‹ Le beau voyageChapitre 63 sur 75 · LA PORTE DE PLATRE · texte numérisé non relu

LA PORTE DE PLATRE

11 y a quelque part une blanche maison. On sont tous mes parents réunis. C'est là-bas. Ils ne se savent pas si voisins sur leurs terres ; L'appartement des morts ne communique pas... La maison n'est pas laide : on y va le dimanche Et je la trouve un peu semblable à la première. Car la porte de plâtre encore la fait blanche.

LE PASSÉ

LE PASSÉ

jC passé, c'est un second cœur qui bat en nous...

)n l'entend, dans nos chairs, rythmer à petits coups

5a cadence, pareille à l'autre cœur, — plus loin.

Lj'espace est imprécis où ce cœur a sa place,

^ais on l'entend, comme un grand écho, néanmoins,

Uimenter le fond de l'être et sa surface.

[1 bat. Quand le silence en nous se fait plus fort,

]ette pulsation mystérieuse est là

3ui continue... et quand on rêve il bat encor.

ît quand on souffre il bat, et quand on aime, il bat...

loujours! C'est un prolongement de notre vie...

Vlais si vous recherchez, pour y porter la main.

OÙ peut être la source heureuse et l'eurythmie De son effluve... Rien!... Vous ne trouverez riei Sous les doigts... Il échappe. Illusion!... Personne Ne l'a trouvé jamais... Il faut nous contenter D'en sentir, à coups sourds, l'élan précipité, Dans les soirs trop humains où ce grand cœur réso

Le passé I Quel mot vain! C'est du présent — très C'est du présent de second plan, et voilà tout. On croit que tout s'éloigne et rien n'est effacé ! Le passé n'est jamais tout à fait le passé. N'avez-vous pas senti comme il rôde partout, Et tangible? Il est là, lucide, clairvoyant, Non pas derrière nous, comme on croit, mais devar L'ombre de ce qui fut, devant nous se projette Sur le chemin qui va, sur l'acte qui s'éveille. Ce qui est mort est encor là qui nuus précède, — Comme le soir on voit, au coucher du soleil, Les formes qu'on avait peu à peu dépassées Envoyer leur grande ombre au loin, sur les allées, Sur tout notre avenir, plaines, taillis, campagnes! Et s'en aller toucher de l'aile les montagnes...

LE PASSÉ. 287

nsi, tout ce qui fut, jeunesse, enfance, amour,

)ut danse devant moi sa danse heureuse ou triste.

en derrière!... Le groupe est là qui vole et court.

ais j'ai beau me hâter, la distance persiste

itre nous deux... Tel je m'en vais^ épris du bleu

)intain, et quelquefois, si je titube un peu

i n'est pas que le sol sous mes pas se dérobe,

est que, parmi le soir, les yeux pleins de passé,

toi qui vas devant, Souvenir cadencé,

d marché sur la traîne immense de ta robe !

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