‹ Le Bétail de la Drôme: L'élevage dans la région de CrestChapitre 31 sur 52 · PR TUE · texte numérisé non relu

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mais au département tout entier, Les vaches qui n'étaient ouère, en 4835 que 3.000 dans toute la Drôme, se trou- Vaient être recensées en 1924, au nombre de 13.344. Leur nombre à pour le moins quadruplé au cours d’un siècle. (Celui des bœufs n’a pas doublé).

Vers Ja fin du xIx° siècle, l'amélioration des moyens de communication, chemins de fer et routes, mais. surtout emploi des engrais chimiques amenant avec lui lextension des prairies artificielles, ont bouleversé l’économie rurale, Certaines parties du département ont vu alors leur élevage subir une transformation complète.

Au Vercors notamment, l'élevage du mouton « qu’on « pratique encore dans quelques écuries, même sous des « formes modernes, est une survivance, C’est l'élevage du « gros bétail qui est aujourd'hui occupation essentielle des « habitants ». Les régions de la Gallame et de la Valloire, dans le nord du département, ont subi une évolution à peu près semblable. Ici, C’est le bétail tacheté, de la race l'abondance principalement, qui domine : au Vercors, c’est le bétail de la race du Villard-de-Lans. :

L'augmentation du nombre des bovins femelles dans nos cantons de Crest n’a pas des causes tout à fait identiques.

Dans la présente étude, nous aurons recours à ‘une divi- SION qui peut paraître quelque peu arbitraire. Elle facilitèra pourtant notre tâche, si nous voulons essaver de faire une esquisse à peu près complète de l'élevage des vaches dans notre région.

Vache luitière et, vache de travail. tels sont les deux

sujets que nous allons traiter successivement.

vaches de la race de Villard-de-Lans (environs de Crest)

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a) La vache laitière. Par cette appellation nous enterdons désigner les vaches destinées uniquement à la production du lait.

Il ne saurait être question ici d'industrie laitière ; notre région ne produit de lait que pour la consommation locale et cette spéculation ne donne lieu à aucune transaction avec le voisinage. |

Les vaches sont groupées principalement à proximité du centre urbain de Crest et des agglomérations de quelque importance ; on les trouve surtout chez les petits cultivateurs. La vente journalière de quelques cruches de lait compense cheZ ceux-ci l'insuffisance de la production agricole. Rares sont les vacheries exploitées d’une façon mocderne et rationnelle. |

Quant-aux vaches qui peuplent ces étables, elles appartiennent aux races et aux croisements les plus divers race tarentaise, bétail tacheté pie-rouge des races de Montbéliard et d’Abondance, race du Mézenc, quelques spée-mens de la race normande, de la race suisse de Schwytz, ete. Ce sont pourtant les tarentaises et les tachetées qui prédominent nettement dans cette population. La plupart de ces races, celle du Mézenc exceptée, sont suffisamment sélectionnées en vue de la production laitière. Leurs représentantes devraient donner généralement Satisfaction. à leurs exploitants ; mais «les bénéfices de ceux-ci sont su- « bordonnés à l’aptitude individuelle des bêtes et aux « soins hvgiéniques et alimentaires dont elles sont entou- « rées ».,.(Dechambre).

De sérieuses et notables améliorations seraient possibles dans la conduite de cette entreprise. Nous constatons sou-

vent que les sujets sont d’un âge trop avancé. La vache

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âgée ne devrait pas être à peu près la règle, mais lexception. Quant au régime alimentaire, il mériterait plus d’atténtion. Les vaches ont à leur disposition, à volonté presque, l’aliment de lest (fourrages artificiels de bonne qualité et paille), racines diverses, etc., mais il n’est pas assez tenu compte de leurs besoins en matières azotées. Les sons, farines, tourteaux ne leur sont distribués qu'avec trop de parcimonie.

Enfin, le régime de la stabulation permanente auquel les bêtes sont presque toujours soumises, devrait faire une obligation aux nourrisseurs d'aménager d'une facon pius hygiénique leurs étables, L’air et la lumière devraient Y pénétrer plus largement. Des crèches plus basses et des râteliers mis à bonne portée des animaux seraient souhaitables ; ces modifications entraîneraient la suppression des marchepieds, inutiles et même nuisibles à la santé des femelles en état de gestation. Les litières devraient être renouvelées avec plus de fréquence. Enfin, une propreté . méticuleuse du local, et des pansages quotidiens aurai-nt pour résultat d'assurer la récolte d'un lait sain, dépourvu d’odeur et de souillures.

Avec le bien-être, les besoins en lait de la population urbaine ont augmenté dans de notables proportions depuis quelques années. Ce fait a cerlainement contribué à laugmentation du nombre total des vaches de notre contrée, mais dans une modeste mesure. La principale des causes est, sans aucun doute, l’emploi de plus en plus fréquent dans notre région des vaches pour les travaux de la culture.

b) La vache de travail. — WU y à seulement quelques an-

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nées, les travaux agrico!es étaient effectués dans nos Campagnes, uniquement par des équidés et des bœufs. Depuis peu, les vaches sont employées pour le même usage. Leur utilisation tend très nettement, sinon à se généraliser, tout au moins à se répandre de plus en plus.

Cette mode appartient en propre, habituellement, aux contrées d'élevage ; elle à été certainement introduite dans notre région par des montagnards du Vercors émigrés dans la vallée, ou par des fermiers originaires des rudes contrées de l'Ardèche, fort nombreux dans nos campagnes. Ce sont surtout les petits exploitants qui ont suivi cet exemple. |

Ils y ont été déterminés par plusieurs raisons.

Jusqu'en 1914 et même pendant la guerre, il n'existait que des différences insignifiantes entre les prix des bœufs de travail, dits bœufs maigres, et des animaux prêts à être livrés pour la boucherie. Nos compatriotes pouvaient réaliser, généralement, un bénéfice appréciable au moment ces échanges. Il n’en est plus ainsi. Les mercuriales de plusieurs années, que nous avons consultées, en font foi.

MERCURIALES DES ANNÉES 1910 & 1925 (aux 190 kilogs)

F | Hu 1910 MARS JUN SEPTEMBRE DÉCEMBRE | MOYENNES | 80

| Bœufs gras. . .| 74- 78 | 82- 84 | 82- 86 | 76- 78 Bœufs maigres.| 78- 82 | 88- 90 | 80- 86 | 72- 76 | 81,50 1925.10 1 | | |

Bœufs gras. . .| 360-400 | 420-450 | 300-550 | 420-480 | 447,50 Bœufs maigces.| 420-460 | 440-490 | 380-610 | 400-440 | 480

Il existe maintenant un écart sensible entre les prix des

animaux de travail et ceux du bétail de boucherie : il est au désavantage de ces derniers. Les transactions commerelales ne sont plus rénumératrices pour Péleveur. Le travail fournir par les animaux pendant leur séjour dans l'exploitation est son seul bénéfice : gain modeste dans : les fermes de médiocre importance où les journées de labour sont peu nombreuses. C’est une des causes déterminantes, à notre avis, de l'abandon des bœufs par beaucoup de nos petits cultivateurs.

Les vaches par lesquelles ils les ont remplacés, produisent à la fois du travail, du laitage et des jeunes.

Elles accomplissent parfaitement tous les travaux de la culture ; peut être avec plus de lenteur... « Les agri- « culteurs, dit Dechambre, estiment que d'ordinaire la « vache vaut, comme travail, les deux tiers d’un bœuf de « [a même race. »

La production laitière, peu abondante, il est vrai, en période de travail, peut servir à la consommation fami- Bale de l'exploitation, le surplus pouvant être transformé en beurre ou en fromage par les soins de la fermière, si l'éloignement des centres urbains n’y permet pas la vente quotidienne du lait. Les sous-produits obtenus peuvent, en outre, être un appoint sérieux pour la nourriture des porcelets d'élevage, fort nombreux ‘dans la région, ou lorsqu'on pratique l’engraissement des pores.

Quant aux jeunes qui naissent dans la ferme, ils représentent une spéculation zootechnique des plus intéres- santes.

Nos agriculteurs recherchent plus particulièrement les ‘aches de la race du Villard-de-Lans. Nous approuvons ce Choix,

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Mouvement du cheptel bovin (vaches), dans les deux cantons de Crest, de 1900 à 1925 (par 25 unités)

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