‹ Le beau voyageChapitre 65 sur 75 · L'AGONIE · texte numérisé non relu

L'AGONIE

Tu vas la voir. Elle est ici. Pousse la porte.

Tu peux déjà pleurer tout haut, fîfille.

Sans attendre pour ça que la pauvre soit morte.;.

Elle était déjà tellement de la famille,

N'est-ce pas.^ Et voilà!... Penche-toi près, sans peur.

Note ses yeux, ses mains, sa bouche, et n'oublie plus...

Regardons bien mourir notre amour, puisqu'il meurt.

C'est notre amour, tu vois, cela, — c'est un peu plus Que nous-mêmes, que toi, que moi et que ton cœur... Nous n'aurons plus d'ami jamais, ni de famille. Quand il ne sera plus tu deviendras lointaine, lointaine !

2t)8 LE BEAU VOYAGE.

Il y aura comme un grand voyage après... C'est ; Si je te sens encore, un peu tiède, à ma gaucho. Mon enfant, mon enfant, rapproche-toi... ta main Dans l'ombre, oui, ta main silencieusement; appri Pour que nous soyons là lorsque viendra la fin. Elle meurt comme une pauvre grand'mère à nous. Cette vieille figure chérie est si, si lasse I Lasse de regards, de paroles, de tout, Lasse même du dernier baiser, — n'est-ce pas, sain! Sans souffrance elle aura passé.., Ah! demain!...

Regarde, elle remue les lèvres, et les joues

Se tirent. Elle voudrait parler peut-être?... iNon...

Une secousse a fait remuer les genoux.

Elle s'en va, fillette, elle s'en va. Prions.

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