‹ Le Bétail de la Drôme: L'élevage dans la région de CrestChapitre 16 sur 52 · INDICE. DE COMPACITÉ · texte numérisé non relu

INDICE. DE COMPACITÉ

Tous nos chevaux des communes de Plan-de-Baix, d'Omblèze, de Beaufort-sur-Gervanne, de Gigors, ete., ne répondent certes pas à ce modèle. Il prédominait de beaucoup autrefois et c’est encore, tout de même, le plus fré-

M Hs

quent de nos jours. Le petit cheval montagnard, agile, robuste, râblé, au corps près de terre, aux membres solides, d'il y à un demi-siècle, à pris certes maintenant plus d’ampleur et plus de taille que son ancêtre, mais il a conservé à peu près son type primitif. Les étalons, qui appartiennent à des particuliers, étaient presque tous jusqu'à maintenant des « animaux de pays ». De nos jours, des croisements avec le gros ardennais, le percheron niême, sont assez suivis. Les résultats ne sont pas toujours satisfaisants : ils donnent aux produits trop de hauteur et {rop de masse : 600 kgs et même davantage. Les poulains issus de ces géniteurs ne sont plus autant recherchés par l’acheteur qui préfère les animaux courtauds, aux formes bien découplées, les « ragots » Comme 1! les nomme. La race peut être améliorée, mais ce doit être par la sélection, à notre avis. Qu'on ne Ss’adresse plus à des étalons d’autres races : qu'on les choisisse judicieusement dans la production locale. Il est temps de revenir à une plus saine compréhension des besoins. La plupart des juments présentent encore de solides qualités, et si celles-ci ne sont pas inconsidérément détruites, l'élevage de nos montagnes Pourra conserver la renommée qu’il possède encore.

Nous devons signaler le mode d'éducation tout particu-

lier durant l'été. Du début de juin à la fin septembre, les

poulinières et leurs produits vont « estiver » dans les prairies de, la Raye, mais surtout dans les pâturages communaux d’'Omblèzé. Ceux-ci recouvrent une partie du vaste plateau d’Ambel, à 1.400 mètres d'altitude. Sous la garde de bergers communaux, ce grand troupeau qui dépasse Souvent plus de cent têtes, pâture en liberté pendant 4

InoiIs, eXposé à toutes les intempéries. Il n'en va pas quel-

(NIDE-OP-UDIA 9P UOIF DA) 06bAN)pd ND o4onmmmod juoun

Fo

oder)

quefois sans de graves inconvénients, dûs au froid, à la pluie et aux brouillards persistants, contre lesquels tes animaux, privés de tout abri, se défendent mal. Les nuits d'orages, en fuyant devant les rafales de pluie et la tourmente, des chûtes dans les rochers se produisent, entrainant des accidents graves et quelquefois la mort de plusieurs animaux... Mais la qualité de ces pâturages alpestres est telle, que cette pratique donne malgré tout, en cénéral, les meilleurs résultats. Cette rude école, fait, des poulains de la montagne, des sujets vigoureux, robustes, et au squelette solide.

La production des jeunes est un revenu appréciable pour nos communes de la montagne: Chaque exploitation y possède une ou deux juments poulinières, quelquefois davantage. Les chevaux sont très rares. En nous basant sur les statistiques communales annuelles, qui ne tiennent pas compte des poulains (ceux-ci naissent au plus tôt en janvier et Sont habituellement vendus au sevrage, de septembre à novembre) on peut considérer que les chiffres qui. concernent l’espèce chevaline se rapportent à peu près uniquement à des juments. Nous pouvons donc estimer, pour. le moins, le chiffre des poulinières à une centaine. On.les rencontre principalement sur les territoires d’Omblèze et de Plan-de-Baix ; ce sont, de beau:oup, les centres de naissance les plus importants. Les autres sont réparties dans les communes limitrophes : Beaufort-sur-Gervanne, Gigors-Lozeron, Egluy et l’Escoulin, ces deux dernières communes rattachées administrativement au canton de Saillans, mais faisant partie du bassin de Crest. Enfin, plus au nord, dans une région qui n'appartient pas au cadre de notre travail, au Chaffal, à Léoncel et à Bou-

Page 1