‹ Le beau Lauzun, d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 10 sur 22 · i:Xl>i:i)IT10N D lULANDi; II · texte numérisé non relu

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devant de lui jusque dans la salle des gardes. Jacques 11 se baissa à ses genoux. Louis XIV Tembrassa et, le tenant toujours par la main, le mena diiiis la chambre de la reine à qui il le présenta en disant : « Je vous amène un homme que vous serez bien aise de voir. » Puis, quand ils se séparèrent : « Je ne veux point, dit encore Louis XIV, que vous me conduisiez. Vous êtes encore aujourd'hui chez moi. Demain vous me viendrez voir à Versailles, comme nous en sommes convenus. Je vous en ferai les honneurs et vous me les ferez de Saint-Germain la première fois que j'y viendrai et, ensuite, nous vivrons sans façon (i). » Malgré l'arrivée de Jacques II et la satisfaction, qu'il montrait en toute occasion de sa conduite, l'étoile de Lauzun semblait avoir pâli de nouveau. Il n'avait point de logement à Versailles, il n'avait pas ses anciennes entrées. Le roman même de son aventure perdait de son merveilleux. On jugeait maintenant que son action n'avait rien de si extraordinaire. Les amis de M. de Gharost, contre qui il avait fait ses plaintes au ministre, cabalaient contre lui. Il fut cependant du séjour de Marly. « Ahl disait M^^^ de Sévigné, le roi d'Angleterre appelle M. de Lauzun son gouverneur; il ne gouverne que lui, car sa faveur d'ailleurs n'est pas grande (2)... Mademoiselle triomphe. » Cependant, le 2 février, Louis XIV déjouait toutes ces intrigues en rendant à Lauzun ses grandes entrées (3). « G'est une grande affaire qui a surpris tout le monde et fait enrager la princesse. » Lauzun avait de fréquentes conférences avec Jacques II qui s'enfermait avec lui et le bruit commençait à se répandre que tous deux préparaient ensemble le plan d'une expédition en Irlande (4). Toute l'île, disait-on, était fidèle à la cause des Stuarts et n'attendait qu'un signal pour se soulever. Jacques II jugeait l'heure sonnée de le

(1) DaLUgean, Journal, II, 2'J0-:i'J2.

(2) « Le g-ouverneiii' aurait besoin d'en avoir un, » répélail-elle.. Mais elle était trop Fouquct pour n'être point du parti Gharost.

(3) Dangcau, Journal, II, .'{21.

(4) En eil'et il rAdig-eait une note pour Seignelay (Bib. Nat. Mss. Nouv. .\cq. fses, 93'J2, l" 14).

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