D'ITALIE
Dans les jardins les camélias luxueux,
Les pivoines rondes comme les pigeons rebroussés
Tête sous l'aile, les mille étoiles des azalées
Par constellations éparses dans l'allée.
Avec leur air penché de chose caressée,
Transparentes comme des tempes délicates
Auxquelles un vieux parfum inflige son tourment..
Toute la migraine des fleurs, dans le soir, monte.
A l'intérieur un souffle doux fait battre
Avec délice les portes de l'appartement...
Dehors, de la terrasse, on voit entre les ifs
Les chevaux travailler dans les champs, tout là-bas.
Et les barques rêver sur l'eau creuse des lacs.
l34 LE BEAU VOYAGE.
Elles ont des bruits extrêmement expressifs
Selon l'heure. On ne les entend plus derrière les bos
Etouffés où s'amusent les jets d'eau comme des poisse
Au loin un rossignol, encore tout fatigué
De sa nuit d'insomnie, divague...
Ainsi l'on flâne. On repasse sa vie, et les baisers,
Ou l'on sourit à ceux qu'on a le plus aimés,
Gomme on remarque l'ombre de certaities vagues
Entre mille. A vos pieds le bout d'une glycine violette
Chatouille un lézard, et le lézard se gratte la tête...
Et pendant que l'on marche, et pendant que l'on ilàr
Le long du chemin, en rangée approbative.
Les néfliers remuent leurs longues oreilles d'âne...
Le soleil décline amoureusement sur l'autre rive.
Puis, à mesure que le soir approche,
L'air, énervé du son trop douloureux des cloches,
Rêve à sa propre paix dérangée... C'est tout.
Il fait très chaud, malgré l'heure... on étoufie...
Des roses mielleuses suent dans l'ombre.