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RANG DE LA BEGIQTJE

diplomatie en général à une époque surtout où elle a acquis un si grand développement et une action si prépondérante. Avant le xvi" siècle, il n'existait pas de missions permanentes. Les peuples de l'Europe n'étaient pas coordonnés d'après un système général. Chaque peuple n'avait guère qu'une existence individuelle. De la fin du xvr siècle datent les missions permanentes. Les relations de peuple à peuple sont devenues quotidiennes, et on commença à comprendre qu'il y a des lois politiques qui doivent régir les peuples dans leur ensemble.

Nier l'utilité de la diplomatie, c'est proposer aux nations de rétrograder jusqu'à l'isolement; c'est vouloir qu'il n'existe plus d'association de peuples.

Ces considérations ne s'appliquent pas seulement aux grands États ; je dirai même qu'elles s'appliquent surtout aux États de 2" et de 3 e ordre, dont l'existence se lie intimement au système politique. Un grand État, appuyé sur des forces considérables de terre et de mer, peut jusqu'à un certain point se suffire à lui-même et se conserver sans le secours de la diplomatie. Un État secondaire, en se plaçant dans cet isolement, compromettrait sa propre existence.

De tous les États de second et de troisième ordre aucun n'a un plus grand besoin de l'action diplomatique que le nouvel État belge. Aucun État secondaire n'est d'un plus grand poids dans la balance politique.

Placé au centre de l'Europe, sans flotte, avec des frontières ouvertes sur presque tous les points, le principe de son indépendance doit s'appuyer non-seulement sur les forces matérielles de l'intérieur, mais principalement sur les nécessités politiques qui rattachent ses destinées particulières aux destinées générales.

La Belgique est neutre comme la Suisse, mais la Suisse est protégée par ses montagnes, et n'a pas la même importance politique. La neutralité ne doit pas être, selon moi, mise au nombre des conditions qui nous ont été imposées ; ce sera, je n'en doute pas, une des belles conceptions de l'époque. Cette neutralité ne nous privera pas de tout contact avec l'Europe ; elle nous met au contraire dans l'obligation d'avoir des agents, chargés de dénoncer toute hostilité grave aux puissances garantes.

6 sept. 1833.

Mi

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