‹ Le BéguinChapitre 56 sur 89 · MAURICE, GENEVIEVE · texte numérisé non relu

MAURICE, GENEVIEVE

Durant oetTte scène, le junr vient petit à petit.

-€'est stupide!... Où peut — Eh bkn,

avez-voiia

MAURICE

il être?

GENEViivE.

trouvé?

MAUiîiCE. — Non, je ne le trouve pas.

GENEVIÈVE. — Mais où l'avez-vous Diis ?

MAURICE. — Ma foi, je no sais pas...

je vous demande pavdon de voue déra.uger.

GENEVIÈVE. — Ça, u a aucune importance. ■ (..4 ppeiawt Annette, qui est t/an.i la pièce roisifie.) Amiette, vois donc si tu ne trouves pas par là le porte-cigarettes de M. Gérard.

MAuraCE. — Je voiis en prie, ne vous donnez pas la peine. J'en serai quitte, si vous le pernieti'pz. naur revenir demain.

GENEVIÈVE. — \\.uo .,^.> >,crtaiu de l'avoir oublié ici? Vous n'avez pas fumé, ce soir.

MAURICE, jonant l'étonntment. ■ — Je n'ai pa,' fumé?

GENEVIÈVE. -- Ij me semble.

MAUKICE. — Ah!

GENEVIÈVE. — Si vous l'avcz égaré chez nici, il n'est certes pas perdu et dès la première heure, mon domestique ira vous le porter chez vous. {En lui tendant la main.) Bonsoir.

MAURICE. — Bonsoir.

Il sort, Geneviève le rappelle.

GENEVIEVE

sieur Gérard...

hommes, teniez !

MAURICE

pas le mien.

GENETrèVE. -

le vôtre !

■MAUTîICE. —

à Longecourt!

GENEVIÈVE. -

demain.

MAURICE

quart d'heure d' coup un quart nous souhaiter bien plus gentil

- Ah! le voilà... nioncomnie ça cherche les

Merci... mars ça n'est

- Comment, ça n'est pas Non, non, il doit être

- Alore, je le lui rendrai

Dire que si je restais un e plus, ça n'est pas beaud'heure, nous pourrions le bonjour... ce serait

GENEVIÈVE. — Oui... mais pas raiÉonnable, je vous assure. Aussi sauvcz-vou» vite.

MAURICE. — Je n'ai pae sommeil.

GENEVIÈVE. — Je serai aussi franche que vous, je suis brisée de fatigue.

MAURICE. — Assej-ons-nous.

GENEVIÈVE. — Sauvez-vous vite.

MAVKiCE. — Je suis mal élevé?

GENEVIÈVE. — Mais non.

MAURICE. — Aloi-is, puis-je venir vous serrer la main demain... ou plutôt, vers trois heuree ?

GENEVIÈVE. -- Vous n'avez pas soif?

GEN"EviÈvE. • — A trois heures, j ai rendez-vous chez ma modiste.

MAURICE. — Et à cinq heureeî

GENTv-iÈvE. — A cinq heures, je ferai comme tous les jours une longue promenade à pied.

MAURICE. — De quel côté?

GFNTriÈTE. — Droit devant moi.

MAURICE. — C'est un joli quartier.

RETOiviÈVE. — Vous n'avez plus rien à me demander?

L'Age d'Aimer

MAURICE. — C'est-à-dire que j'ai mille choses...

GENEVIÈVE. — Ce sera donc pour la prochaine fois.

MAURICE. — Et si je ne m'en souviens plus?

GE.VEVIÈVE. — Cela prouvera que ce T'était pa6 sérieux.

MAURICE. — C'est assez juste.

GENEVIÈVE. — A la bonne heure.

MAURICE. — Et maintenant je m'en vais.

GENEVIÈVE. — Bonsoir!

MAURICE, se ravisant. - — Ah! puis-je voue prier de me faire donner un verre d'eau?

GENEVIÈVE. — Vous n'avez pas soif.

MAURICE. — Je n'ai pas soif?

GENEVIÈVE. Non.

MAURICE. — Je n'ai pas soif?

GENEVIÈVE. — Ah! tenez... enfin!...

(Appelant.) Annette... (.4 Maurice.) Ce n'est pas gentil, vous savez.

MAURICE. — Mais je vous jure...

GENEVIÈVE. — Annette...

ANNETTE, à la Cantonade. — Madame?

GENEVIÈVE. — Ne cherche plus... et apporte vite un verre d'eau... un grand verre d'eau à M. Gérard. (.4 Maurice.) Et si vous ne le buvez pas, gare!

MAURICE, en enlevant son pardessus.

— Vous êtes gentille.

GENEVIÈVE. — Voulez-vous garder votre pardessus !

MAURICE. — C'est pour ne pas avoir l'air d'être en visite.

GENEVIÈVE. — Quel grand enfant vous faites !

MAURICE. — Vous avez bien dit cela.

GENEVIÈVE. — Je suis furieuse.

MAURICE. — Comment êtes-voua quand vous ne l'êtes pas?

GENEVIÈVE. — Sortir de chez moi, seul, à cette heure-ci... Dans dix minutée il fera jour.

MAURICE. — Je ne puis cependant pas vous proposer de m'aocompagner.

GENEVIÈVE. — Il ne manquerait plus que cela.

MAURICE. — D'ailleurs, vous n'avez pas de concierge.

GENEVIÈVE. — Oui... mais il y a des gens dans la rue.

MAURICE. — Oh! des gens... à quatre heures! le balayeur n'est même pas levé. (S 'approchant.) Votre petite broche est défaite.

GENEVIÈVE, rectdant d'un pas. — • Merci... mais n'approchez pas si près.

MAURICE. — Je suis myope.

GENEVIÈVE. — Moi, je VOUS vois venir de loin.

MAURICE. — Vous avez un joli sourire...

GENEVIÈVE. — Ne vous y fiez pap. Ah!

voilà le verre d'eau.

MAURICE. — Le verre d'eau?

GENEVIÈVE. — Cette soif que vous aviez.

ANNETTE. — Voici, monsieur.

MAURICE. • — Merci, Annette! {Un temps.) Cette brave Annette'

GENEVIÈVE. — Ne vous attendrissez pas sur Annette et dépêchez-vous.

ANNETTE. — Si uiousieur désire y ajouter quelques gouttes de cognac...

MAURICE. — Annette, vous m'êtes très sympathique.

ANNETTE, confuse. — Monsieur!

GENEVIÈVE. — Voulez-vous boire, maintenant ?

MAURICE. — Voyons, je puis bien dire à Annette, tandis que le suciie fond, qu'elle m'est très sympathique.

GENEVIÈVE. — Annette a envie de dormir.

ANNETTE, en souriant. — Ma foi non.

MAURICE, joyeux. — Ah! Annette n'a pas envie de dormir.

GENEVIÈVE. — Annette, posez ce plateau et allez-vous-en.

ANNETTE, sovt en souriont. — Bien, madame.

Un temps.

MAURICE. — Il y a longtemps qu'elle est chez vous, Annette?

GENEVIÈVE. — Vous me l'avez déjà demandé : quinze ans !

MAURICE. — Je n'ai pas de mémoire, décidément.

GENEVIÈVE. — Je vous l 'écrirai.

MAURICE. — Je suis ennuyeux.

GENEVIÈVE. — Oui.

MAURICE. — Vous m'en voulez?

GENEVIÈVE. — Non.

MAURICE. — Alors, je vais boire.

GENEVIÈVE. - C'est ocla.

Un silence.

MAURICE. — A quoi songez-vous?

GENEVIÈVE. — Je songe que nous eussions pu rester de très bons amis.

MAURICE. — Ah! cela devait arriver.

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