‹ Le BéguinChapitre 67 sur 89 · FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS

Te, souviens-tu des dimanches

Ou le cœur joyeux ^ous nous jiromeuiuns smis les hranches

Bien loin des curieux.

«Ce temps reviendra j'esfire,

Il n'est pas bien loin de nous, Tu sauras tout ce que f sais faire

Quand je serai ton époux (bis).

AN-N-ETTE. — Bravo, père François !

FRANÇOIS. — Ah! c'est vous, m'ame Annette. Comme vous voyez, je suis en train de donner l'apéritif à mes rosiers.

ANNETTE. — Par la chaleur qu'il fait cette après-midi, ils doivent en avoir l>e- ■oin.

FRANÇOIS. — Je crois bien ! Il y a eu ce tantôt près de vingt degrés à l'ombre.

Un roin du parc. Au fond, balcon de pierre formant terrasse et donnant sur In Loire. A gauche, baie vitréf d'une salle à mamjer. Fin du mois d'août. Lorsque la toile se levé, le père François est en train d'arroser. Il, frtdonne.

ANNETTE. — Quel été !

FRANÇOIS. — Ah ! Pour un été, c'en est un! (T7n temps.) Savez-vous l'heure, m'ame AnnetbeV

ANNETTE. — Six heures et demie viennent de sonner.

FRANÇOIS. — Merci.

Un silenct.

ANNETTE. — Les belles roses ! Ce sont les « Gloires de Dijon » celles-ci, n'est-ce pas, père François ?

FRANÇOIS. • — Faites excuse, m'ame Annette, les v'ià les a Gloires x, les préférences de m'ame Clarens. V'ià les « Maréchal Niel » celles-là, ks « Jacqueiiiinoî » et celles-ci les « Souvenir de la MaJniaison ».

ANNETTE. — Souvcnir de la Mahnaison, pourquoi?

FRANÇOIS. — Ça. j'en sais trop rien.

Nous autres, voyez-vous, m'aiwc Annette, nous connaissons à peu près tous les noms

L'Age d'Aimer

aes fleurs et des plantée... et il y en a autant qu'il ^ a de cailloux sur 1» rout«, mais pour savt>ir pourquoi qu'on Ifur n donné ces noms-là... ça!

ANNETTE. - Et cclle-ci, père François?

FRANÇOIS. --Ah ! ça, c'est des » Fleura d'amour ».

ANNETTE. — Oh! le noni est gentil.

FRANÇOIS. — Oui... mais elles ne durent guère.

Un silence.

ANNETTE, en se retournant du côté de la Loire. — Le joli pays!

FRANÇOIS. — Il vous plaît, pae vrai?

Vous n'étiez jamais venue *fn Tourainc.

manie Annette?

ANNETTE. — Non, jamais.

FRANÇOIS. — Ah! c'est pas pour rit 71 qu'on l'a a-ppelée le « jardin de la Prance » ; y a-t-il plus beau, voyons?

ANNETTE. — Le fait est...

FRANÇOIS. — Te me souviens encore de fin mai dernier quand m'ame Clarens est venue ici pour la première fois avec m'sieu Gérard. Quelle fête, mon Dieu! C'était des 0 Oh ! » et des « Ah ' i des 0 regarde par ici » et des « regarde par là ' d Seigneur, c'était un plaisir de les entendre. Ah! ben, ils voulurent même point visiter la maison! La campagne, disait m'a.me Clarens. c'est pour le dehors, c'est point pour le dedans. Combien qu'on en veut de c'te propriété, qu'elle fit? Faudrait que m'sieu et m'ame aillent voir pour ça M'' Velin, à Tours, que j'fis. Ah ! ben qu'elle fît, v'ià vin<vt francs pour vous, mon brave, et dites à M'' Velin que m'sieu Gérard la loue. V'ià son adresse à Paris. Là-dessue, elle nie serra la main ■comme si j'étais de sa famille...

ANNETTE. — Elle est si gentille!

FRANÇOIS. — ... Et ils s'en retournèrent en disant encore : « Et regarde parci et regarde par-là ». Si1r que je m'dis, après leur départ : « Ça, c'csi des millionnaires OU c'est des amourexix. Je m'étais pas trompé ■ c'étaient des amnureux.

ANNBTTE. Oui.

Tavernay entre, traverse le parc, Pair préoccupé, puis disparaît.

FRANÇOIS. — Ah! v'ià m'sieu Tavernay! Bonjour m'sieu Tavernay.

TAVERNAY. — Boujour, père François.

FRANÇOIS. — C'est drôle, mais il me seisble qu'il est tout chose, m'sieu Taver-

nay, depuis quelques jours ! Ah ! c'est pa« comme m'siei. Bellencontre. En vlà un qui s'en fait du bon sang ! Et c'est un fin pêcheur, vous savez! Sa oetite dame aussi est bien mignonne.

Il s'en va, chantant sa chanson.

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