‹ Le bas-relief romain à représentations historiques;Chapitre 3 sur 33 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

donné, capital il est vrai, se transforme par l'examen des monuments eux-mêmes en une étude plus vaste sur le bas-relief historique en général.

Ce n'est pas tout. Ce bas-relief historique représente, à lui seul, tout le bas-relief vraiment romain. Les autres variétés de reliefs ont paru à l'époque romaine, en Italie ou dans la capitale; elles n'en sont pas moins profondément marquées d'hellénisme ; à première vue, tous leurs caractères font qu'on les range au nombre des œuvres étrangères. C'est qu'il y a toujours à distinguer entre l'art gréco-romain, qui n'est que l'art grec dans la période romaine, et l'art romain tout court. La confusion a lieu encore fréquemment ; il était bon de la dissiper pour notre objet particulier : nous avons taché de le faire dans un premier chapitre, où nous avons éliminé tous ces faux bas-reliefs romains. Ce chapitre n'est qu'une sorte d'introduction, mais une introduction indispensable, si l'on veut remettre à sa vraie place dans l'histoire de l'art le bas-relief historique de l'Empire et en donner une idée exacte, en en donnant une idée complète. Notre étude prend donc une portée plus générale encore ; elle devient, en somme, une étude sur le bas-relief « romain » lui-même tout entier. M. Sittl remarquait, il y a trois ou quatre ans, que l'histoire n'en est pas écrite'. Entendant ces mots « bas-relief romain » au sens que j'ai défini,

' Karl Sittl, Archûolof/ie (1er Kunst, Munich, 1893, p. 734, dans \e Ilandfjuch der klassiscken Allerl/mmswissenschaft d'Ivan von MùUer, t. VI.

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avouerai-je quo j'ai ou la pensée de combler un peu cette lacune ?

Ce n'est pas à dire qu'il n'existât bien des travaux déjà sur la question. Outre les deux écrivains que j'ai mentionnés plus baut, MM. Pbilippi, Helbig, Paul Graef, Petersen, Salomon Reinacb, — combien d'autres encore, — soit directement, soit en passant et à propos d'études voisines, ont abordé les différents sujets que je traite après eux. J'ai profité naturellement de leurs écrits, si nombreux que je ne saurais les énumérer tous ici : on trouvera au cours de cette étude, signalés avec toute la conscience possible, les noms des auteurs et les titres des ouvrages, à mesure que se présentait pour moi l'occasion de me servir de chacun d'eux. Mais, quel que soit le nombre de ces travaux, presque aucun ne répondait, il me semble, à l'objet que je me suis proposé. Les uns sont des articles de revues, des dissertations, des mém.oires, détaillés sans doute, mais ne portant que sur des points spéciaux. Les autres, traitant la question générale, sont trop brefs parce qu'ils ne la traitent pas à part, mais comme un simple chapitre d'un ouvrage plus étendu ; ils n'ont pu en conséquence, par le plan même qu'ils s'étaient tracé, lui donner les mêmes développements qu'il m'était permis de lui consacrer dans un travail dont elle forme le centre. Enfin la plupart de ces livres ou dissertations ont été publiés à l'étranger, notamment en Allemagne. En France nos savants, appliqués surtout à faire connaître

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les périodes successives de l'art hellénique bien autrement séduisant à coup sûr, ont presque laissé de côté les questions relatives à l'art romain. Le sujet méritait cependant d'attirer notre attention ; il est toujours intéressant, quand deux grandes civilisations sont en contact, comme la romaine et la grecque, de voir ce qui en résulte dans les différents ordres de l'activité humaine; on touche ainsi à un grand problème historique, la prise de possession de Rome par les arts de la Grèce.

J'ai donc cru qu'il y avait encore, principalement au point de vue français, quelque chose à faire. On pouvait grouper les résultats acquis, rassembler ce qui était épars dans vingt ouvrages presque tous allemands ; on pouvait aussi juger, en les présentant, les opinions émises, choisir les bonnes, corriger les autres, car toutes n'étaient pas exactes ; on pouvait enfin serrer les choses de plus près, apporter à l'exposition des faits et des idées une précision plus grande, un enchaînement plus rigoureux, marchant pas à pas pour assurer le terrain sous ses pieds. C'est cette étude d'ensemble, précise et méthodique, que j'ai tentée de mon mieux.

Il va de soi que ce travail sur le bas-relief historique romain est surtout un travail archéologique. Il ne l'est pas exclusivement : d'abord, parce que les monuments dont il est parlé amènent tout naturellement à pénétrer sur le terrain des faits historiques; puis, parce que l'histoire générale ne se sépare plus maintenant de l'histoire

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