‹ Le Béribéri à Poulo-CondoreChapitre 21 sur 27 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

On s'étonne de voir que, dans une maladie caractérisée par une faiblesse si grande, quelques auteurs, peu nombreux, 1l est vrai, aient pu conseiller les courses à cheval, Ce serait à croire que les « Barbiers » de Bontius, qui est le promoteur de ce traitement, étaient la plupart des rhumalisants ; d'autant plus que nous voyons encore Geoffroy (1812), près de deux siècles plus tard, confondant le béribéri avec la sciatique et le lumbago, prescrire le même

ode de traitement : « ...…. L'on sera plus convaincu, ditil, guand on saura que le traitement consiste dans l’exercice, soit à pied, soit à cheval, autant que le malade peut le supporter. » Nous proscrivons sévèrement ce geure de traitement, parce qu'il est absolument impraticable, qu'en admettant même qu'il le fût, sa mise en pratique

Au reste, Boitiusts ne s se ho pas à! aa

À menado oil à pied soit à cheval, il usait de frictions fortes, PA douloureuses même, de bains chauds, de fomentations et de friclions avec l'herbe appelée lagondi, de l'huile de : naphite également en frictions. Il faisait frictionner aussi les pieds avec l'huile de clous de girofle, de noix muscade, auxquelles il ajoutait du miel rosat. |

Au dire de Lind, un des moyens les plus ee dans |

l'Hindoustan est le suivant : on creuse un trou dans la terre, et On y enfouit le malade jusqu’au cou ; on à soin de pratiquer celle opération au moment des plus fortes chaleurs de la journée, et on fait boire en même temps au

malade des tisanes sudorifiques.

Reinhardt employait ce moyen aidé des lues de strychnine et de sulfate de fer. Christie se trouvait bien des

mercuriaux associés au jalap et à la scille. Aitken se trouvait bien de la thériaque Do AReAuE associée à la noix vomique.

Voici le traitement qui a cours en Cochinchine ; je le transcris textuellement et tel qu'il m’a été donné par un médecin annamite qui passait pour habile dans le traitement du phou-thoum.

-Nhuü't tri phü-thüng, däu h ii voi gao träng trôn mot rôï, lày Cu-riéng dâm cho nho, dô nü'o’e vo mà vät, lây nu'o’c dâng mà nâu co’m nhu’ com gân chin ; tho'i lây Hoäi-so’n län mat trôn vo com cho chin mà cho binh àn.

« Côn än co’m thôï än com lac än voi Toi-tau luôc

do LPS cho chin än voi cum ; Không däng äa mäm muüût gi hêt. | « Côn uông nw’o'c 1hô'ï lây là Gui sao cho väng ; rôt, Khu-tho lai voi, dat phuc-bi luc là sûe cau, nâu nu'o’c cho binh uông ; än com Không uông, Khät Không uông; lây Cü-thom voi à Chim-chim cung sao cho väng Khu-tho’ ma nâu nu’o’c mà uông.

€ Lai môt câch nu’a :

« Lä Rang bän, lai voi cu Nwa-nt'o’c vo bu‘oi non xät ra ma pho’ cho Khô mà xông cho binh:

Voici la tradaction :

« Pour traiter convenablement le Phou-thoum (béribérr) prendre pois d’Angola et riz blanc ; faire cuire ces deux substances dans le suc exprimé du Cu-riéng (galanga, espèce de lubercule des marais) ; quand le rizest à peu près cuit, y ajouter de la pondre de Huài-so'n (tubereule qui croit dans les montagnes); donner à manger au malade.

« Il faut manger sans sel, avec le Toi-toù (ail sauvage de Chine).

« Comme boisson, administrer décoction de feuilles de la Giüi mêlées à l’écorce de noix d’arec bouillie avec la Gi. — Avant de faire la décoction il faut faire sécher les feuilles de la giüi au feu, ensuite les jeter par terre afin qu’elles puissent se pénétrer des vapeurs de la terre ; lorsqu'elles se seront refroidies faire la décoction mentionnée ci-dessus.

« Deuxième boisson : prendre les feuilles de chim-chim. les mêler avec les racin?s du Cu-tho'm (racines des ana. nas); mais avant, faire sécaer les racines au feu, les

fc SE (espèce d € mousse desséch | | “ « poser le malade à cette nt hr NE RN 5 a. si Quelques-uns de ces médicaments c ont élé expérimentés Free de es ; é va à Poulo-Condore par le D' Delrieu (mars à septembre 1880). RNA PEUR LÆ de L'emploi du hoai-son paraltrait lui avoir donné de bons ré sullats ; AE d’après ce que J'ai pu apprendre, un béribéri- se je que du nom de Thu’ong aurait été guéri par sept jours d d’administration de ce médicament. Les feuilles de là gui pie sent aussi pour un excellent sudorifique.

Quoi qu'il en soit, l'ignorance dans laquelle nous nous a trouvons de la cause du béribéri nous force à faire de la 1" = médecine symptomatique. Les fatigues, les excès de tous 7

4 genres, toutes les causes débilitantes susceptibles d’engendrer l’anémie et la misère physiologique, étant considérées 8 par la plupart des auteurs comme prédisposant au béribéri, D | bien qu’elles soient souvent insuffisantes pour le faire nai- . LÈERRSS tre, doivent être combattues par une hygiène et un régime : appropriés. Le repos, ou mieux le travail bien réglé joint és É à une alimentation réparatrice devra être conseillé aux in- : 7H dividus habitant une localité où le béribéri est endémique. Ë | Une fois la maladie déclarée, à la faiblesse, nous devons opposer les toniques, en même temps que les amers en slimulant l'appétit modifieront d une façon avantazeuse la nutrilion langaissante.

Contre l’œdème, on emploiera les différents diurétiques :

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teinture de colchique, teinture de scille, elc., et le nitrate de potasse. | Re

Pour provoquer la sueur on pourra faire usage de bains de mer à la suite desquels on administrera la décoction de jaborandi qui est un des meilleurs diaphorétiques (D° Nivard), en même temps qu’on y joindra les stimulants cutanés : frictions sèches ou aromaliques.

Pour combattre la constipation et diminuer en même temps l’œdème, on fera usage de purgatifs drastiques : eaude-vie allemande, jalap, scamonnée. On a vu souvent, à la suite de leur emploi, l’œdème diminuer rapidement, comme cela survenait aussi à la suite des débâcles spontanées qu’on observe quelquefois dans le cours du béribéri. |

M. le D' Walther, médecin en chef à lhôpital de la Pointe-à-Piître, associant les diurétiques aux drastiques, déclare s'être bien trouvé de l’emploi des pilules suivantes :

Digitaline. . . . . Se COUCOU.

Scille en poudre. . , . . . D gr.

JADE ver ere are ht “DB, SCAMMONDÉE . 5 4 . + + + . D 97.

F.s. a. 100 pilules : une de deux heures en deux heures, jusqu’à effet prononcé.

On pourrait d’ailleurs, pour plus de simplicité, se servir

de cette formule :

Poudre scie 2 Ra er.

mn dioitale 5,04 "0000 — scammonée . . . . . D gr.

Faire 100 pilules, de 4 à 6 par jour.

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Chez un béribérique de forme paralytique, étudié par M. le professeur Laboulbène, à l'hopital de la Charité, ce savant médecin n’a eu qu’à se louer de l’emploi des ferrugineux, des amers, du vin de quinquina, aidés des bains sulfureux et de l’applicalion de l'électricité.

Ce dernier moyen a donné souvent de bons résultats, surtout dans le béribéri paralylique.

Dans ce dernier cas, conjointement aux toniques et aux amers, nous employions le sulfate de strychnine pour combattre la paralysie.

L’arsenic, ce modificateur puissant de la natrition, a été .

regardé pour un médicament de très grande valeur, dans le traitement du béribéri ; il a été préconisé par le D° Silva Lima et la plupart des médecins brésiliens.

Dans le cas où la maladie débute par un état gastrique et de la fièvre, nous employions au début les évacuants

suivis de l’administration du sulfate de quinine.

Ne jamais employer comme moyen externe des vésicatoires ni d’applications causliques, qui en raison de l'infiltration même des lissus et de leur peu de vitalité, seraient le plus souvent suivis de plaies de mauvaise nature, très difficiles à cicatriser.

J va sans dire que le béribéri hydropique aigu, surtout le béribéri facial aigu, se joue souvent de ces moyens, le malade ne tardant pas à être emporté par les symplômes qui affectent ici une redoutable intensité.

« Quant à ce qui à trait aux autres formes du béribéri, « il ne faut pas £e le dissimuler, c’est dans l’ensemble des « moyens hygiéniques, et souvent dans un régime alimen- « taire tonique, varié et substantiel que résident les res-

Les WP

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sources les plus puissantes. Il ne faut pas oublier non plus, que le changement de chmat, et plus immédiatement, l’envoi des convalescents dans les localités

élevées des pays subtropicaux, sont des moyens d’une efficacité reconnue. »

(Valleix, Guide du médecin praticien).

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