‹ Le BerninChapitre 21 sur 35 · CHAIRE DE S A I N T - P I E R R E ( I 6 5 6 - I · texte numérisé non relu

CHAIRE DE S A I N T - P I E R R E ( I 6 5 6 - I

Eronze.

Rome. Saint-Pierre.

pour ainsi dire plus rien d'essentiel à faire à Saint- Pierre, mais il restait à en aménager les abords. Du jour où le premier étage de la façade avait été transformé en loge de la Bénédiction, du jour où, de la fenêtre centrale, le pape devait bénir le peuple rassemblé sur la place, il fallait faire de cette place comme le péristyle de l'église. C'est la mission qui est donnée au Bernin, et comme toujours il l'accomplit de telle manière qu'on ne saurait rien imaginer de plus satisfaisant.

Avant de s'arrêter au projet actuel, le Bernin avait essayé d'autres solutions, et, avant lui, le grand architecte Carlo Rainaldi s'était attaqué à cet ardu problème. Dans les premiers projets, dans ceux de Rainaldi et dans ceux du Bernin, on avait cherché à utiliser les constructions nouvelles, à entourer la place de grands bâtiments destinés à servir d'habitation, pour loger la clientèle du pape et y installer les services du Vatican. Mais, à Rome, c'est toujours la solution la plus noble qui prévaut, et l'on comprit bien vite qu'il était plus majestueux de ne pas mettre d'habitations sur cette place, de ne rien y ajouter qui pût lui enlever son caractère auguste et sacré. Seul, ici pouvait convenir un portique, une colonnade faisant de la place un immense parvis pour recevoir les foules devant la grande cathédrale de la chrétienté.

Le Bernin a étudié très longuement et très subtilement, dans une série de projets que nous

possédons encore, la forme et les dimensions à donner à cette place. Il a adopté une forme ovale, et la première conséquence de cette disposition

fut de donner à nos yeux l'illusion que la place était encore plus grande qu'elle ne l'est réellement : en nous avançant vers Saint- Pierre, nous sommes en effet portés à croire qu'elle est circulaire et à lui donner en profondeurles dimensions que notre œil voit en largeur.

On dit le plus souvent que la colonnade a une forme elliptique; ce n'est pas très exact. Elle se compose de deux arcs de cercle dont les centres, situés sur le grand axe, sont distants de cinquante mètres environ. Cette forme a l'avantage sur celle de l'ellipse d'offrir la même courbure tout le long de la colonnade et par suite de permettre de maintenir dans chaque rangée les mêmes espacements et les mêmes dimensions de colonnes.

La colonnade, large de dix-sept mètres, se compose de quatre rangées de colonnes formant trois allées, dont celle du milieu, qui est voûtée, est assez large pour laisser passer deux voitures de

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