‹ Le baume de copahu sans odeur ni saveur désagréables, administré sous la forme de dragées dans la blennorrhagie et la leucorrhée ou fleurs blanchesChapitre 4 sur 9 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

W***, ouvrier coutelier pour les intrumens de chirurgie, ayant contracté il y a environ un an une blennorrhagie imparfaitement guérie par la

potion de Choppaii, prise avec laplus grande répugnance , à la suite d’une longue marche faite le 28 juillet 1 83 1 , sentit son testicule gauche s’engorger et devenir douloureux. Loin de garder le repos et de consulter un médecin, W*** se fatigua de nouveau le 29, et dansa même plusieurs fois dans la journée. Le 3ovson testicule avait acquis un volume considérable , et était devenu le siège de douleurs si vives , qu’elles le forcèrent de garder le lit. Après s’être fait appliquer de son chef vingt sangsues sur l’organe malade, et après avoir plusieurs fois fait usage de bains, de cataplasmes et de fumigations qu’on lui avait conseillésl’année précédente pour la même maladie, W**% voyant que les douleurs persistaient, ou plutôt ne s’étaient que très-peu amendées , se décida à me faire appeler. Je trouvai le testicule très-douloureux et cinq ou six fois plus gros qu’à l’état normal ; le malade était inquiet et agité , son pouls donnait quatre vingt-dix pulsations par minute, et une fièvre continuelle, jointe à d’autres symptômes inflammatoires intenses , me déterminèrent à lui pratiquer une large saignée , qui, avec un bain prolongé pendant deux heures, ramena le calme, auquel succéda un sommeil de trois heures. Le soir , à ma seconde visite , le pouls n’offrait [plus que soixaute-quinze pulsations ; je prescrivis une potion calmante , un cata-

pla-sme de farine de graine de lin, arrosé de lau danum de Sydenham ; pour boisson une décoction de chènevis légèrement nitrée , le repos absolu , la diète et enfin l’usage d'un suspensoir. Le lendemain le malade était beaucoup mieux , ie testicule avait diminué d’un quart et était peu douloureux ; je fis continuer encore cinq jours l’usage des antiphlogistiques; puis je prescrivis mes dragées deCopahu, qui furent prises sans répugnance. Après trois jours de leur emploi, l’engorgement avait beaucoup diminué; je portai le nombre des dragées à vingt-quatre en trois fois; je continuai leur usage à cette dose pendant trois autres jours ; enfin , en augmentant toutes les vingt-quatre heures de trois dragées, je m’arrêtai j au nombre de trente-trois, jusqu’à la fin d u traitement. Au bout de quinze jours, le testicule avait irepris son volume ordinaire, l’épididyme seul resttait engorgé et sensible. Je continuai l’usage des (dragées à la dose de trente jusqu’au vingtième ijour, terme de la complète guérison. Mais je ne (llfis suspendre tout-à-fait l’emploi du médical|] ruent qu’après l’avoir prescrit toujours en décroissant de trois dragées par jour jusqu’à dix huit, gqqui avait été le point de départ. L’épididyme, qui ■depuis plusieurs mois était le siège d’un engorgement chronique, résultat d’un ancien écouletrnent supprimé, reprit son état normal , et cessa

ainsi que le testicule d’ètre le siège de douleurs. Aujourd hui les sujets de ces deux observations jouissent d’une parfaite santé , et n’éprouvent pas la moindre réminiscence de l’affeotion pour laquelle je leur ai donné des soins.

Ces deux observations de testicules vénériens traités avec succès par le Copahu , jointes à celles déjà publiées par MM. Rites et Delpech , que j’ai lues dans l’excellent Recueil des travaux thérapeutiques que nous devons à M. Bayle , l’un des rédacteurs de la Revue médicale , semblent, à mon avis, ne laisser aucun doute sur la vertu spécifique du Copahu, non seulement contre la blennorrhagie, mais aussi contre la fluxion du testicule, vulgairement appelée chaudepisse tombée dans les bourses.

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