UNE RÉFORME AU PALAIS
En des temps où chacun s'empresse de revendiquer la place à laquelle il croit avoir droit dans l'histoire contemporaine, où, avec une noble émulation, orateurs, magistrats, diplomates et hommes d'état viennent tour à tour montrer par quels labeurs ils se sont associés à l'œuvre commencée, sinon accomplie, il n'est pas sans intérêt de s'arrêter aux publications qui touchent le barreau et la vie judiciaire. On ne peut contester que le barreau ait largement contribué au mouvement qui a marqué la première moitié de ce siècle. Ainsi que la tribune, il a eu ses jours de splendeur; il a soutenu vaillamment le choc dans certaines luttes, engagées, il est vrai, sur un terrain limité, mais qui néanmoins n'ont manqué ni de retentissement ni d'éclat : c'est là ce qui l'autorise à parler un peu de lui-même et à faire quelques efforts pour donner la vie durable du livre à des discours qui ne
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semblaient destinés qu'aux succès du prétoire. Bien des plaidoyers sont perdus qui mériteraient d'être recueillis et propagés. Pour être tardive, leur influence sur l'opinion publique ne resterait point stérile. Quelle page curieuse pour l'histoire de la presse par exemple que ces débats soulevés autrefois devant le jury, et de nos jours devant la justice correctionnelle (1)1 N'est-ce pas là aussi qu'il a été donné au barreau de se révéler dans toute sa vigueur et son attachement à la liberté? On voudrait pouvoir l'étudier à ce point de vue surtout dans des œuvres élevées et sympathiques. Pourrait-on cependant dès aujourd'hui dégager cette généreuse et puissante action du barreau des publications qui se sont produites?
Des avocats qui, pendant une longue carrière, ont diversement occupé l'attw^ition du palais se sont décidés» à réunir leurs plaidoiries ; ils viennent euxmêmefi témoigner de la part qu'ils ont prise aux luttes judiciaires de cette époque, et de ce qu'ils ont fait pour lés franchises de la défense dont ils ont eu le dépôt. Par la publication de ses mémoires, M. Dupin, qui a vu disparaître le premier empire et qui eut un r61e dans presque tous les grands procès de la restau-
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(i)'Le décret du 17 février 18S2 avait attribué aux tribunaux l| coweofciomiels'la connaissance des délits de presse, rendue au jury* ■ purrla ioi de â9. juillet d88i: l