PLUS DE POLITIQUE
Juillet 1815 I Air : Ce jour-là, sous son ombrage.
Ma raie, ô vous que j'adore, Mais qui vous plaignez toujours Que mon pays ait encore Trop de part à mes amours I Si la politique ennuie , Même en frondant les abus ,
Rassurez-vous , ma mie ,
Je n'en parlerai plus.
Près de vous , j'en ai mémoire , Donnant prise à mes rivaux,
1 Pour la seconde fois l'ennemi était sous les murs de Paris, dont la résistance ne devait pas durer, quand l'auteur fit cette chanson. Elle est bien différente, pour le ton, de celle qu'il avait faite un an auparavant, à peu près en pareille circonstance. Il commençait à sentir qu'on lui permettrait de prendre des accents plus graves pour parler des grands événements qui répandaient tant de tristesse dans le peuple. Le succès qu'obtint cette chanson le confirma dans l'idée qu'il avait que, le peuple, depuis la Révolution, étant entré pour quelque chose dans ses propres affaires, il fallait que le genre qu'on disait être l'expression des sentiments populaires prît enfin tous les tons pour répondre à ces mêmes sentiments. L'éloge de l'amour et du vin ne devait être le plus souvent que le cadre des idées qu'il fallait que la chanson exprimât désormais, au moins à une époque où toutes les circonstances un peu importantes réagissaient sur des masses nombreuses et sur des individus plus éclairés. [Xote de Déranger.)
Des arts, enfants de la gloire, Je racontais les travaux.
A notre France agrandie Ils prodiguaient leurs tributs.
Rassurez-Tons , ma mie,
Je n'en parlerai plus.
Sans me lasser de vos chaînes, J'invoquais la liberté; Du nom de Rome et d'Athènes, J'effrayais votre gaieté.
Quoiqu'au fond je me défie De nos modernes Titus,
Rassurez-vous, ma mie,
Je n'en parlerai plus.
La France, que rien n'égale, Et dont le monde est jaloux, Était la seule rivale Qui fût à craindre pour vous.
Mais, las ! j'ai pour ma patrie Fait trop de vœux superflus.
Rassurez-vous , ma mie ,
Je n'en parlerai plus.
Oui, ma mie, il faut vous croire; Faisons-nous d'obscurs loisirs.
Sans plus songer à la gloire , Dormons au sein des plaisirs.
Sous one ligue ennemie Les Français sont abattus.
Rassurez-vous , ma mie !
Je n'en parlerai plus.