‹ Le Béranger des écolesChapitre 82 sur 89 · De Rai)liaël · texte numérisé non relu

De Rai)liaël

science dans les longs mois passés auprès de * Mais pourquoi renouveler vos maux? Je sais d'ailleurs, vous le seul médecin qui mait inspiré de la confiance, vous que je place si haut au-dessus de tant d'autres, je sais ce que vous me répondrez : Nous ne savons rien ou presque rien. Que je vous plains! Pardonnez-moi de vous venir affliger mal à propos et croyez-moi tout à vous de cœur.

■ Voici une autre lettre qui, jointe à celle adressée à Bretonneau, peindra bien l'ardente compassion de cœur de Béranger : Le malheur de cette jeune fille et celui de Yillemain, le rendent comme éperdu. Jamais la charité évangélique n'a poussé deux plus émouvants cris de pitié.

A MONSIEUR GILÏÏARD

Gonnaissiez-vous Yillemain? On gémit généralement sur l'affreux malheur qui le frappe. Si la politique ne fut pas son côté brillant, on ne peut disconvenir qu'il avait des vertus domestiques fort rares. Il soigna pendant quatre ans sa femme devenue folle. Il ne voulait pas s'en séparer; et, comme elle maltraitait ses trois petits enfants, il coucha longtemps sur un lit de sangle, entre elle et eux, pour l'empêcher de les battre. A la vue de ses trois petites filles, il reprend un peu de lucidité, pleure abon-

damment et

mère et un père qui <ont fousl » En vérité, cela déchire l'àme. Accablé de peiiie^^ intérieures, pliant sous le faix des affaires, effrayé de la discussion sur la loi de l'instruction, bourrelé par le souvenir de sa défaite de Tannée passée, nul doute que cet homme, du caractère le plus faible, ne pouvait durer longtemps dans une semblable posilion. La quitter, c'eût été du bon sens et de la force. On voit aujourd'hui qu'il ne pouvait trouver cela. Gémissons et pardonnons. Mais quelle pauvre chose que l'esprit, dont on fait tant de cas chez nous autres Français !

Déranger.

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