‹ Le Béranger des famillesChapitre 24 sur 127 · ELOGE DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

ELOGE DE LA RICHESSE

Air du vaudeville d'Arlequin Cruelle-.

La richesse , que des frondeurs

Dédaignent^ et pour cause , Quand elle vient sans les grandeurs,

Est bonne à quelque chose.

Loin de les rendre à ton Crésus , Va boire avec ses cent écus ,

Savetier, mon compère.

Pour moi , qu'il m'arrive un trésor :

Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or,

Et j'en fais mon affaire!

Je souris à la pauvreté,

Et j'ignore l'envie :

Pourquoi perdrais-je ma gaieté

Dans une douce vie ?

Maison, jardin, livres, tableaux, Large voiture et bons chevaux,

Pourraient-ils me déplaire?

Quand mes vœux prendraient plus d'essor, Que dans mes mains pleuve de l'or De l'or, De l'or, Et j'en fais mon alfaire 1

Le vin s'aigrit dans mon gosier

Chez an traiteur maussade; Mais à sa table un financier

Me verse-t-il rasade, Combien, dis-je, ces bons vins blancs?

On me répond : Douze cents francs.

Par ma foi, ce n'est guère.

En Champagne on en trouve encor :

Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or,

Et j'en fais mon affaire 1

A partager dès aujourd'hui,

Amis , je vous invite ; Nous saurions tous, en cas d'ennui ,

Me ruiner bien vite.

Manger rentes et capitaux, Équipages, terres, châteaux,

Serait gai, je l'espère.

Ah ! pour voir la fin d'un trésor, Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or,

Et j'en fais mon affaire 1

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