‹ Le Béranger des famillesChapitre 42 sur 127 · LE RETOUR DANS LA PATRIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DANS LA PATRIE

Air : Suzon sortant de son village.

Qu'il va lentement , le navire A qui j'ai confié mon sort !

Au rivage où mon cœur aspire, Qu'il est lent à trouver un port !

France adorée!

Douce contrée!

Mes yeux cent fois ont cru te découvrir. Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir, Mais enfin le matelot crie :

Terre ! terre ! là-bas, voyez !

Ali ! tous mes maux sont oubliés.

Salut à ma patrie ! (Ter.)

Oui , voilà les rives de France :

Oui , voilà le port vaste et sûr, Voisin des champs où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur.

France adorée!

Douce contrée!

Après vingt ans enfin je te revois; De mon village Je vois la plage, Je vois fumer la cime de nos toits.

Combien mon âme est attendrie'.

Là furent mes premiers amours; Là ma mère m'attend toujours.

Salut à ma patrie !

Loin de mon berceau, jeune encore L'inconstance emporta mes pas Jusqu'au sein des mers où l'aurore Sourit aux plus riches climats.

France adorée !

Douce contrée !

Dieu te devait leurs fécondes chaleurs.

Toute l'année, Là , brille ornée De fleurs, de fruits, et de fruits et de fleurs. Mais, là, ma jeunesse flétrie Rêvait à des climats plus chers; Là, je regrettais nos hivers, Saint à nia patrie!

J'ai [mi me faire une famille, F.t des trésors m'étaient promis.

Sous un ciel où le sang pétille , A mes vœux l'amour lut soumis.

France adorée!

Douce contrée !

Que de plaisirs quittés pour te revoir Mais sans jeunesse, Mais sans richesse, Si d'être aimé je dois perdre l'espoir, De mes amours, dans la prairie, Les souvenirs seront présents :

C'est du soleil pour mes vieux ans.

Salut à ma patrie !

Poussé chez des peuples sauvages Qui m'offraient de régner sur eux, J'ai su défendre leurs rivages Contre des ennemis nombreux.

France adorée !

Douce contrée!

Tes champs alors gémissaient envahis.

Puissance et gloire , Cris de victoire , Rien n'étouffa la voix de mon pays.

De tout quitter mon cœur me prie :

.le reviens pauvre, mais constant.

Une bêche est là qui m'attend.

Salut à ma patrie !

Au bruit des transports d'allégresse, Enfin le navire entre au port.

Dans cette barque où l'on se presse, Hâtons-nous d'atteindre le bord.

France adorée !

Douce contrée!

Puissent tes fils te revoir ainsi tous! Enfin j'arrive, Et sur la rive Je rends au ciel , je rends grâce à genoux. Je t'embrasse, ô terre chérie!

Dieu! qu'un exilé doit souffrir!

Moi, désormais je puis mourir.

Salut à ma patrie! [Ter.)

Page 1