‹ Le Béranger des écolesChapitre 11 sur 89 · SUR BERANGER XVII · texte numérisé non relu

SUR BERANGER XVII

Vous qui manquez de charité, Contemplez mon supplice étrange !

Ce n'est pas sa divinité, C'est l'humanité que Dieu venge !

Reste enfin un dernier point, la liberté.

Comment Déranger conciliait-il son amour pour la liberté avec son adoration pour l'empereur? Il ne la conciliait pas. Il était inconséquent et sincère comme nous, jeunes gens de dix-huit à vingt ans, qui étions à la fois enragés bonapartistes et enragés libéraux. D'ailleurs comment n'aurait-il pas aimé la liberté, lui qui avait un amour si farouche de l'indépendance? Il était de la race du loup de La Fontaine ; le cou pelé lui faisait horreur. Toute l'ambition de sa vie a été de n'être rien. La Révolutioa de 1830 lui donna accès à toutes les places, il les refusa toutes. Nommé député malgré lui, il donna sa démission au bout de six mois. On lui offrit vingt fois un fauteuil à l'Académie. « Dieu m'en garde! répondait-il. — Pourquoi? — Parce que je me connais î Si j'étais académicien, je me croirais obligé d'assister à toutes les séances, à toutes les commissions! Cela m'ennuierait à mourir! Ce serait un bout de chaîne. Je n'en veux pas. »

Tous ces sentiments se retrouvent dans une

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