancette, s'inocule la contagion, et par cet acte que sa témérité a fait passer au rang des légendes, il relève le moral et souffle à tous le courage qui l'anime. En vérité, l'héroïsnie de la médecine balança l'héroïsme militaire et je puis avancer sans exagération que les hommes dont nous cultivons ici pieusement le souvenir, rivalisèrent non seulement en science, mais encore en courage- avec les plus illustres de cette période illustre entre toutes.
Ce qui achève de séduire notre cœut et notre imagination, c'est que les plus hautes qualités morales s'ajoutaient ch-^z eux aux éminents mérites scientifiques et aux ausières vertus militaires. Leurs soins et leur dévouemenl allaient à toutes les misères, de celles du plus grand, à celles du plus humble ; leur empressement à les dépenser était mesuré non par la différence des rangs, mais par la véhémence de la douleur à soulager, par la giavité de la blessure à panser. Aussi étaientils les idol'^s de l'armée, comme ils s'en montraient les bienfaiteurs.
Qui ne connaît l'épisode de la Bérésina, si éloquem-nent esquissé dans l'éloge de Larrey par Pariset et immortalisé par le bronze qui s'élève à quelques pas d'ici? Le canon gronde, l'ennemi approche, il faut avancer. Mais un fleuve barre la route; li mort est partout; deux ponts sont jetés, les débris des légions s'y engagent : des soldats, des chevaux, de l'artillerie, au milieu desquels se pressent de malheureux fu;:itit's de Moscou avec leurs femmes, enfants et bagages. De loin, dans le flot humain qui s'avance on aperçoit Larrey. Mille cris s'élèvent : « Sauvons noire provideme, qu'il vienne, qu'il approche. » La foule s'écarte, Larrey touche le pont, et le voilà dans les bras des soldats qui le font passer de main en main d'un côté du fleuve à l'autre : il est sauvé. Il était temps. Presque aussitôt les ponts surchargés fléchissent et crou'ent, et hommes, femmes, enfants, chevaux, canons, chars de guerre s'abîment dans les glaçons du fleuve.
11 est juste d'ajouter que les soins de cette pitié gériéreuse étaient prodigués au.x soldais ennemis comme aux nôtres. Aussi la médecine militaire a-telle insp'ré aux nations de l'Europe des sentiments, qui furent plus honorables pour le nom français que des victoires mêmes. Ils se manisfestèrent dans une circonstance mémorable dont les annales douloureuses de la campagne de Russie ont conservé le souvenir.
Pris par les Russes, Desgenettes réclame de !a bienveillance d'Alexandre sa mise en liberté. « Vous êtes libre, répondit ce monarque, non seulement par ma bie.iveillance, mais encore
parla recunnaissance de toute les nations ». Par. îles généreuses, aussi dignes de ce prince éclairé que de Desgeneltes lui-même, qui honorent noire pro''ession et méritent d'être inscrites à son livre d'or.
Par un touchant contraste, une sensibilité profonde vivait dans le cœur de ces vaillants, dont le corps était si endurci aux souffrances, aux privations et aux maux de la gufrre.
On ne peut lire sans une poignante émotion l s lignes que Desgenettes a consacrées aux derniers moments de deux de ses jeunes collaborât* urs, Bruant et Devêvre, qui déjà frappés de la peste, se traînaient encore au milieu de leurs malades dont ils étaient les idoles. « Excellents jeunes hommes, s'écriat-il, si la Célébrité des événements auxquels est lié mon ouvrage peut soustraire à l'oubli de la postérité, la poslérité me bénira de lui avoir transmis vos d^ux noms, elle ne les pronnncera qu'avpc respect et attendrissement. » Illustre ancêtre, que votre ombre soit satisfaite; voire pieuse intention est remplie ; les deux noms qui vous fuient si chers ne sont pas seulement conservés sur les pages immortelles que vous nous avez laissées; ils soni gravés sur le marbre qu'une pieuse main a scellée dans le mur de nos cloîlres, qui les désignera avec tant d'autres, moris pour le devoir et la Patrie, à la gratitude respectueuse de tous ceux qui francliiront le seuil de cet établissement, à toutes les générations médicales appelées à s'y succéder. Oui, la postérité vous bénit et vous vénère à la fois, elle ne sait ce qu'il faut le plus admiier chez vous, ou de vos acles héroïques, ou de la tendre générosité de votre cœur 1
Aic^sieurs, veuil'ez me pardonner ces réminiscences. Je m'y >uis laissé aller par une pente bien naturelle. Ne sont-elles pas de mise dans cette cérémonie? Le bronze que la reconnaissance des vivants élève au souvenir des moits n'en perpétue pas seulement la mémoire. Il raconte, il synthétise aussi, n'est-il pas vrai, les événements auxquels se rattachent leur nom, les aspirations qui ont enfiévré leur âme, les nobles mobiles qui ont dirigé leurs efforts ; il personnifie enfin les hommes qui, au-dessous ou à côté d'eux, ont accompli les mêmes œuvres, soutenu les mêmes luttes, combattu le même combat.
Ce retour en arrière ne m'éloigne pas d'Hippolyte Larrey, car son nom évoque pour nous tous ces souvenirs, il nous sug^'ère tous ces hauts enseignements. N a-t-il pas vécu dans le culie des uns, et agi pendant toute sa vie sous la g néreuse impulsion des autres? Le grand Domiiiique était à ses yeux l'incarnation des nobles devoirs de notre profession et des austères vertus du médecin militaire. Parler devant la statue du fils de la gloire du père, de ses belles actions et de cePes de ses émules, c'est prodiguer à l'ombre du premier le seul
encens qui puisse la faire tressailler. Qui a connu Larrey, sail que toute louange destinée à sa personne, passait sur sa tête, et était pieiisfmenl rapportée par lui à la mémoire de celui qu'il vénérait tant.
Messieurs, cette belle cérémonie, honorée de la présence de M. le Gouverneur militaire de Paris, représentant M. le Ministre de la puerre, et de celle des membres des Sociétés savantes, est une fête de la médecine militaire. Il était permis d'en rappeler les fastes dans une réunion si solennelle. Mais l;iissez-moi ajouter que ses glorieuses traditions ne se sont pas fermées avec l'ère dont ji^ viens d'évoquer le souvenir.
Tout à riieure, Messieurs, vous parcouirez les cloîtres qui sont devenus comme le Panthéon de notre histoire. Le marbre vous racontera ce que fut notre corps au siècle qui vient de s'écouler, la place qu'il s'est acquise dans les grands événements militaires qui en ont marqué le cours. 11 vous dira que les médecins d'Alrique et de Crimée, du Tonkin et de Madagascar ont maintenu le renom de notre profession à la hauteur oîi l'avaient scellé leurs glorieux devanciers dans les luttes mémorables d'autrefois. Leur inaltérable dévouement au devoir a bravé le trépas sous toutes ses faces, et sur le ciiamp de bataille où le courage s'exalte par l'enivrement de la victoire, et à l'hôpital, cette auire arène de sacrifice, où la mort accomplit obscurément et silencieusement son œuvre avec la redoulablf complicité des pestes meurtrières nées des vicissitudes de la guerre, et où l'énergie n orale ne se soutient plus par lexcitation fiévreuse de la lutte, mais uniquement par le sentiment caln.e et léfléchi du devoir à accomplir.
Si vous daignez suivre jusqu'au bout cetie glorieuse voie des souvenirs, vos regards rencontreront, après les éloquents témoignages de l'abnégation professionnelle des médecins d'aimée, d'autres témoignages que l'admiration et la reconnaissance ont élevés a leur féconde activité scientifique.
Ici, c'est la statue de Broussais, le grand novateur, dont le génie a édifié les fondements sur les(|tiels rcfiose la médecine moderne; ailleurs, vous trouverez fixés dans l'humble argile les traits vénérés de Maillot, le pénétrant noso<-raplR' des fièvres d'Afrique dont la thérapeutique iiisi)iiée a reconquis l'Algérie sur la ma aria, plus meui trière que le feu de l'ennemi ; plus loin, c'est un buste que .M. le Minisin- de la guerre connait bien, car il l'a déjà salué dans son pa\s natal; c'est celui d'un illustre maître de cette école, de Villemin, qui a arraché à la tuberculose le secret de sa nature et par celti- découverte, une fies plus fécondes des temps modernes, fait concevoir l'espoir, qu'un jour, peut-être proche, l'humanité scia délivrée de la terrible lèpre tpii la déc.me déduis des siècles. Et entre ces trois grands noms qui jalonnent le siècle, que d'œuvres remar-
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quables ou utiles, qui portent témoignage de 1 incessante participation de la médecine militaire au progrès de l'art de guérir !
Comme vous le voyez, les générations médicales qui ont partagé le sort de l'armée depuis 80 ans, qui l'ont suivie dans les combats meurtriers et les expéditions lointaines, se sont montrées dignes de leurs aînées ; comme elles, e'ies ont illustré la profession et enrichi la science, comme elles, elles sont dignes de servir d'exemple à leur tour aux continuateurs de leur œuvre. Formez-vous, jeunes camarades, à ces nobles modèles, instruisez-vous à leurs enseignements , que l'âme de vos devanciers vive toujours en vous.Volre carrière s'ouvre à peine ; qu'elle se prépare aux grandes choses de l'avenir, car la France reste impérissable et ne renonce pas à son rôle historique, elle continuera sa haute mission dans le monde.
Honorez votre belle profession, pratiquez l'abnégation de vous-mêmes, sachez vous sacrifier sans réserve au devoir, cultivez la science qui récompense quelquefois et console toujours, et surtout, donnez sans mesurer votre dévouement a celui qui vous a appelé sa providence sur le pont de la Bérésina, au vaillant petit soldat, si humble et pourtant si admirable, qui vit, souffre et meurt avec une sereine résignation pour l'idéal le plus pur, le drapeau, symbole de l'honneur et de la patrie, et qui restera toujours un des types les plus généreux et les plus nobles de l'humanité.
DISCOURS
M. LE GE>ERAL ZURLLXDEN