ADRESSES A M. ARNAULT, PARTANT POUR SO>" EXIL
Janvier 1816 • Air :
L'hiver, redoublant ses ravages, Désole nos toits et nos champs;
1 C'est au moment où M. Arnault se préparait à partir pour l'exil auquel les proscriptions l'avaient condamné, et lorsque sa tamille l'était le jour de sa naissance, que Beranger fit ces couplets,
Les oiseaux sur d'autres rivages Portent leurs amours et leurs chants.
Mais le calme d'un autre asile Ne les rendra pas inconstants :
Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.
A l'exil le sort les condamne ,
Et plus qu'eux nous en gémissons!
Du palais et de la cabane
L'écho redisait leurs chansons.
Qu'ils aillent d'un bord plus tranquille
Charmer les heureux habitants.
Les oiseaux que l'hiver exile
Reviendront avec le printemps.
Oiseaux fixés sur celte plage, Nous portons envie à leur sort.
Déjà plus d'un sombre nuage S'élève et gronde au fond du Nord.
Heureux qui sur une aile agile Peut s'éloigner quelques instants!
Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.
où il n'exprimait que faiblement la peine que lui causaient les malheurs d'un homme à qui il avait de véritables obligations et dont il a toujours estimé le noble caractère.
La chanson tomba dons les mains de la police. Béranger fut semonce et menacé de la perte de §on emploi (au ministère de l'intérieur, division de l'Instruction publique). C'est alors qu'il répondit en riant : « Si on me l'ôte, je me ferai journaliste. Aime-t-on mieux cela? » Sa place d'expéditionnaire lui fut con *ervée. [Xote de Béranger.)
LEBERANGER
Ils penseront à notre peine,
Et. l'orage enfin dissipé,
Ils reviendront sur Je vieux chêne
Que tant de fois il a frappé.
Pour prédire au vallon fertile
De beaux jours alors plus constants,
Les oiseaux que l'hiver exile
Reviendront avec le printemps. >Cl