CONCLUSIONS
Le bégaiement est une névrose de coordination. Il débute, en général, dans la première enfance chez des sujets prédisposés par une hérédité nerveuse, à la suite parfois d’émotions vives. C’est un trouble purement fonctionnel, caractérisé par la répétition convulsive de certaines lettres ou syllabes : la respiration, la phonation, l’articulation sont ou peuvent être séparément, à la fois, intéressées par les spasmes involontaires. Le bégaiement est intermittent, variable selon les circonstances et, sans doute, les perturbations atmosphériques.
Pour le traitement, il faut rejeter toute intervention chirurgicale ayant pour but de remédier à cette infirmité. Les opérations pratiquées dans le nez ou dans la gorge ne visent que l’obstacle à la respiration, obstacle à supprimer tout d’abord avant l’éducation du malade. Aucune des méthodes de guérison proposées n’est infaillible, car toutes ont pour base indispensable la volonté
même du sujet à guérir; aucune non plus n’est mystérieuse. En effet, on réussira seulement en ramenant au type physiologique normal les mouvements involontaires, spasmodiques, irréguliers, qui animent les organes du bègue. On s’occupera, en premier lieu, de la respiration dont le malade doit devenir absolument maître, et cela seul suffira souvent à amener une cure, ou tout au moins à rendre normales les fonctions du larynx. Quant à l’articulation, dans les cas complexes, elle exigera une attention plus délicate. Selon la recommandation de Colman , on dressera un tableau de l’alphabet tel que le sujet le prononce. On pourra étudier, à l’aide du palais artificiel, les mouvements de la langue lors de la prononciation défectueuse d’une lettre. Une fois les défauts connus, on y remédiera en mettant le bègue à même de prononcer correctement.
L’isolement n’est nécessaire que dans certains cas particuliers ; mais ce qui est indispensable, c’est une rééducation qui fortifie la volonté.
Paul Olivier.