THERESE, YVONNE
THEEESi:.
icin ?
Cette Lettre est de Paul,
qu'à regarder tes yeux. Eh bien!
YVONNE, tout en re(/ar<latit la lettre.
— Eh bien ! il me dit cjue je lui ai fait, beaucoup de chagTin, que malgré tout il n'a pas cherché à m être infidèle, qu'il ne peut rester pius lon.gteui236 éloigne de moi, qu'il n'eu dort plus, qu'il m'adore et qu'il ne demande qu'à pardonner...
D'ailleure, tu peux la lire... La voici.
THÉRÈSE, huant. — « Ma chère Yvonne, j'ai quelque chose de très important à te communiquer. Pfux-tu me recevoir à six heures? — Paul. > {Parlé.) Où est-oe écrit tout ce que tu me raconter ?
YVONNE. Là.
THÉRÈSE. — Comment, là?
YVONNE. — Eh bien, oui... entre lea lignes .
THiîRÈSE. — Ab' outre Ips liç'nes!
— To A* D« BONS VEUX.
vvoN-fE, rorft«M«. — Oni... A qnoi >•tu vu cela? ^
THÉRÈSE. — Mon IHeu, je n'ai eu
YVONNE. - Naturellement, entre les lignes. C'est clair comme le jour, ça sauto aux veux.
Le Bcguin
THÉRÈSE. — ïu as de bons yeux.
vvoN.NE. — Mais elle est pleine de douleur, cette lettre.
THÉRÈSE. — Oui... oui...
YVONNE. — Tu as beau faire : « Oui, oui », tu n'y entends rien. Pleine do douleur, je te le i-épcto! Il l'a reconimeocée vingt fois avant de me l'envoyer, et ce n'est qu'après avoir trouvé une phrase bien banale qu'il s'est décidé. Il a voulu déguiser sa pensée... Il l'a mise toute nue, au contraire.
THÉRÈSE. — C'est pour cela qu'elle est froide.
YVONNE. — Froide? Mais tu n'es pas une amoureuse, toi ;, comment veux-tu juger?
THÉRÈSE. — Je suis Une sotte.
YVONNE. — Non... Mais vois-fcu, ma chérie, il y a deux façons de lire des lettx-es d'amour. La première coneisfce à donner aux mots la valeur qu'ils ont.. et la seconde...
THÉRÈSE. — Et la seconde consiste à se figurer des choses qui ne sont pas... Le médecin de mon quartier appelle cela la folie! Mais je ne veux pas te taquiner... Alors, tu es contente de le revoir?
YVONNE. — Oui, très content*. Tu connais mon amour-propre? Je l'ai trompé... Je n'aurais pas fait un pas pour le revoir!... Et cependant, il me manquait plus que je ne saurais le dire, ce cher grand gosse !
THÉRÈSE. — Je crois que tu es encore plus gosse que lui!... Dis-moi, veux-tu que je reste ici pendant votre entretien ?
YVONNE. — Oh! non. Il me semble qu'il vaut mieux...
THÉRÈSE. — Que je m'en aille. Je te demande cela parce que, pour Naudet, tout à l'heure...
YVONNE. — T'es bête... C'est pas la même chose.
THÉRÈSE. — Alors, au revoir.
YVONNE. — T'es pas fâchée'
THÉRÈSE. — Mais non. Tu dînes avec moi, ce soir?
YVONNE. — Si tu veux, à huit heures.
THÉRÈSE. — Je suis ridicule! Je t'invite ayajit oublié complètement que tu partais.
YVONNE, — Tiens! mais c'est vrai.
THÉRÈSE. — Envoie-moi une dépêche dès ton arrivée.
YVONNE. — Sûr
THÉRÈSE, en riani . — Quel type tu fais ! YVONNE. — Je suis un sale type?
THÉRÈSE, (iK nif/mt. — Mais noi... et téléphone-moi, 'si tu as le temps, ce qui s'est passé. Au revoir.
Thérèse eort.