‹ Le beau voyageChapitre 28 sur 75 · D'ITALIE · texte numérisé non relu

D'ITALIE

Dans les jardins les camélias luxueux,

Les pivoines rondes comme les pigeons rebroussés

Tête sous l'aile, les mille étoiles des azalées

Par constellations éparses dans l'allée.

Avec leur air penché de chose caressée,

Transparentes comme des tempes délicates

Auxquelles un vieux parfum inflige son tourment..

Toute la migraine des fleurs, dans le soir, monte.

A l'intérieur un souffle doux fait battre

Avec délice les portes de l'appartement...

Dehors, de la terrasse, on voit entre les ifs

Les chevaux travailler dans les champs, tout là-bas.

Et les barques rêver sur l'eau creuse des lacs.

l34 LE BEAU VOYAGE.

Elles ont des bruits extrêmement expressifs

Selon l'heure. On ne les entend plus derrière les bos

Etouffés où s'amusent les jets d'eau comme des poisse

Au loin un rossignol, encore tout fatigué

De sa nuit d'insomnie, divague...

Ainsi l'on flâne. On repasse sa vie, et les baisers,

Ou l'on sourit à ceux qu'on a le plus aimés,

Gomme on remarque l'ombre de certaities vagues

Entre mille. A vos pieds le bout d'une glycine violette

Chatouille un lézard, et le lézard se gratte la tête...

Et pendant que l'on marche, et pendant que l'on ilàr

Le long du chemin, en rangée approbative.

Les néfliers remuent leurs longues oreilles d'âne...

Le soleil décline amoureusement sur l'autre rive.

Puis, à mesure que le soir approche,

L'air, énervé du son trop douloureux des cloches,

Rêve à sa propre paix dérangée... C'est tout.

Il fait très chaud, malgré l'heure... on étoufie...

Des roses mielleuses suent dans l'ombre.

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