CHARLES SEPT
Musique de B. Wilhem.
Je vais combattre, Agnès l'ordonne.
Adieu, repos; plaisirs, adieu!
J'aurai, pour venger ma couronne,
1 Cette chanson ne mériterait aucune remarque, s'il n'était curieux de constater l'état d'oppression de la presse k cette époque par la suppression qu'il fallut faire du quatrième couplet, lorsqu'elle fut imprimée en 1814, peu de temps avant la chute de Napoléon, dans le recueil du Caveau moderne. Ce qui n'est pas moins étrange k dire, c'est que ceux des membres de cette société qui en demandèrent la suppression furent ceux qui se montrèrent les plus outrés partisans de la Restauration et les plus violents ennemis de l'Empire. (Xote de Béranger.)
* Cette chanson ainsi que celle de Marie Stuart sont ce qu'on appelle des romances. C'est un genre particulier que Moncrif, Couet quelques autres, ont exploité très heureusement. Béranger ii a fait ces deux romances que pour la musique, qui est d'un de ses amis. Depuis, ayant fait prendre k la chanson des tons qu'elle avait repoussés jusqu'à lui, le ton mélancolique ou élevé que la romance affectait seule est venu se fondre avec les autres parties du genre chantant, qu'il agrandit autant qu'il fut en sou pouvoir. Mars, que ces chansons fussent tristes, sérieuses ou guerrières, elles ne furent plus du tout ce qu'on appelait du nom
Des héros, l'amour et mon Dieu.
Anglais, que le nom de ma belle Dans vos rangs porte la terreur.
J'oubliais l'honneur auprès d'elle, Agnès me rend tout à l'honneur.
Dans les jeux d'une cour oisive Français et roi, loin des dangers.
Je laissais la France captive, En proie au fer des étrangers.
Un mot, un seul mot de ma belle, A couvert mon front de rougeur.
J'oubliais l'honneur auprès d'elle, Agnès me rend tout à l'honneur.
S'il faut mon sang pour la victoire, Agnès, tout mon sang coulera.
Mais non; pour l'amour et la gloire, Victorieux, Charles vivra.
Je dois vaincre : j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur.
J'oubliais l'honneur auprès d'elle, Agnès me rend tout à l'honneur.
Dunois! La Trémouille, Saintrailles, 0 Français, quel jour enchanté, Quand des lauriers de vingt batailles Je couronnerai la beauté !
Français, nous devrons à ma belle,
de romances. Cela tient à des nuances qu'il serait difficile de faire ressortir ici d'une manière claire et en peu de mots : ajoutons que la chos>e n'en vaut pas la peine. {M'oie de Béranger.)
Moi la gloire, et vous le bonheur.
J'oubliais l'honneur auprès d'elle, A°rès me rend tout à l'honneur.