SCENE XX
PIVOINE, dans le four, JACQUELINE, FAUCHEUX, puis CHAFFAROU.
Jacqueline, très-agitée, arrive par le fond, suivie de Faucheux, quia encore son fusil.
JACQUELINE
Ah! ben, m’sieu Faucheux, t’as fait là un biau coup!
FAUCHEUX
C’est ta faut’! pourquoi qu’ t’encourages les galants! (il
raccroche son fusil.)
JACQUELINE
C’est un’ fauss’té !
FAUCHEUX
Pivoine t’en contait!
JACQUELINE
C’est donc su’ lui qu’ t’as tiré!
FAUCHEUX
Ca t’ contrarie?
JACQUELINE
Mais dam!... à caus’ de toi!
FAUCHEUX
Bah! je n’ l’ai pas visé au cœur! et pis, il était si loin !
CHAFFAROU, qui entre en gémissant.
Oh! là là! oh! là là! oh! le misérable!
FAUCHEUX
Qué qu’ vous avez à geindr’, Chaffarou?
JACQUELINE
Il est tout pâle !... asseyez-vous ! (Eiieiui approche un siège. * Faucheux, Chaffarou, Jacqueline.
CIIAFFAROU, se tâtant.
M’asseoir !... impossible !... c’est de ce côté -là qu’il m’a attrapé !
FAUCHEUX et JACQUELINE.
Attrapé !
CIIAFFAROU.
C’est Pivoine qui a commis l’attentat... Allez chercher les gendarmes ! faucheux.
Comment !... c’est vous qu’avez reçu l’plomb !
CIIAFFAROU. •
En plein !... aïe !...
Oh ! qué malheur qu’y Usait pas clair de lune !... je n’ vous aurais pas pris pour Pivoine !
CIIAFFAROU.
C’est vous qui avez tiré sur moi ?
FAUCHEUX
Non ! su’ lui !... parc’ que c’était à ma femm’ qu’il en
VOUlait ! CIIAFFAROU.
Faucheux, vous visez bien... mais vous êtes un maladroit!
JACQUELINE
C’est encore heureux qu’ ce soit vous ! vous n’ frez pas d’ peine ù mon homm’ !
CIIAFFAROU.
Merci !.. Et Boulotte ? où est Boulotte ?
JACQUELINE
Tiens ! c’est vrai !... (Appelant.) Boulotte ! Boulotte!
FAUCHEUX et CIIAFFAROU, de même.
Boulotte ! Boulotte !
BOULOTTE, frappant â la trappe.
Ouvrez-moi ! ouvrez-moi !
FAUCHEUX
Dans la cave !
CIIAFFAROU .
On l’a séquestrée !
Oll ! nOUS allons savoir !... (U retire le grand panier de dessus la trappe, qu’il ouvre.) VioilS, Boulotte !