‹ Le bas-relief romain à représentations historiques: étude archeologique, historique, et littéraireChapitre 1 sur 25 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La question précise à laquelle nous essayons de répondre dans cette étude est la suivante : Le bas-relief historique de l'Empire est-il une création originale? Est-il né sur le sol latin et a-t-il été formé d'éléments nationaux? Ou vient-il de la Grèce, comme tant d'autres productions romaines ? — A cette question des réponses différentes, contradictoires même, ont été faites. Sans nous arrêter aux opinions autrefois émises ', deux archéologues, dans ces deruières années, — le second même tout récemment, — sont venus poser à nouveau le problème, et, soutenant avec éclat l'un et l'autre les deux thèses opposées, ils en ont rajeuni l'intérêt. M. Théodore Schreiber, dans un ouvrage où il p " '

' Cilons par exemple Phiiippi, Ueber die romis ihre Stellutg in der Kunsigegchichte dans les Abh OetelUcha/ï der VHnenschaflen, t. VI, 1872, p. Unlertuchungen aber die campanische WandmaUr

X PBÉFàCE

ment la cause de Tart alexandrin ^ a prétendu que le bas-relief historique de Rome découle de la sculpture ptolémaïque comme un fleuve de sa source. M. Wickhoff^ a protesté au nom du bas-relief romain et réclamé pour lui des droits à Toriginalité ; il a cherché à montrer que, bien loin d'être un retour en arrière ou la fin d'un art ancien, la sculpture d'histoire marquait un commencement et inaugurait une tendance qui s'est perpétuée jusque dans les temps modernes^. Disons tout de suite qu'à nos yeux le bas-relief historique de l'Empire ne mérite

Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité,

et que la solution nous paratt être dans une conciliation des contraires. Ce n'est pas un produit indigène; il est formé d'éléments étrangers; mais il a été nationalisé, pour ainsi dire, par l'appropriation de ces éléments à une conception toute romaine, et si à l'analyse, une fois dissous, il ne révèle que des emprunts, reconstitué par la synthèse il acquiert une valeur originale et un caractère romain.

Mais peut-on se prononcer sur l'origine d'un genre, en littérature ou en art, sans avoir pris auparavant une connaissance exacte des œuvres qui le composent ? Voilà comment notre étude particulière, qui vise un point

^ Schreiber, die Brunnenreliefs aus Palazzo Grimani, Leipzig, 1888.

2 W. von Hartel et Franz Wickhoff, die Wiener Genesis, 1895, Introduction,

3 Id., ouvr. cité, p. 39 et 60.

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