MAURICE, GENEVIEVE
Durant oetTte scène, le junr vient petit à petit.
-€'est stupide!... Où peut — Eh bkn,
avez-voiia
MAURICE
il être?
GENEViivE.
trouvé?
MAUiîiCE. — Non, je ne le trouve pas.
GENEVIÈVE. — Mais où l'avez-vous Diis ?
MAURICE. — Ma foi, je no sais pas...
je vous demande pavdon de voue déra.uger.
GENEVIÈVE. — Ça, u a aucune importance. ■ (..4 ppeiawt Annette, qui est t/an.i la pièce roisifie.) Amiette, vois donc si tu ne trouves pas par là le porte-cigarettes de M. Gérard.
MAuraCE. — Je voiis en prie, ne vous donnez pas la peine. J'en serai quitte, si vous le pernieti'pz. naur revenir demain.
GENEVIÈVE. — \\.uo .,^.> >,crtaiu de l'avoir oublié ici? Vous n'avez pas fumé, ce soir.
MAURICE, jonant l'étonntment. ■ — Je n'ai pa,' fumé?
GENEVIÈVE. -- Ij me semble.
MAUKICE. — Ah!
GENEVIÈVE. — Si vous l'avcz égaré chez nici, il n'est certes pas perdu et dès la première heure, mon domestique ira vous le porter chez vous. {En lui tendant la main.) Bonsoir.
MAURICE. — Bonsoir.
Il sort, Geneviève le rappelle.
GENEVIEVE
sieur Gérard...
hommes, teniez !
MAURICE
pas le mien.
GENETrèVE. -
le vôtre !
■MAUTîICE. —
à Longecourt!
GENEVIÈVE. -
demain.
MAURICE
quart d'heure d' coup un quart nous souhaiter bien plus gentil
- Ah! le voilà... nioncomnie ça cherche les
Merci... mars ça n'est
- Comment, ça n'est pas Non, non, il doit être
- Alore, je le lui rendrai
Dire que si je restais un e plus, ça n'est pas beaud'heure, nous pourrions le bonjour... ce serait
GENEVIÈVE. — Oui... mais pas raiÉonnable, je vous assure. Aussi sauvcz-vou» vite.
MAURICE. — Je n'ai pae sommeil.
GENEVIÈVE. — Je serai aussi franche que vous, je suis brisée de fatigue.
MAURICE. — Assej-ons-nous.
GENEVIÈVE. — Sauvez-vous vite.
MAVKiCE. — Je suis mal élevé?
GENEVIÈVE. — Mais non.
MAURICE. — Aloi-is, puis-je venir vous serrer la main demain... ou plutôt, vers trois heuree ?
GENEVIÈVE. -- Vous n'avez pas soif?
GEN"EviÈvE. • — A trois heures, j ai rendez-vous chez ma modiste.
MAURICE. — Et à cinq heureeî
GENTv-iÈvE. — A cinq heures, je ferai comme tous les jours une longue promenade à pied.
MAURICE. — De quel côté?
GFNTriÈTE. — Droit devant moi.
MAURICE. — C'est un joli quartier.
RETOiviÈVE. — Vous n'avez plus rien à me demander?
L'Age d'Aimer
MAURICE. — C'est-à-dire que j'ai mille choses...
GENEVIÈVE. — Ce sera donc pour la prochaine fois.
MAURICE. — Et si je ne m'en souviens plus?
GE.VEVIÈVE. — Cela prouvera que ce T'était pa6 sérieux.
MAURICE. — C'est assez juste.
GENEVIÈVE. — A la bonne heure.
MAURICE. — Et maintenant je m'en vais.
GENEVIÈVE. — Bonsoir!
MAURICE, se ravisant. - — Ah! puis-je voue prier de me faire donner un verre d'eau?
GENEVIÈVE. — Vous n'avez pas soif.
MAURICE. — Je n'ai pas soif?
GENEVIÈVE. Non.
MAURICE. — Je n'ai pas soif?
GENEVIÈVE. — Ah! tenez... enfin!...
(Appelant.) Annette... (.4 Maurice.) Ce n'est pas gentil, vous savez.
MAURICE. — Mais je vous jure...
GENEVIÈVE. — Annette...
ANNETTE, à la Cantonade. — Madame?
GENEVIÈVE. — Ne cherche plus... et apporte vite un verre d'eau... un grand verre d'eau à M. Gérard. (.4 Maurice.) Et si vous ne le buvez pas, gare!
MAURICE, en enlevant son pardessus.
— Vous êtes gentille.
GENEVIÈVE. — Voulez-vous garder votre pardessus !
MAURICE. — C'est pour ne pas avoir l'air d'être en visite.
GENEVIÈVE. — Quel grand enfant vous faites !
MAURICE. — Vous avez bien dit cela.
GENEVIÈVE. — Je suis furieuse.
MAURICE. — Comment êtes-voua quand vous ne l'êtes pas?
GENEVIÈVE. — Sortir de chez moi, seul, à cette heure-ci... Dans dix minutée il fera jour.
MAURICE. — Je ne puis cependant pas vous proposer de m'aocompagner.
GENEVIÈVE. — Il ne manquerait plus que cela.
MAURICE. — D'ailleurs, vous n'avez pas de concierge.
GENEVIÈVE. — Oui... mais il y a des gens dans la rue.
MAURICE. — Oh! des gens... à quatre heures! le balayeur n'est même pas levé. (S 'approchant.) Votre petite broche est défaite.
GENEVIÈVE, rectdant d'un pas. — • Merci... mais n'approchez pas si près.
MAURICE. — Je suis myope.
GENEVIÈVE. — Moi, je VOUS vois venir de loin.
MAURICE. — Vous avez un joli sourire...
GENEVIÈVE. — Ne vous y fiez pap. Ah!
voilà le verre d'eau.
MAURICE. — Le verre d'eau?
GENEVIÈVE. — Cette soif que vous aviez.
ANNETTE. — Voici, monsieur.
MAURICE. • — Merci, Annette! {Un temps.) Cette brave Annette'
GENEVIÈVE. — Ne vous attendrissez pas sur Annette et dépêchez-vous.
ANNETTE. — Si uiousieur désire y ajouter quelques gouttes de cognac...
MAURICE. — Annette, vous m'êtes très sympathique.
ANNETTE, confuse. — Monsieur!
GENEVIÈVE. — Voulez-vous boire, maintenant ?
MAURICE. — Voyons, je puis bien dire à Annette, tandis que le suciie fond, qu'elle m'est très sympathique.
GENEVIÈVE. — Annette a envie de dormir.
ANNETTE, en souriant. — Ma foi non.
MAURICE, joyeux. — Ah! Annette n'a pas envie de dormir.
GENEVIÈVE. — Annette, posez ce plateau et allez-vous-en.
ANNETTE, sovt en souriont. — Bien, madame.
Un temps.
MAURICE. — Il y a longtemps qu'elle est chez vous, Annette?
GENEVIÈVE. — Vous me l'avez déjà demandé : quinze ans !
MAURICE. — Je n'ai pas de mémoire, décidément.
GENEVIÈVE. — Je vous l 'écrirai.
MAURICE. — Je suis ennuyeux.
GENEVIÈVE. — Oui.
MAURICE. — Vous m'en voulez?
GENEVIÈVE. — Non.
MAURICE. — Alors, je vais boire.
GENEVIÈVE. - C'est ocla.
Un silence.
MAURICE. — A quoi songez-vous?
GENEVIÈVE. — Je songe que nous eussions pu rester de très bons amis.
MAURICE. — Ah! cela devait arriver.