SCENE V
GF.NEVIEVE. COLETTE, MAURICE, puis TAVERNAY
On entend des éclats de rire, puis Colette et Maurice entrent. Colett* est en amazone. Maurice en costume de cheval.
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iL'Age .d'Aimer
MAUJUOE. ■ — Tu nous as vu •aarriver?
GENEVIÈVE. — Non.
MAURICE. — Nous avons piqué oui de ces galops !
COLETTE. — Cent mètres de pluB, par exemple, et je vous semais loin derrière moi !
MAURICE. — La belle malice! Platon est deux fois plus vite que Zézette.
GENEVIÈVE. ^ Vous avez dû aller loin ?
MAURICE. — Très loin.
COLETTE. — A un moment doimié nous nous eeninies presque perdus !
GENEVIÈVE. — Dans quel état tu te raet«, mou pauvre chéri! Tu es en nage!
Elle prend son mouohoir et le lui passe sur le front.
MAURICE. — Bah ! c'est bon pour la Banté!... (.1 Tavernay qui entre.) Bonjour, Tavemay.
TAVERNAY, inquiet. — J'ai cru qu'il vous était arrivé quelque chose.
COLETTE. — Avec IViaurice, U n'y a rien à craindre! c'est un cavalier!...
vous savez que j'ai sauté pour la première fois un fossé.
TAVER.VAY, l'esprit ailleurs. — Ah!
COLETTE. — Qu'est-ce que vous avez!
Qu'est-ce qu'il ai
TAVERNAY. — Je vous demande parion... je pensais à autre chose.
COLETTE. — Je vous disais que j'ai sauté un foesé pour la première fois.
TAVERNAY, indifférent. — Ah! bien, je suis très content.
COLETTE, — Vous dites cela comme si oela vous était égal.
TAVERNAY, en s' efforçant de sourire.
— Du tout... mais je ne puis pourtant pas me mettre à danser de joie.
COLETTE. — Oh ! vous êtes de ^nauvaise humeur, aujourd'hui.
TAVERNAY. — De mauvaise humeur?
mais je n'ai aucune raison pour cela.
Vous vous êtes re^posés en route'/
MAURICE. — Oui... non... pourquoi?
TAVERNAY, en lui passant la main sur l'épaule. — Vous avez encore de la mousee.
COLETTE. — Mais oui, vous vous souvenez bien ?
MAURICE. — Que je suis bête ! Tavernay me disant de la mousse, je croyais... je pense bien, ])arbleu ! Nous nous sommée étendus pendant une demi-heure au moins, tant le soleil était ajdent.
GENEVIÈVE. — Vous avez bien fait, car, franchement, entre trois et quatre^ la chaleur était accablante.
TAVERNAY. — Vous êtcs touts décoiffée.
COLETTE. — Voilà qui m'est bien égal, par exemple! Je suis laide?
TAVEnNAV. — Vous ne pouvez pas être laide... mais vous êtes tout ébouriffée... alors, naturellement...
COLETTE. — Naturellement quoi?
TAVERNAY. — Naturellement... rien.
C0L£TTE. — Tenez, vous êtes stupide, Jacques! vous commencez des phrases saoïs en jamais trouver la fin !
TAVERNAY. — Le fait est que je vous aime tant, que je deviens, je crois, complètement imbécile.
C0LE1TE. — Eh bien! tâchez de m'aimer un peu moins, afin de redevenir complètement intelligent.
TAVERNAY. — Ce sera difficile. Allez vite vous habiller. Vous serez en retard pour le dîner.
Elle sort.