‹ Le beau voyageChapitre 62 sur 75 · L OEUVRE · texte numérisé non relu

L OEUVRE

lonservciQt dans mon être entier l'envie tenace )'une aspiration profonde de l'espace )ii j'ai cru distinguer les cris d'anxiété )e l'univers... J'ai tout hélé, tout ce qui passe, lire ou larmes, mystère ou clarté, peine ou joie, ,-es autres, leur visage ou terrible ou crédule, /espérance aux grands yeux, l'angoisse aux grandes voix, ) pau^re et pitoyable artiste qui modules ï'Ur tout cela tes airs faussement inspirés. bans ton mensonge obscur, qu'en est-il demeurée ilélas! tous mes baisers et ines enfantillages, lélas ! votre tendresse et vos têtes posées, 'emmes!... Hélas! tous vos récits, toutes vos pages )échiréesî Cœurs étreints, caresses et pensées, DUS les graves, 'les consolantes, les jolies, (iortège harmonisé qui m'avez tant souri, '.st-ce vous, est-ce vous que j'aurai pressurés jusqu'au sang, jusqu'au souffle ultime, pour en faire vQl amas de mots gris et de fictions pâles?... j on pas î Tout est conçu, tout est imaginaire ! >.t votre passion et l'ardeur qui s'exhale f;)u visage oppressé, des mots et des paroles, jlensonges !... J'ai rêvé. J'ai marché dans du sable. jlon àme, en traversant la forêt des symboles j est égarée. J'ai beau m'incliner sur le sol,

Je ne reconnais plus la trace indubitable.

Et le chemin du vrai est si grand, qu'on s'y perd !

Œuvres, vous n'êtes pas ma chair, Mon cœur vous nie !

Des filles, seulement des filles, Gordélie!...

Et tout ce qui n'est pas notre sang, notre chair

Vivante n'est rien. Vous n'êtes rien ! Si la vie

Vous a donné un peu de mon visage amer.

Si je retrouve un peu de mes yeux dans vos yeux.

C'est l'exaltation du miroir qui me fait

Oublier que l'image, hélas! n'est qu'un reflet...

Contes! Histoires! Grenades vides! Mots creux!

Flammes mortes ! . . .

Mais mon pardon sera peut-être D'avoir avec un soin pieux noté ces voix Qui font le grand écho du cœur, ces cris de l'être Désespéré, perdu au sein des vieux pourquois... Mon pardon, ce sera de m'être fait petit, Proche, attentif, sincère, et d'avoir consenti Que le rêve s'incline, ou que la main se pose Sur l'immense pitié qui sort du cœur des choses! Eu sorte que j'ai bien mérité, quoique indigne. Mon pardon. D'un cœur pur, l'ouvrier se résigne A n'être qu'humblement l'artisan de sa cause,

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