TOUR OBTENIR QU'ON LEUR RENDE L'ENTREE LIBRE AU JAIÎI IN DES TUILERIES
Juin 1814 l
Air : Faut d la vertu, pas trop n'en faut.
Puisque le tyran est à bas , }
Laissez-nous prendre nos ébats.
Voici la première chanson d'opposition que la Restauration inspira à l'auteur. Le nom de tyran était alors donné à tout propos à Napoléon.par ceux-là mêmes qui l'avaient le plus flatté et parmi lesquels se trouvaient tant de noms de l'ancienne aristocratie. Les prétentions absurdes renaissaient à la cour et à la ville. Tout comme autrefois était le mot d'ordre, et les vieilles modes reparaissaient avec les vieux nsages.
Des amis trop prudents empêchèrent l'auteur d'insérer cette chanson dans le volume qu'il publia en 1813. (Xote de Déranger.)
Aux maîtres des cérémonies Plaise ordonner que, dès demain, Entrent sans laisse aux Tuileries Les chiens du faubourg Saint-Germain.
Puisque le tyran est à bas , Laissez-nous prendre nos ébats.
Des chiens dont le pavé se couvre Distinguez-nous à nos colliers :
On sent que les honneurs du Louvie Iraient mal à ces roturiers.
Puisque le tyran est à bas , Laissez-nous prendre nos ébats.
Quoique toujours, sous son empire, L'usurpate ir nous a't chassés, Nous avons laissé sans mot dire Aboyer tous les gens pressés.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Quand sur son règne on prend des notes, Grâce pour quelques chiens félons !
Tel qui longtemps lécha ses bottes Lui mord aujourd'hui les talons.
Puisque le tyran est à bas , Laissez-nous prendre nos èb il».
En attrapant mieux que des puces, On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes Couverts encor du sang français.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Qu'importe que, sûr d'un gros lucre, L'Anglais dise avoir triomphé ; On nous rend le morceau de sucre; Les chats reprennent leur café.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Nous promettons, pour cette grâce, Tous, hors quelques barbets honteux, De sauter pour les gens en place, De courir sur les malheureux.
Puisque le tyran est à bas , i
Laissez-nous prendre nos ébats, i
LES BOXEURS, ou L'ÀNGLOMÀNE '
Août ÎSH Air : A coups d" pied, à coups d' poing.
Quoique leurs chapeaux soient bien Jaids, God dam! moi j"aime les Anglais :
Ils ont un si bon caractère!
Comme ils sont polis ! et surtout Que leurs plaisirs sont de bon goût!
Non, chez nous point, Point de ces coups de poin?
Qui font tant d'honneur à l'Angleterre.
Voilà des boxeurs à Paiis :
Courons vite ouvrir des paris, Et même par-devant notaire.
Ils doivent se battre un contre un:
Pour des Anglais, c'est peu commun.
Non, chez nous point, Point de ces coups de poino:
Qui font tant d'honneur à l'Angleterre.
En scène d'abord admirons La grâce de ces deux lurons,
1 Des boxeurs anglais vinrent ii Paris en effet à cette époque ; mais il faut dire à notre louange quils n'y obtinrent point do succès, malgré Tanglomanie qui régnait alors. Les combats de co jS ne furent pas plus heureux. {Note de Beraager.)
Grâce qui jamais ne s'altère.
De la halle on dirait deux forts :
Peut-être ce sont des milords.
Non, chez nous point, Point de ces coups de poing Qui font tant d'honneur à l'Angleterre.
Çà, mesdames, qu'en pensez-Yoas?
C'est à vous de juger les coups.
Quoi ! ce spectacle vous atterre ?
Le sang jaillit... battez des main^.
Dieux! que les Anglais sont humains!
Non , chez nous point , Point de ces coups de poing , Qui font tant d'honneur à l'Angleterre.
Anglais , il faut vous suivre en tout , Pour les lois , la mode et le goût , Même aussi pour l'art militaire.
Vos diplomates, vos chevaux, N'ont pas épuisé nos bravos.
Non . chez nous point , Point de ce? coups de poing, Qui font tant d'honneur à l'Angleterre.