‹ Le BéguinChapitre 11 sur 89 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les MÊ.-tJS, DE CLERMONT, AGATHE

DE <5lermont — Mesdames, messieiurs, bonjour.

YVONNE, présentant. — M. Paul Renaud... M. de Clermont. (.4 Ar/afie.) Eh bien, ma. petite Agathe, ça va?... Qu'est-

ce qa'ii vous a encore fait ce vilain monstre de Groorges ?

AGATHE. — Rien... Ou plutôt, si... il veut tout le temps que je l'embrasse sur la bouche... et je n'aime pas ça, moi!

'âUDET. — I.E Didier en question est tout simpleshknt l'amant de 'Thérèse.

chose que je La fer-

THÉRÈSE. — Voilà une comprends, par exemple !

DE CLERMONT, à Agathe.

meras-tu 1

AGATHE. Quoi?

DE CLERMONT. — La tienne.

YVONNE. — Dieu, mon cher Cleniiont, qiie vous êtes grossier!... N'importe, combien sommes-nous ? Un, deux, trois, quatre, cinq, six et sept... Comme nous ne pouvons pas tous joiier en même temj>s... le 2>erdant cédera sa place.

DE CLERMONT. — Parfait !... C'est ce qu'on appelle jouer au... machin Levé.

yvoNN'E. — D'ailleurs, il y a encore M. Henri Didier qui manque.

DE CLERMONT. — Henri Didier?...

YVONNE. — "Vous le connai.^sez?

DE CLERMONT. — BeaucoLip. On le dit très amoureux.

YVONNE. — Ah ! Et de qui ? •

DE CLERMONT. — Et dp VOUS, parbleu.

Mopvement de Eenaud.

f'/.'.'DET. — Merci oour moi.

DE CLERMONT. — Oh! Naudet, j'oubliais. Pardon, mon cher.

YVONNE. — Ce que vous venez de dire est une bêtise... Et la preuve que c en est une, c'est que Naudet s'est empressé de la ramasser, comme tovijours...

MARSEY. — Paiivre Naudet!

YVONNE. — Ensuite, c'est faux, archifaux, M. Henri Didier est un homme charmant; on me l'a présenté, je l'ai invité, il a accepté, un point, c'est tout. D'abord, s'il était amoureux, ce dont je me moquerais comme de ma première dent...

DE CLERMONT. — Parbleu, vous ne l'avez plus:

YVoçjNE. — J'espère pouri lui qu il n'aurait pas été assez sot pour vous en faire part; je suppose qu'il se serait d'abord adressé à moi. {En regardant Renaud.) Et je ne dis pas cela jpotir tranquillifser Naudet... car-, même si' cela était... Oh! puis je suis bien boniie de discuter...

-vJlons, monsieur Renaud, venez jouer... et quittez cet air sombre... On finirait par croire que' vous êtes mon amant, vous e.ussi. Thérèse, viens. Allons, Agathe.

NAUDET, vivement, has, à de Clermont. — Ce que vous avez dit n'a aiicune importance... car le Didier en question — c'est Yvonne qui vient de me l'apprendre -- est tout simplement l'amant de Thérèse.

DE CLERMONT, en riant. — Allons donc !...

YVONNE. — Asseyez-vous tous... Il est d.éjà dix heuiTs et demie.

AGATHE. — Moi, je préfère cau&er un petit moment avec vous.

DE CLERMONT. — C'est Cela, va geindre, va pleurer, va te confesser.

YVONNE. — Ne lui répondez pas.

Elles s'asseyent sur le canapé. Yvonne envoie par-dessus l'épaule d'Agathe un baiser à Paul qui est olacé de façon à avoir juste Yvonne en face do lui.

AGATHE. — Vous avez bien tort de lui envover uu baiser.

Yvo.NNE, vivement, à mi-voix. — Vou-

; z-vans vous taii'c?... Ce n'est pas à lui, voyons!

AGATHE. ■ — Ali ! bon.

MAi.SEY. — A vous à faire, monsieur R«naud... Monsieur Renaud, à vous ;i faire...

RENAUD. — Oh! pardon.

THÉRÈSE, « de Vlermont. — Si vous étiez à moi, vous... vous n'useriez pas mes tapis !

Dt: CLEUMONT. — • Le lit me suffirait.

THÉHËSE. — Le lit?... Celui qui l'usera n'est pas encore ne... Je fais dix francs...

DE CLERMONT. — Et Mai'sey soutient, qu'il vous en a payé quatre en cinq ans!

THÉRÈSE. — Marsey a dit cela.?

MAUSEY. — Mais non, ma chère amie.

Vous savez bien que je suis incapable...

THÉRÈSE, en se r/i-i.^ei/aut. — Ça, sûr!,.. Oh! puis jouons ou ne jouons

■s'AUDET. — Oh! moi, mon cher...

THÉRÈSE. — Oui... eh bien! mon petit Naudet, ce sera pour la prochaine fois! J'ai dit que je faisais dix francs...

YVONNE, à Affat/ie. — Suivez mes conseils et vous vous en trouverez bien... De Clennont est un taquin, mais n'est ni plus mauvais, ni meilleur qu'un auii'».

C'est un homme comme tous les aut/es homn^es.

THÉRÈSE. — Trois cartes.

YVONNE. — Et puis, que diable, jolie comme vous l'êtes, c'est lui qui devrait faire toutes vos volontés.

MARSEV. — Blindez-vous, Naudet.

YVONNE. — Soyez vive au lieu d'être molle. Révoltez-vous! Quand il crie, criez plus fort que lui!... Enfin, soyez femme! Ah! s'il vous couvrait d'or, ce serait dif-

.^UlS X'JN, JE VOUS ÉCOUTElî-\I.

pas... on n'entend que vous ici! Rogar- férent!... Car, après tout, qu'est-ce qu'il dez Naudet; est-ce qu'il parle, lui? vous donne?

DE CLERMONT. — Mais non, c'est con- de clermont. — Deux louis...

nu.. Quand Naudet parle, c'est qu'il n'a yvonne. — Le quart de ce qu'il peut

rien à dira. vous donner... Alors, de votre côté, ne

iS

Le DCguiu

VOU5 donnez pas trop facilement... il ne vou^ eu aimera que davantage. Ce qui tue l'amour, ma chère jjctitc, c'est...

M.viîsEY. — Deux paires... à la dame.

yvcs'NE, à Ayuthe. ■ — ... l'uniformité, c'est le même plat servi aux mêmes heures et de la même façon. Vous avez trop d^' qualités...

AGATHE. — Oh 1 madame !

YVONNE, à Ar/athe. — Mais si... tâclrez d'avoir des défauts, tâchez d'avoir...

N.\l'DET. — Main pleine!

YVONNE, à Ayuthe. — ... beaucoup de défauts. Bref, si après tout ce qiie je viens de vous dire vous n'obtenez pa.s...

DE ci-ERMOKT. — Cinq louis I...

YVONNE, — ... le bonheur rêvé, s'il n'est pas à vos jîieds d'ici huit jours... c'est que vraiment vous y aurez mis de la mauvaise volonté.

.\GATHE. — Mais non, je voxis écouterai .

YVONNE. — A la bonne heure! Bonjour, monsieur Didier...

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