CAUSES OE L*ÂPPÀR1TI0N TARDIVE DU BAS-RELIEP HISTORIQUE
triomphaux, sur lesquels se développeront les bas-reliefs d'histoire, ne datent vraiment que de l'Empire. Ce n'est pas là une simple coïncidence. C'est la conséquence, nous l'avons montré, et comme le contre-coup dans l'art, du changement qui s'était produit dans l'état politique.
Nous avons essayé plus haut de faire comprendre pourquoi la sculpture de bas-reliefs avait été si longue à paraître et n'avait point, en somme, paru au temps de la République. On s'explique à présent pourquoi elle apparaît avec l'Empire. Il lui manquait jusque-là une surface ; il lui manquait aussi l'occasion d'employer cette surface. La volonté d'Auguste, toute puissante, créa Tune et l'autre: la surface, par l'emploi général du marbre dans les constructions; l'occasion, d'abord par les grandes choses qu'il accomplit et les bienfaits dont le monde entier lui fut redevable, puis par la façon très adroite dont il sut développer chez son peuple et comme irriter le désir de célébrer sa gloire, en ayant l'air presque toujours de se dérobera ces hommages ^ D'emblée, le bas-relief national et historique, celui qui semble porter la marque romaine, se trouve constitué.
I Tacite {Ann,,i, 3), à propos de Gaius et de Lucius César, qui, a^ant même d'avoir quitté la robe prétexte, furent nommés princes de la jeunesse et désignés consuls, dit qu'Auguste, tout en feignant de refuser ces honneurs pour ses petits-fils, les avait ardemment désirés : « Specie recusantis, flagrantissime cupiverat. » Ce mot peut servir à caractériser presque toute sa politique