SCÈNE IV
ANNETTE, GENEVIEVE
GENEVIÈVE, rayomumte. — Annette !
ANNETTE. — Madame?
GENEVIÈVE. — Enlève vite tout cela...
et presse-toi !
ANNETTE. — Oui, madame... Oh! voici une blouse que madame n'a jamais mise...
GENEVIÈVE. —■■ C'est Un meurtre ! Je te la donne.
ANNETTE. — Je ne peux pa.s mettre cela, na.dame, voyons!
GENEVIÈVE. — Si tu ajoutes un mot, je te donne un cha]>eau.
ANNETTE. — Mou Dieu que madame est gâcheuse !
GENEVIÈVE. — Je tenais un volume tout à l'heure!
ANNETTE. — Un volume? le voici, madame.
GENEVIÈVE. — Merci. Allons, dépêchetoi, Annette. Je vais me reposer un peu. (Sonnerie au téléphone.) Vois donc ce que c'est .
ANNETTE. — Allô, j'écoute... Bonjour monsieur Tavernay. — Oui, monsieur, Tavernay. — Oui, monsieur, madame est là... Madame, c'est M. Tavernay.
GENEVIÈVE. — Allô ! Bonjour Tavernay !
Le dialogue qui suit s'échange au téléphone.
TAVEENAY. — Quand êtes-voue revenus?
GENEVIÈVE. — Nous arrivous.
TAVERNAY. — Tout le nionde est parti aussitôt après nous ?
GENEVIÈVE. — Deux jouTs après votre départ, Bellencontre est parti avec Andrée et Isabelle et nous sommes restés seuls trois bonnes semaines, tous les deux seuls.
TAVERNAY. — Comment a-t-il été avec
vous ?
GENEVIÈVE. — Très gentil... oui, comme autrefois.
TAVERNAY. — .le suis pourtant certain qu'il n'a cessé de voir Colette.
GENEVIÈVE. — Vous VOUS tromjjez, mon ami, il ne m'a pas quittée une heure.
TAVERNAY. -- Vous savez ce qui avait été convenu ?
GENEVIÈVE. — Oui, oui, je sais, vous deviez quitter Paris la veille même de notre retour. Eh bien ?
TAVERNAY. — Colette n'a pas voulu.
GENEVIÈVE. — Comment, Colette n'a pas voulu, pourquoi?
TAVERNAY. — Des Fobes à commander.
GENEVIÈVE. — Oh! mon ami, des robes. Ce ne sont pas des raisons, cela.
TAVERNAY. — C'est ce que j'ai dit, elle a persisté... J'ai insisté et après une scène violente...
GENEVIÈVE. — Oh! une scène!... Oh!
mon ami, on ne fait pas de scènes, pourquoi une scène?... (Parlé.) Tais-toi donc, Annette... tu fais du bruit, je n'entends pas. Allô! Pardon, mon ami! on faisait du bruit autour de moi... Parlez, je voua écoute.
TAVERNAY. — Elle a pereisté, j'ai insisté et après une scène violente...
GENEVIÈVE. — J'entends bien... après une scène violente.
TAVERNAY. — Colette est partie.
GENEVIÈVE. — Partie... Comment partie, avec qui?
TAVERNAY. — Maurice n'est pas là?
GENEVIÈVE. — Non, il n'est pas là, il vient de sortir pour aller chez son tailleur.
TAVERNAY. — Ma pauvre amie, il est allé retrouver Colette, elle me quitte et ils partent ensemble!...
GENEVIÈVE. — Comment ensemble.
Vous êtes fou, mon ami !
TAVERNAY. — Je ue suis pas fou... je suis sûr. venez !
GENEVIÈVE. — Oh!... oh! mon Dieu.
Oui, oui, attendez-moi, je viens... Annette, donne-moi un chapeau.
ANNETTE. — Madame?
GENEVIÈVE. — Donne-moi un chapeau.
ANNETTE. — Lequel, madame?
GENEVIÈVE. — N'importe... celui qui te tombera sous la main, le gris, le noir, celui que tu voudras. Dépêche-toi, Annette, dépêche-toi!...
ANNETTE. — Voici, madame...
GENEVIÈVE. — Et mes épingles... Tu
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L'Age d'Aimer
me donnes -un chapeau et pas d'épingles... donne-moi des épingles.
AN'N'ETTE. — Qu'est-oe qui arrive encore à madame?
GENEVIÈVE. ^ Est-ce que je sais ce qui tn'arrive. Est-ce que je sais, du chagrin !... Donne-moi mon mrntoau... Qu'est-oo que je voulais dire?... Si monsieur rentrait avant moi... j'en doute... tu lui diras que je suis chez mon amie Hélène... qu'elle m "a fait demander... qu'elle a une gi-cssc peine.
AN.NETTE. — Madame ne peut pas sortir seule.
GENEVIÈVE. — Si, si... Mon sac pour prendre une voiture... de l'argent, mon eac.
ANNETTE. — Qu'est-ce que madame va faire ?
GENEVIÈVE. — Est-c« qu* je sais?... Je vais, lutter, ma pauvre Annette... je vais lutter encore, toujours si j'en ai la force. Cependant je n'en puis plus !
Elle sort.
Annette l'accompagne, pois revient. Kl!" irn; i. — l'n silence.