‹ Le Béranger des écolesChapitre 10 sur 89 · XVI ETUDE · texte numérisé non relu

XVI ETUDE

La première strophe est un cri de douleur poignante et nous met au cœur du sujet :

Chrétien, au voyageur souffrant Tends un verre d'eau sur ta porte !

Je suis, je suis le Juif errant Qu'un tourbillon toujours emporte !

Sans vieillir accablé de jours, La fin du monde est mon seul rêve.

Chaque soir j'espère toujours.

Mais toujours le soleil se lève !

Toujours, toujours Tourne la terre où moi je cours Toujours, toujours, toujours.

Vient alors le tableau de cette fuite éperdue, haletante, à travers le temps et l'espace. Pour punir le méchant, Dieu lui a infligé un châtiment étrange, il l'a rendu bon ! le malheureux s'attache à tout, et est arraché à tout. La maison prête à Taccueillir se dérobe sous ses pas. Il n'a pas le temps de serrer la main du pauvre à qui il fait sa modique aumône. Il rencontre des enfants qui lui rappellent les siens ; il n a pas le temps de les regarder. Il se retrouve au lieu où il est né... il voudrait s'y arrêter un instant... Passe! passe! dit le tourbillon qui l'emporte. Et cette lamentation terrible se termine par ees quatre vers que je ne crains pas d'appeler sublimes :

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