L'AGONIE
Tu vas la voir. Elle est ici. Pousse la porte.
Tu peux déjà pleurer tout haut, fîfille.
Sans attendre pour ça que la pauvre soit morte.;.
Elle était déjà tellement de la famille,
N'est-ce pas.^ Et voilà!... Penche-toi près, sans peur.
Note ses yeux, ses mains, sa bouche, et n'oublie plus...
Regardons bien mourir notre amour, puisqu'il meurt.
C'est notre amour, tu vois, cela, — c'est un peu plus Que nous-mêmes, que toi, que moi et que ton cœur... Nous n'aurons plus d'ami jamais, ni de famille. Quand il ne sera plus tu deviendras lointaine, lointaine !
2t)8 LE BEAU VOYAGE.
Il y aura comme un grand voyage après... C'est ; Si je te sens encore, un peu tiède, à ma gaucho. Mon enfant, mon enfant, rapproche-toi... ta main Dans l'ombre, oui, ta main silencieusement; appri Pour que nous soyons là lorsque viendra la fin. Elle meurt comme une pauvre grand'mère à nous. Cette vieille figure chérie est si, si lasse I Lasse de regards, de paroles, de tout, Lasse même du dernier baiser, — n'est-ce pas, sain! Sans souffrance elle aura passé.., Ah! demain!...
Regarde, elle remue les lèvres, et les joues
Se tirent. Elle voudrait parler peut-être?... iNon...
Une secousse a fait remuer les genoux.
Elle s'en va, fillette, elle s'en va. Prions.