‹ Le bégaiement dans la littérature médicaleChapitre 4 sur 22 · Traité d’Orthophonie · texte numérisé non relu

Traité d’Orthophonie

1832 ,Ch. Bell constate que le bègue n’éprouve aucune difficulté à prononcer les voyelles et les consonnes liquides. Muller insiste sur l’occlusion spasmodique de la glotte, sur l’association pathologique des mouvements du larynx et de la langue, sur la tendance du malade à répéter les consonnes explosives. Si l’articulation est gênée, c’est, au dire de Yearsleyt t Braid1, à cause de l’hypertrophie de la luette et des amygdales. Dieffenbach voit dans le bégaiement un état spasmodique des voies aériennes, résidant surtout à la glotte, et se communiquant à la langue, aux muscles du visage, au cou. Velpeau . remarquant chez certains de ces malades une profondeur insolite de la voûte palatine, pense à l’impossibilité pour la langue d’aller se mouler sur le palais. Pour Amassât , la langue est trop peu mobile, de plus elle est déviée d’un côté ou de l’autre.

Bonnet admet comme facteur principal de l’affection une maladie nerveuse, et comme phénomènes locaux trois espèces de troubles fonctionnels distincts : mouvements irréguliers des lèvres et des joues, contractures de la langue, troubles de la respiration. La maladie nerveuse primitive est regardée, — sans preuves d’ailleurs, — comme ayant définitivement disparu, et ayant laissé le vice persistant de prononciation. Les mouvements anormaux de la langue sont réellement spasmodiques, ceux des lèvres ne le sont qu’en apparence, puisqu’ils sont sous la dépendance de la volonté : le bègue, en effet, n’a qu’à ne pas parler, les spasmes labiaux disparaîtront. C’est un raisonnement applicable tout aussi bien à la langue, mais l’opérateur eut eu trop d’interventions sanglantes à pratiquer s’il avait été jusqu’au bout de son hypothèse, et il s’empresse de déclarer que les troubles respiratoires sont tout à fait indépendants de ceux de la langue.

Becquerel a écrit tout un volume sur le sujet qui nous occupe2. On y lit : « Le son est produit dans le larynx, et les cavités buccale et nasale l’articulent par leur changement de capacité,

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