L'EFFORT DE PENSÉE
La pensée peut être prise dans le cercle des logiciens quand elle s'abandonne à son mécanisme naturel, mais l'action brise ce cercle, l'action de la pensée gouverne le mécanisme de la pensée. Le danger de la pensée philosophique se trouve dans les mécanismes tout montés qui abondent autour d'elle et auxquels elle risque de s'abandonner. La pensée ne mord sur la réalité que si elle est action. La vreùe philosophie implique un effort constant. Son rôle est de « {aire violence à l'esprit, remonter la pente de l'intelligence ». « Encore en train de penser ! » disait quelqu'un en rencontrant Lamartine. « Je ne pense jamais, répondit le poète, ce sont mes idées qui pensent pour moi. » Un philosophe qui laisserait, comme un poète romantique, ses idées penser pour lui n'arriverait pas à grand chose. « Il faut, dit M, Bergson, que l'esprit se violente, qu'il renverse le sens de l'opération par laquelle il pense habituellement, qu'il retourne ou plutôt refonde sans cesse toutes ses catégories. Mais il aboutira ainsi à des concepts fluides, capables de suivre la réalité dans toutes ses sinuosités et d'adopter le mouvement même de la vie intérieure des choses... Philosopher consiste à invertir la direction habituelle du mouvement de la pensée ^. "
Eln principe tout au moins. Il n'y a pas de philosophie, ou plutôt