‹ Le BéguinChapitre 12 sur 89 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les MÈME3, HENRI DIDIER

DiDiEH. — Excusez-moi si j'arrive un peu tard, madame... mais...

YVONNE. — Mais ne cherchez pas de mensonges, vous êtes tout excusé. {Présentant.) Monsieur Henri Didier.

oïDiEii. — Je vous en prie, messieurs, ne dérangez pae votre partie

YVONNE. — M™' Thérèse Gérard, Agathe Debienne: MM. Marsey, de Clermont, Renaud, etc., etc... Et voilà qui est fait.

DIDIEH. — Mesdames... messieurs...

DE CLEBMONT, en se levant. — Comment va, mon cher?

DIDIER. — Mais très bien, merci.

DE CLERMONT. — Yvonne, j'ai sauté.

A vous la place!... (.1 Ayathe.) Et toi? qu'est-ce que tu fais là? Va donc jouer?

.vfJATHE. — Est-ce que cela te regarde?

DE CLEHMONT. — Quoi ?

AGATHE. — Je dis : est-ce que cela te reg-arde?

Ello va s'asseoir.

DE CLERMONT, « Didier.

□Kiitresse.

— C'est ma

DIDIER. — Je l'avais deviné. Et mairtenaut, mettez-moi donc au plus vite au courant de tout ce petit monde-là, afiu que je ne commette pas d'impai.'s.

DE CLERMONT. — A droite, Marsey, l'amant de Thérèse Gérard.

DIDIER. — Il ne s'embête pas.

DE CLERMONT. Si.

N.^UDET. — Carré de rois.

TOUS. — Oh !

DE CLERMONT. — Celui qui vient de dire si tristement « Carré de rois »... c'est Naudet... l'officier payeur d'Yvonne Derive. A côté, Paul Renaud, un jeun* peintre. La divine Agathe, enfin, voiu qui n'écoutez pas un mot de ce que je vous dis, occupé que vous êtes à dévorer du regard la maîtresse de la maison.

DIDIER. — J'avoue qu'elle ne me déplaît pas.

DE CLERMONT. — Avouez qu'elle vous plaît, au contraire.

DIDIER. — Ses yeux, on dirait un ciel d'Italie.

DE CLERMONT. — Oui, ils sout chauds.

DIDIER. — Son nez... C'est un bijou, son nez... ses petites narines palpitantes.

NAUDET. — Carré de rois.

THÉRÈSE. — Oh! il n'y a vraiment de la veine que pour les...

Y\ONNE. — Thérèse!

THÉRÈSE. — Naudet sait bien que je di<; cela pour rire.

DIDIER. — Quelle femme est-ce, en somme î

DE CLERMONT. — Elle était mariée; son mari est mort après lui avoir mangé sa dot... alors, elle se venge en mangeant la dot des autres.

DIDIER. — Bref, c'est une femme du monde qui a mal tourné.

DE CLERMONT. — Vous y êtes.

YVONNE. — Monsieur Didier, à voula place.

DIDIER. — Mon Dieu, madame, je suis navré de vous la refuser, mais j'ignore le poker...

DE CLERMONT. — "VoUS, VOUS êtes UH

malin. J'y vais.

YVONNE. — Pourquoi vous appelle til iTialin?

DIDIER. — Paroc que ce jeu n'a plu.s de secrets pour moi...

YVOKNE. — Et que vous préférez cancer. .

DiDirrî. — • Et que je préfère causer

YVONNE. — A la lonne lieure! Vous **es franc, vous, au m-iiis!

DIDIER, — Faut bien être quelque chose .

MAESEY. — Oh! monsieur Renaud, il fallait tenir, voyous! vous aviez un jeu superbe.

YVONNE. — Qu'est-ce qu'il a fait, M Renaud?

REXAUD. — Rien, chère madame, une distraction.

Vvonne hausse les épaules et va prendre une cigarette.

DIDIER, à mi-voix. — Vous savez que vous êtes une femme exquise!

Y\ONNE. — Je ne le savais pas... mais suis ravie de l'apprendre et trop polie ])Our vous donner un démenti.

DIDIER. — Vous êtes mcxjueuse.

YVONNE. — Kon, ie crois ce qu'on me dit.

DIDIER. — En tout cas, vous devez Hre très lenniie?

YVO.\KE. — Je le crois aussi.

DIDIER. — Non, j'entends, par là, très poétique, très sentimentale, très gcmdole de A'enise.

YVONNE. — Charmante expression I

DIDIER. — Vous devez être très tendre, très emportée...

Y'VONNE. — Ça dépend des heures.

DIDIER. — Pas fidèle pour deux sg-us...

YVONNE. — Dites donc...

DIDIER. — Et quand vous ne trompez pas votre amant avec votre corps, vous devez sûrement le tromper avec votre cerveau.

YVONNE. — Ah! vous aussi?

DIDIER. — Conxment, moi aussi ?

YVONNE. — Non, rien, un souvenir.

DIDIER, en lai prenant la main. — Est-ce vrai 1

YVONNE. — Vous êtes insolent! N'importe, vous lisez dans les mains

DIDIER. — No^n, je lis dans les yeux!

Point n'est besoin de les baisser pour cela.

YVONNE. — Je ferme le livre.

DIDIER. — Voulez-vous que je vous dise oe que je pense ?

YVONNE. — Je préfère que vous pensiez à ce que vous aJlez dire.

DIDIER. — Vous êtes le vrai type de lemme que j'aime.

YVONNE, .9e hrant. — Oh! le vilain mot! ii^essieurs, messieurs... M. Henri

Didier ici présent est en train de me fair la cûur et vient de me déclarer solennel lement que j'étais soii typt-.

DIDIER. — Oh! madame!

YVONNE. — Si, si, vous l'avez dit. {Ef, tout en disant cela, elle po-ie la main siii l'épaule de Naudet et ajoute en regardant Paul.) Soyez pas jaloux.

NAUDET, croi/ant que c'est paur lui, -^r lève. — Oh! mon amie.

YVONNE, en le rasseyant. — Ça va bien, mon petit Naudet.

DIDIER. — C'est très fort ce que vous venez d; faire.

YVONNE. — Vo-us trouvez ':

DIDIER. — Car, maintenant, je vais pouvoir vous parler tout à mon aise, saais attirer l'attention.

— Oni. Eh bien I n près.

— Je suis myope.

— Moi, je vous

appr

vois venir

— Je suis très ajmoureux de

— Tant pis!

— Ai-jc des chances ?

— Aucune.

— Et si je parviens à vous

Y'VONNE

chez pas si

DIDIER

YVONNE

de I<!in.

DIDIER

Page 1