‹ Le beau voyageChapitre 71 sur 75 · LA DERNIÈRE BERCEUSE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE BERCEUSE

Chante bellement, Killoré,

La la hu lalla ! mon petit oiseau

Dans le rosier !

Chante bellement pour l'enfant qui pleure

Qu'a-t-il donc l'enfant à pleurer ainsi?

Dis-moi donc pourquoi tout ce grand souci?

Le cœur de l'enfant est-il donc un cœur

Plus lourd que celui qui saute en l'oiseau,

Dans le rosier ?

36o LE BEAU VOYAGE.

La la hu lalla, dodo, petit, do, Entre la pente gazonnée et Ja prairie Il y a de quoi, tu sais bien, Aller s'endormir dans le romarin, Dans le romarin qui sent bon la pluie. Pour aller rejoindre, en bas, sous la terre, La fraîcheur de l'eau qui court en plein bois Et ne savoir plus ce qu'est la lumière, Il y a de quoi.

C'est non loin de ma métairie.

D'où s'en vient l'odeur des doux colombiers,

Que se calmera cet enfant qui crie.

Sais-tu ce qu'il faut? il faut l'emporter,

La la hu lalla !

Du côté de Moux et de Pexiora...

Sais-tu ce qu'il faut pour mettre à couvert

Le plus bel amour qui soit sur la terre .^...

Pas plus qu'il n'en faut pour un arbre vert!

Sais-tu ce qu'il faut pour mettre à l'abri Tout l'amour du ciel et de mon royaume, Le plus grand chagrin, le plus grand souci, Et la belle histoire que j'ai dite aux hommes Que porta le monde sur son vieux dos gris P..

LA DERNIERE BERCEUSE. 36l

Un petit arbre solitaire, Très terre à terre, Droit ou pointu, Avec une pie dessus, La la hu ! . . .

Avec une pie dessus !

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Pages.

Dédicace v

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