‹ Le bégaiement dans la littérature médicaleChapitre 16 sur 22 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Abandonné à lui-même, le bégaiement persiste toute la vie, c’est une chose entendue. En ce qui concerne le pronostic thérapeutique, un regard, jeté sur toute la littérature que j’ai indiquée, n’est guère encourageant. Aucun des médecins bègues, —

i. Loc. citât.

et ils sont relativement assez nombreux — qui ont fait une étude de leur affection, ne s’est proclamé guéri. Becquerel , traité d’abord par la méthode Colombat pendant 12 ans, guéri en 12 jours par Jourdant , est resté bègue jusqu’à sa mort. Guillaume, qui a expérimenté bien des procédés, déclarait qu’il recommençait à bégayer dès qu’il cessait ses exercices et l’application de sa volonté. Il a constaté d’ailleurs avec ironie que « chaque auteur proclame le bégaiement incurable jusqu’à lui, curable depuis la découverte de sa propre méthode. » Et tous ces novateurs ont vu venir à eux des gens qu’avaient soignés sans succès leurs devanciers ou leurs rivaux. On peut affirmer cependant que, en un temps très court, un bègue peut se débarrasser de tous les ennuis qui l’importunent : toute la question est de savoir s’il aura la volonté, pendant le reste de son existence, de maintenir ce résultat. Il est des bégaiements légers qui ne nécessitent que peu d’efforts de la part du malade; mais il existe des cas complexes où, pendant longtemps, la patience de l’éducateur trouve à s’exercer comme la continuité du bon vouloir de l’élève.

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