Le bâtard
i — Fritz, bien qu'il soit assez tard, vous laisserez entrer un matelot nommé Folk.
Il me connaitsouslenomde M. Williams.
Le domestique s'inclina et sortit,
La personne qui venait de parler ainsi était un homme d'une et noble belle figure,
LE lîATARI).
mais dent l'expression triste et fatiguée annonçait une vie tourmentée et peut-être de longs et cruels chagrins.
Il paraissait avoir environ cinquante ans; ses tempes étaient dégarnies , et ses cheveux assez abondans sur le sommet et le derrière de la tête commençaient à> grisonner.
Il se promenait de long en large dans une grande pièce fastueusement décorée, et de temps à autre il sVrrêtait, morne et pensif, devant une porte vitrée qui s'ouvrait sur un Jardin plein d''arbrcs touffus.
C'était le soir, et les nuages, poussés par le vent impétueux qui soufflait depuis le
matin, traversaient rapidement Patmosphcre et découvraient par intervalles de larges pans de ciel bleu où brillait une multitude d"*!: toiles.
On entendait à quelque distance un murmure sourd et confus: c'était le bruit de la mer, toujours agitée par la tempête.
Près d'une cheniinée dans laquelle brûlait un grand feu de charbon de terre, une jeune fille de seize ou dix-sept ans, aux yeux noirs et mélancoliques, à la taille élégaîîte et souple , tenait un livre , ouvert à la même page depuis une heure; elle ne li:ait pas , et ses regards demeuraient invariablement fixés sur la flamme
1(^ LE BâTâBDi
courte et bleuâtre qui s''élevalt du brasier.
Il était facile devoir qu'une préoccupation profonde absorbait ces deux personnages. Mais la tristesse de la jeune fdle était rêveuse et douce, tandis que l'homme à cheveux gris penchait douloureusement la tête ou regardait le ciel d'un air sombre, en passant de temps à autre une main sur son front, comme pour chasser un souvenir péniblci
Cet homme se promenaitdans lajournce sur le port avec cette belle jeune fille, brune, svelteet rayonnante comme toutes les jeunes Créoles , au moment même où Léopold Doring, poursuivi par les recors, s'était précipité dans la rade. Léopold lui devait la vie.
LE BATARD. Il
Il s'était écoulé quelques heures depuis cet événement.
Enfin, M. Williams s''assit dans un .^ fauteuil, et resta long-temps muet et immobile. Il rcî:]^ardait continuellement à
a montre.
— C'est vraiment singulier! pensait-il.
Ce matelot ne se presse pas de venir chercher sa récompense! il ne ressemble guère aux gens de son espèce. C'est un brave marin, celui-là!.. Et ce pauvre jeune homme !...jesuis content qu'il soit sauvé! — J'aurais dû lui demanderson nom!., sa figure m'intéressait d'une étrange manière !.. Elle m'a rappelé des traits qui vivent encore au fond de mon (îteur et qui
n'en seront jamais effacés !.. Ah ! sans le courage de ce bon matelot, il périssait!.. Mais voilà comme nous sommes, nous autres philantropes, qui nous mêlons de faire le bien ! nous faisons toujours les choses à moitié ! — Suffisait-il de promettre une misérable somme d'argent à celui qui Tarracherait des flots?.. Cejeune homme n'est pas mort, mais il est en prison maintenant! harcelé par d'impitoyables créanciers qui Pont réduit au désespoir, il s'abandonnera tôt ou tard au suicide!...
Et , laissant échapper un soupir , il se livra de nouveau à ses réflexions.
Mais, tout à coup, il se lève et recommence à marcher dans la chambre avec agitation.
•— Je suis riche , moi î... Inurmure-t-il ; je suis riche ! et j''aurais dû payer ses dettes!... Demain, sans plus tarder, je veux satisfaire les créanciers de ce jeune liomme! lui rendre la liberté, le bonheur! ' — Que ne suis-je à demain?...
— Oh ! continua- t-il en levant les yeux vers le ciel avec une expression de reconnaissance indéfinissable, merci , mon Dieu! Comme une bonne action soulage, quand la conscience est lourde !r..
Mais soudain, il laissa retomber sa tcte sur sa poitrine, et, d''une voix creuse^ il reprit en posant une main sur son cœur ;
*— Hélas! hélas! j'ai beau faire!.., le re-
mords est toujours là!... Je suis maudit!
Cet homme , qui prenait le liom de Williams, c'était sir Lionel Belmave. Anrès un exil de vingt années , il avait voulu revoir PAngleterre avant de mourir. Toujours déchiré parle souvenir de Lon crime, il n'avait jamais goûté un seul jour de calme et de vrai bonheur. Pour tâcher enfin d'oublier le passé qui s'acharnait après lui comme un spectre vengeur, il s'était marié aux îndes , avec une femme douce et vertueuse qu''ii n'avait jamais aimée d'amour,mais seulement comme une sœur. Quelques années après celte union, il était devenu veuf, et n'avait pas tardé à faire une fortune considérable dans le commerce. Un de ses associés , qui était
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fort riche, et qui l'aimait beaucoup, était mort de la fièvre jaune après l'avoir institué son légataire universel.
Sir Lionel avait écrit plusieurs fois de la Jamaïque à madame Doring; mais n'ayant reçu aucune réponse, il avait présumé que la malheureuse veuve ne voulait pas entretenir une correspondance déjà trop fatale à tous les deux. 11 avait donc cessé d'écrire.
Depuis, il avait fait prendre en vain des informations sur madame Doring. Elle n'habitait plus Londres, et personne ne pouvait dire où elle dem.eurait.
Ainsi, Lionel ignorait complètement
iG LE 6ATARD.
que madame Doriog fut à Plymouth : des affaires d''intérêt l'avaient amené seules dans cette ville; arrivé depuis six jours de Jamaïque, avec sa fille, il comptait ne rester à Plymouth qu''une semaine ou deux, qui devaient lui suffire pour terminer quelques transactions commerciales.
Avant son départ, il devait marier sa fille à Frédéric Morton, jeune officier de marine, plein de mérite et de courage, mais sans fortune. Ce jeune homme, pendant la traversée de Kingston à Plymouth, avait sauvé sir Lionel et sa fdle , qu''une lame avait emportée dans la mer.
Frédéric Mortou aimait éperdùment
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Nancy; mais, bien qu'ail fût d'une bravoure singulière au milieu d'une tempête ou d'an combat, il avait le malheur d'être fort timide auprès des femmes, et jamais il n'avait osé avouer son amour, qu'il s'efforçait de cacher aux veux de Nancv.
Mais la jeune fdle, avec cette pénétration merveilleuse que les femmes ont pour ainsi dire en naissant, avait lu sans peine dans l'âme ardente et naïve de Frédéric ; sir Lionel portait depuis longtemps une sincère et vive affection à ce jeune homme, qu'il avait toujours trouvé bon, noble, intrépide et chevaleresque.
Il questionna donc un jour Nancy, et voulut savoir ce qu'elle pensait du pauvre
marin; elle fit Téloge de Frédéric avec une chaleur affectueuse que son père prit tout naturellement pour de Tamour; et, transporté de joie, il lui dit que le plus cher de ses vœux serait d^avoir Frédéric pour gendre.
Nancy, qui n'avait pas d'éloignement pour le jeune homme qu'on lui proposait, consentit de bon cœur à cette union qui semblait enchanter son père. Frédéric n'aurait jamais pu espérer un semblable bonheur ; aussi fut-il le plus heureux des hommes : il redoubla de tendresse et de soins, d''attentions et d'amour; il fut moins timide, et par conséquent beaucoup plus aimable. Nancy, dont la nature ardente comme le soleil des tropiques était vive et passionnée, n'avait pu voir sans batte-
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mens de cœur cette flamme étrange et magique qui brûle dans les yeux d'un amant.
Bien des fois, en regardant Frédéric, elle avait senti courir dans ses veines comme un frisson brûlant; ses yeux s''étaient voilés d^m nuage; et, sans avoir pensé jamais à se rendre compte de ses sentimens, elle éprouvait pour ce jeune homme une attraction douce et indéfinissable qui devenait chaque jour plus puissante. Elle croyait donc Taimer.
Le soir même de l'arrivée de sir Lionel à Plymouth, Frédéric IMorton s'était mis en route pour Bristol où demeurait son père, ancien officier de marine, couvert
SO tE BATARD.
de blessures et vivant d'une modique pension. Impatient d'épouser Nancy, il allait chercher le consentement du vieillard et lui demander sa bénédiction. Il devait revenir à Pîymoulh avant une huitaine de jours.
Le pauvre jeune homme était parti plein d'espoir et d'amour. Hélas! il était bien loin de prévoir les funestes changemens qui devaient survenir pendant son absence î
Sir Lionel demeurait toujours plongé
dans ses rêveries; un profond silence
régnait dans la chambre , interrompu
seulement de temps à autre par le bruit
du vent dans les arbres et le mugissement
de la mer,
T. II. a
Soudain Bclgrave releva la tête ; il venait d"entendre un long soupir.
— Pauvre jeune homme ! murmura douloureusemcnl Nancy. i\Ion Dieu ! mon Dieu !
— [Que dis-tu, ma filîe? demanda Lionel avec intérêt. Comme tu parais triste, accablée!., qu'est- ce donc?.. Depuis ce matin, vraiment, tu es d^me mélancolie!.. Ah! ma pauvre enfant, n'est-ce pas, tu es triste de ne plus voir le soleil ! Toujours des brouillards! toujours delà pluie !.. Il est difficile de ne pas avoir les idées sombres comme le temps ! Ma pauvre Nancy, tu regrettes donc bien de ne plus contempler le beau ciel des Antilles?
— Non , mon père , répondit-elle en s'efForçant de sourire, je suis heureuse, bien heureuse de respirer l'air de ma véritable patrie !.. de cette noble Angleterre où j'aurais voulu naître!
— Hé bien ! Nancy, pourquoi ce front morne et penché? ces douloureux soupirs que je ne puis comprendre?..
Nancy ne fit aucune réponse } elle courut à son père et Pembrassa.
Elle avait des larmes dans les yeux;
— Oh ! je devine ! dit Belgrave avec
une inflexion pleine de tendresse, oui, je devine!... Tu pleures, mon enfant, parce que Frédéric Morton n'est point ici, et que les journées le semblent longues ! Mais patience ! il reviendra dansquelques jours, pour ne plus nous quitter.
Nancy prit la main de son père et la couvrit de baisers; puis, d'une voix qu'elle essayait d''affermir, après un instant d'hésitation, elle dit :
— Dieu m'est témoin que j'ai pour Frédéric l'amitié d'une sœur, une tendresse, un dévouement sans bornes !... Mais, bien que je sois très heureuse de le voir, je mentirais de vous dire, mon père, que cette absence de quelques jours est la
cause de ma tristesse ! ... D'ailleurs j je ne suis pas triste, ajouta- t-clle avec un souiiic qui brilla dans ses larmes, comme un rayon de soleil à travers Torage.
— Non , tu n'es pas triste, précisément, répondit Lionel, mais rêveuse, préoccupée ! — Avoue , mon enfant, continua t-il sans attacher beaucoup d'importance à ce qu'il allait dire, avoue que tu penses toujours à ce malheureux jeune homme qui s'est jeté aujourd'hui dans la rade?
— Mon père,., balbutia-t-elle en trcsîaillaut.
Sir Lionel ne rcmcuqua point 1 emo-
20 LE BATAnD,
tion (le sa fille qui devint très pâle.
— Au fait ! reprit-il , c'était-là un horrible spectacle ! Et moi , qui ai vu tant de choses cruelles dans ma vie, moi, dont la nature est beaucoup moins sensible que la tienne, croirais-tu que cet événement affreux m'a bouleversé !
— ïlélas! où est-il i murmura Nancy.
Le domestique entra;
— Monsieur, dit-il, voici le matelot que vous attendez.
LE CATARS, 27
Nancy laissa échapper une exclamation (le joie.
— Qu'il entre tout de suite! dit vivement sir Lionel, en prenant sur le marbre de la cheminée une bourse qui paraissait bien garnie.
Un homme, grand et robuste , à la physionomie franche et ouverte, aux joues passablem.cnt vineuses , entra dans la chambre en faisant claquer la semelle de ses gros souliers ferrés.
Il portait un large pantalon de toile, une chemise de flanelle rouge, sans gilet,
avec une espèce de jaquette bleue comme celle des matelots. Il tenait d''une main un bonnet de laine bleue, de Tautre une pipe de terre sans tuyau , jaune et bourrée de tabac jusqu^à la gueule.
— C'est moi, Folk! dit-il avec une grosse voix de Stentor, en saluant sir Lionel et sa fdle assez gracieusement pour un vieux loup de mer.
— Je vous attendais impatiemment, mon brave ! dit sir Lionel en serrant ia main noire et musculeuse du matelot. Vous n'étiez guère pressé de venir recevoir ce que vous avez si bien mérité. Cela vous fait honneur!
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— On ne perd rien pour attendre avec les honnêtes gens, monsieur Williams, répondit Folk en secouant ei soii tour la main de sir Lionel avec une terrible énergie. Cestvrai! j''arrive un peu tard au poste, mais que voulez-vous, j''étais de service à bord, et le service avant tout, comme dit l'autre !
— Tenez, mon ami, dit Belgravc en lui donnant la bourse qu'il avait préparée, au lieu des cinquante livres que je vous avais promises, en voici le double.
Folk fit sauter la bourse dans sa main, comme pour la peser.
— Tonnerre ! murmura-t-il en écarquil-
LE eATARD. SI
lant SCS gros yeux étonnés; c'est comme une pièce de quatre! Non, non, monsieur Williams, c''est beaucoup trop! Je prends le quart de la somme pour mon vieux père infirme, qui a besoin de quelques douceurs; le quart, pas davantage! Le matelot Folk avec un shilling par jour est aussi riche que sa Majesté Georges IIÏ. C'est plus ([u'il n'en faut, je vous jure, pour acheter de l'eau-de vie et du tabac, quoique j'en consomme une flère quantité, vu que je ne suis pas un marin d'eau douce, moi! Quand je ne vaudrai plus le radoub, eh bien! j'irai jeter l'ancre à Greenwich! On est là comme dans le paradis, monsieur Williams! Trois livres de bœuf par semaine, deux livres de mouton, des pois, des fèves comme s'il en pleuvait; un quarteron de beurre, cinq de fromage, et un shilling pour le tabac! Fameux ré-
gime! On n'est pas à plaindre avec ça J
j'espcrc !
— Tenez, monsieur Williams, ajoiitat-il en voulant lui rendre la bourse.
— Non, gardez tout, mon brave Folk, répondit Lionel avec émotion.
— Oh! vous méritez le double encore !
s'écria chaleureusement Nancy, et mou père, j''en suis sûre, me j)ermettra d'ajouter à ce qu'il vous donne cette bague, que vous conserverez en souvenir de moi.
En même temps elle ôta de son doigt effilé une magnifique bague en rubis,
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qu'elle mit dans la main de Folk, émerveillé.
— Ma jeune dame, bégaya le matelot qui se confondait en salutations et croyait faire un songe, vous êtes un million de fois trop bonne ! Je n'ai fait que mon devoir! Vous ne me devez rien pour ça!,.. Un chrétien se noyait, Folk est bon nageur et s'est jeté à Peau pour le tirer d''embarras, absolument comme un chien de Terre-Neuve, ni plus ni moins !
— La mer était bien forte, mon ami, dit Belgrave; et vous êtes un homme de cœur !
Le marin fit une pirouette sur le talon.
— Bah! dit-il avec un gros éclat de rire, ça ne vaut seulement pas la peine d''en parler. C'est une plaisanterie! un marin d'eau douce aurait fait la même chose !...
— Mais ce jeune homme, interrompit vivement Nancy d'une voix très agitée ,^ce pauvre jeune homme, où est-il à présent?
— Ah ! diable! répliqua Folk en se grattant la tête avec un doigt, voilà ce que M. le constable voudrait bien savoir.
— 11 s''est donc échappé? continua Nancy avec un éclair de joie dans les yeux.
— Ça n''a pas été long, ma belle miss.
Figurez-vous qu'après son bain d'eau salée, on l'emmenait en prison trempé comme uneéponge; et tout le monde criait bravo, excepté les dames qui ne pouvaient s'empêcber de plaindre un aussi joli garçon! car, mille sabords! il est fait comme un sloop! — Voilà donc, qu'à l'angle d'une rue , au milieu d'un embarras de voitures, notre gentilhomme, aussi leste qu'un poisson, glisse entre les mains des recors, fameuse canaille!... entre nous soit dit, — il leur glisse donc entre les mains avec la facilité d'une anguille, et se met à filer sept ou huit nœuds à l'heure, comme une frégate sous le vent !
— Il est sauvé ! murmura Nancy, dont le visage rayonnait.
— On dit; continua Folk en hochant la
tète d'un air sentencieux, que c'est un mauvais garnement, qui fait des dettes et se bat en duel tous les jours; mais ça m'est égal d''abord ! ça ne me regarde pas ! Et puis, voyez-vous , je ne suis pas du tout fùché qu'il ait levé l'ancre, car, nom d'un cabestan ! son affaire n'était pas belle ! Il a presque assommé une douzaine de baillis et de recors , et ce gaillard-là , sans respect pour le bâton blanc aux armes d Angleterre, a donné un furieux coup d''épée dans la casaque dHin constable...
— Le malheureux! est-il possible?., interrompit sir Lionel.
— Mille bombes ! voi.s avez pu le voir tout comme moi ! iSlais son épéc, comme je vous disais tout-à-rheure, n'a percé quç
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la casaque; il n'y a pas graiul mal! avec tout ce caniage-là, il n'y a personne de mort ! Mais ça n'empêche pas que si mon petit forban a le malheur de se laisser aborder, il pourrait bien aller prendre Pair au grand mâ(, entre ciel et eaul
yb îîti:
Nancy ne put retenir un mouvement de terreur* ib , iffo'ï ^tf^îbB ^enoilA — 9b èJuBdoi. îllioyneicf d9VJ3
bii^ Quel est le nom de ce jeune homme? demanda sir Lionel avec un airindifférent qu'il crut devoir afFecter, pour ne pas sembler prendre trop d^intérêt au sort d'un jeune libertin qu'il ne connaissait pas,'
-Le nom du jeune drôle?., répondit
Folk en se frappant le front comme un homme qui cherche à se rappeler quelque chose de confus dans sa tête y Léopold Dor... Dorow... Dra>Ying... diable! je ne m'en souviens pas ! — Mais , voyez-vous, c''est un nom tout comme un autre. Il n'a rien d'extraordinaire.
— Allons , adieu, Folk , dit sir Lionel avec bienveillance, je suis enchanté de vous connaître! Faites toujours le bien, mon ami , et vous en recevrez tôt ou tard la récompense : on est bien heureux un jour ou l'autre, qnand on repasse sa vie, d'y trouver une bonne action! Cela réjouit le cœur !
— Ma foi, oui, c''est vrai tout de même!
interrompit Folk, dont la physionomie franche et honnête brillait de satisfaction. . ,i'.i.',f
— Si jamais vous aviez besoin de moi.
Folk, souvenez-vous de sir Lionel Belgrave. , iu|j itviani 91 i>ijudîi;u ; «auaiiîyV' -ànlûllOJ J9 ^0'ih<illIàBii l>b ittOOllO èPA{h£(l
Folk regarda sir Lionel îfvec étonner
ment. . jiu 2i->: ,11:.:^ ,- .^U, Ji!L,i.I.iiiii^ia
■iiniiji) oHod Sun ^Ï01sa^ IiOdisnora nod
— Sir Lionel Belgrave? répéta-t-il.
Alors, vous n'êtes donc pas monsieur Williams ?
—L'un n'empêche pas l'autre, répondit
49 Lfi BATARÔi
sir Lionel en loi donnant une poignée de main. Adieu, Folk, rappele'/.-vons ces deux noms.