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LE MALADE

Avril 1823

Air : Mise des bois et des accords champêtres.

L'n mal cuisant déchire ma poitrine , Ma faible voix s'éteint dans les douleurs:

Et tout renaît , et déjà l'aubépine

A vu l'abeille accourir à ses fleurs.

Dieu d'un sourire a béni la nature ;

Dans leur splendeur les eieux vont éclater.

Reviens , ma voix, faible , mais douce et pure :

Il est encor de beaux jours à chanter.

Mon Esculape 1 a renversé mon verre :

Plus de gaieté ! Mon front se rembrunit; Mais vient l'Amour et le mois qu'il préfère : Déjà l'oiseau butine pour son nid.

Des voluptés le torrent va s'épandre Sur l'univers, qui semblait végéter.

Beviens, ma voix, faible, mais toujours tendre : Il est encor des plaisirs à chanter.

Pour mon pays que de chansons encore ! D'un lâche oubli vengeons les trois couleurs ; De nouveaux noms la France se décore ; A l'aigle éteint nous redevons des pleurs. Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l'osent affronter ! Reviens, ma voix , faible , mais courageuse : Il est encor des gloires à chanter.

Puis j'entrevois la liberté bannie; Elle revient : despotes, à genoux !

Pour l'étouffer, en vain la tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous.

1 Le célèbre docteur Dubois, à qui l'auteur de ces chansons ne peut témoigner trop de reconnaissance, et en qui les qualités du cœur égalent la science e l'étonnante habileté.

L'ours effrayé regagne sa tanière , Loin du soleil qu'il voulait disputer.

Reviens, ma voix, faible, mais libre et fière : Il est encore un triomphe à chanter.

Que dis-je? hélas! oui, la terre s'éveille, Belle et parée au souffle du printemps; Mais dans nos cœurs le courage sommeille ; Chargé de fers, chacun se dit : « J'attends! » La Grèce expire , et l'Europe est tremblante ; Seuls, nos pleurs seuls osent se révolter. Reviens, ma voix, faible, mais consolante : Il est encor des martvrs à chanter.

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