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I. La Sc7t!ptiire française, p

des œuvres de Michel-Ange; il s'est bien plutôt inspiré du Bernin et de l'Algarde et de leur goût conventionnel. » Une très intéressante preuve de l'estime de Sarrazin pour le Bernin se trouve dans ce fait que. sur un des bas-reliefs du monument de Henri de Bourbon, il se représenta accompagné de deux artistes, et ceux qu'il choisit ainsi comme étant les plus grands dans son art étaient Michel- Ange et le Bernin.

Michel Anguier (i6i 2-1686) est, lui aussi, très berninesque dans les somptueux décors de la porte Saint- Denis, et au Yal-de-Grâce, dans les grandes figures des pendentifs de la coupole et des tympans des arcades, et dans le baldaquin de l'autel qui est une imitation presque servile de celui du Bernin à Saint-Pierre. Ailleurs, dans la chapelle du calvaire à Saint-Roch, il dispose un groupe au fond d'une niche, en l'éclairant d'en haut par une lumière cachée, selon la méthode favorite du Bernin.

Il n'y a pas lieu d'insister sur Puget (1622-1694) qui semble un second Bernin. Il suffit de se rappeler le Saint Amhroise et le Saint Jérôme de Sainte- Marie de Carignan.

Girardon (1628-17 15) était à Rome en même temps que Puget, vers le milieu du siècle. C'est lui qui fut le véritable chef de l'école de sculpture française au dix-septième siècle et qui la marqua définitivement de son caractère berninesque. Son Rapt de Proserpine est très profondément inspiré par le

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groupe de la Villa Borghèse, et le Mausolée de Richelieu, par le pathétique de la scène et l'originalité de l'invention, nous montre combien fut féconde l'influence du Bernin.

A ce moment, c'est tout un groupe de Français qui, venus à Rom.e comme leurs devanciers, ne peuvent se décider à quitter cette ville, qui y trouvent des comm^andes importantes et prennent le pas sur tous les maîtres italiens; ce sont Théodon, Monnot, surtout Le Gros qui, né en 1666, devint après la mort du Bernin le plus illustre maître de Rome, celui qui continua sa doctrine, la maintint vivante et l'enseigna à tous les Français qui venaient à Rome. Guillaume Coustou (1672- 1746), l'auteur des chevaux de Marly, est son élève.

Au dix-huitième siècle, même lorsque les premières tentatives de néo-classicisme apparurent, l'influence du Bernin continua à subsister et à se manifester très féconde. Voltaire, en 1740, écrit dans le Siècle de Louis XIV (chap. xxxn), que les plus grands chefs-d'œuvre de Rome sont les temples de Bramante et de Michel-Ange, les ta- ^ bleaux de Raphaël et les sculptures du Bernin. Bouchardon (1698- 1762), qui reste dix ans à Pwome, était très épris de son art. Dans la collection de ses dessins que possède le musée du Louvre, alors qu'il n'y a que deux dessins d'après Michel-Ange, il y en a quinze d'après le Bernin. Et, si à ce moment l'école française ne conserve plus le senti-

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ment de grandeur et le pathétique du Bernin, elle en i^^arde encore tous les traits de g^râce et de volupté. L'art du Bernin était si fécond qu'il a inspiré ces dftux siècles si différents de tendance que sont le dix-septième siècle et le dix-huitième. En effets ce sont encore ses héritiers que Lemoyne (1704- 1778), Falconet et Pigalle (17 14- 1785). En parlant du Monument du. inaréchal de Saxe (1776), Cicognara le cite, non pas comme une œuvre classique, mais « comme une œuvre des plus bizarres, comme l'exemple de ce que peuvent produire les délires et les déformations de l'art «. Sous la plume de Cicognara, de tels mots veulent dire simplement cjue cette œuvre est berninesque.

Michel-Ange Slodtz, enfin, parson Saint Bnnio, par sow Monument du marquis Capponi, parle Tombeau des Archevêques de Vienne (Dauphiné), maintient l'influence du Bernin jusqu'aux dernières années du dix-huitième siècle.

Et Bernin reste toujours le maître incontesté du portrait, celui que suivent sans le surpasser J.-J. Caffieri (i 725-1 792), Pajou (1730- 1809) et Houdon (i 741-1828).

Le classicisme, le puritanisme de l'école révolutionnaire, pour un instant vont combattre l'école du Bernin : elle disparaît dans la tourmente qui emportait les trônes et les autels. Mais ce ne fut qu'une courte éclipse et tous les maîtres novateurs du dix-neuvième siècle semblent s'être à nouveau

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tournés vers lui pour trouver le secret de renouveler leur art. L'escalier de l'Opéra, avec la grâce de ses formes, la richesse de ses matériaux, et sa pompe triomphale, est une véritable renaissance de l'art de ce grand maître, et Carpeaux, par son puissant naturalisme, par le mouvement de ses figures, par ses ardeurs de vie, a plus que tout autre montré combien peut être encore féconde l'influence du Bernin.

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