Le Béyan persan
J'ai cru m'apercevoir, en relisant une dernière t'ois mon manuscrit avant de le remettre à L'imprimeur, que le lecteur Européen ne serait peur être acore suffisamment au courant des façons de
parler de notre auteur — de ce que le Baron de lîosi n appelle « le jargon Bâbi » — pour se passer totalement de commentaires. .J'ai dû donc retarder ma publication, force que j'étais de remettre ., mon retour à Taurib la révision de mou ouvrage et l'adjoncl ion de quelques aote
Un exemple frappant de la difficulté <|tfil y a à comprendre le Bâb non est donné par une erreur
de M. EDWARD G BrOWNE dan-- sou ï'arikh é-
Djedid.
En effet, a la page \-2\ de cel ouvrage, il donne un fac Bimile de l'écriture du Bâb, dont il public la braneci Iption à la page \-S-'< e1 la traduction, à la page suivante.
Dans sa transcription il dit : « Soumma létouhliarené arzakoum khéiroun amma bas'adouné harfé vahédine yag hlébou koull al aharaf Lahou béma qad qaddar allahou fihi mine cl uaqqé vallahou ala koulli chéin qadirin. Elourouf allallab •>.
Il traduit : « One letter shall subdue to itself ail tlie letters by virtue of tliat which God liât power over ail things. The letters of ilallah ».
Cette fin de lettre que M. Browne traduit ainsi n'offre, en vérité, dans la traduction, aucun sens. La signature (?) elle même - entièrement imaginée par le traducteur — est hors de raison et ne présente — bien mieux, ne peut présenter — aucune signification pour quinconque a étudié, et par conséquent connait la Bâbisme.
Vraiment l'on s'est trop hâté, et sur la foi de ses ennemis acharnés, de considérer notre auteur comme ignorant les premières règles de la grammaire arabe ou persane. On a facilement adopté la coutume de ne tenir aucun compte, avec lui, d'aucune des lois de la raison ; ce qui facilite singulièrement les « traductions^) supposées. C'est un moyen vraiment propice pour justifier les non-sens proposés, pour sortir d'embarras avec élégance. Ou s'est trop complètement habitué à dire avec le baron de Roskn : « Le lecteur devra donc se défaire de toute velléité grammaticale, oublier un peu la logique et le bon sens, et alors il réussira peut-être à comprendre les mystères de ces monuments littéraires, que les adeptes de la vraie foi appellent avec une ironie involontaire «l'exposition claire ».
Dès lors, on se permet de torturer les textes avec une fantaisie scandaleuse ; on se défait de tout