‹ Le berceau; comédie en trois actesChapitre 16 sur 26 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LAURENCE, seule, puis RAYMOND

LAURENCE, seule.

Guéri... Il est guéri... On ne me le prendra pas ! [Entre Raymond par la porte de droite. — // est ivre de joie. Laurence se Tève, lui tend les mains... Ils se regardent longuement, ils ne peuvent parler. Raymond fait signe de la tête : « Oui, il est sauvé ». La plus "rande émotion les saisit : ils se prennent dans les bras l'un de l'autre et éclatent tous les deux en sanglots.)

RAYMOND, à voix basse.

Laurence !

LAURENCE, de même.

Raymond !

RAYMOND, de même.

Notre enfant !

LAURENCE, de même.

Notre petit enfant !

LE BERCEA.U

RAYMOND, bas.

Ah ! que j'ai eu peur !

LAURENCE

Ah ! {Profond soupir de terreur. Elle se serre contre lui, les yeux fermés. Au milieu des sanglots.) C'est bien vrai, n'est-ce pas, il est sauvé ?

RAYMOND

Oui, Laurence, oui.

LAURENCE, toujours pleurant.

Ah ! que je suis heureuse 1 [Nouvelle scène muette, taurence revient à elle, elle regarde Raymond, se c?etache lentement de lui. Long silence. Puis leurs mains se dénouent très lentement. Laurence, effrayée de ce qu'elle vient défaire et sous l'impression cVune sorte de terreur, balbutie :) «Ah ! Raymond! » [Raymond seloigne à reculons vers la droite, de trois ou quatre pas. . . Ils restent debout l'un devant l'autre pendant un long moment. Laurence s'assied lentement à gauche. Raymond sort lentement par le fond.)

LAURENCE, elle se lève et va à la porte de droite qu'elle entrouvre avec précaution. A mi-voix, à la religieuse qui est dans la chambre.

Non, ma sœur, non... je n'entre pas... je venais voir seulement... [La figure illuminée.) Oui, il va bien... Il dort? [Elle écoute en souriant ce que lui dit la sœur.) Bon... bon... merci, ma sœur. [Elle envoie des deux mains un baiser à son enfant, referme la porte, toujours joyeuse, et redescend en scène où elle rencontre M. de Girieu qui vient d'entrer.)

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