Colonne des portes
6. Celle de l'arbre de vérité. Il s'en suit donc que l'existence de la quatrième colonne tient à celle de la première, et que l'existence de celle-ci tient à celle de la quatrième.
l62 SEYYÈD ALI MOHAMMED DIT LE BAB
qu'existe la maison de vérité l. Et sur cette quatrième colonne a passé, en jours et en nuits, le nombre de huit unités 2. L'élévation de la maison est pour sa grandeur: sur les épaules de tous était confirmée cette grandeur auparavant et elle le sera par la suite 3.
Eu effet, si le Soleil de Vérité ne s'était pas manifesté, les dix-huit lettres du Vivant n'existeraient pas : mais si cellesci n'existaient pas, comment se pourrait manifester ce Soleil. C'est là exactement le même raisonnement que celui des lettres du Bism illah...
i . Cette quatrième colonne qui est, comme nous l'avons dit, celle des portes ou lettres du vivant, indique ici d'une façon plus particulière celui qui en est l'origine même, c'est à dire le premier croyant, le Bouchrouyéhi.
a. Huit mois de dix-neuf jours. Je pense que cela veut dire il y a huit mois de dix-neuf jours que Mollah Housseïnadonné sa foi, au moment où moi j'écris ces lignes. D'autre part, il est évident que le Béyàu a été codifié beaucoup plus tard qu cela, quand le Bâb était à Makou. Il n'y a pas là contradiction, mais simplement une preuve très nette de la vérité de ce que j'ai toujours pensé: c'est que, en réalité, le Béyàn est tout entier contenu dans la vie entière du Bàb. Certains ordres (portes) avaient été donnés quand le besoin s'eu était l'ait sentir, mais ce l'ut à Makou qu'eut lieu le travail de récolement et d'arrangement définitif.
Je ne pense pas qu'il s'agisse là de la parole que cite Bèba Oullah dans son épitre au fils du Loups. D'ailleurs le texte devrait porter « Et dans l'année 9 vous serez en présence de notre Seigneur.» Je suppose cette traduction au lieu de celle qui nous est donnée parce que c'est celle constamment employée tant dans le Qoran que dans le Béyan.
3. C'est-à-dire qu'il est du devoir strict de tous de la reconnaître, comme, par exemple, l'ont reconnue ceux qui ont cru en Mohammed, et. mieux encore, ceux qui reconnaissent dans le premier croyant actuel, Mollah Housseïu, le Mohammed d'autrefois.
DNITÉ IV, PORTE l8. l63
Et personne n'existe qui n'ait sur sa nuque cet ordre de Dieu et ne soit humble pour la première vérité et les spectacles du Vivant, et cela depuis le jour d'Adam jusqu'à aujourd'hui. Même la personne qui reste dans l'ignorance du lever de la Vérité, c'est sur son ordre que nuit et jour elle se prosterne, et depuis le commencement de sa vie, jusqu'à sa fin, elle est dans la ligne de son obéissance et elle ne le sait pas elle-même, cette personne fut-elle parmi les plus hautes créatures ou les plus basses. Par exemple, si la nation de Jésus ne s'est pas prosternée devant le Prophète de Dieu, du moins l'ordre que Jésus leur avait imposé était cette prosternation même devant le Prophète de Dieu, car la manifestation de Jésus à son époque, n'était autre que la manifestation même de la Vérité. Regarde qu'il en est ainsi avant et après. Dans aucun rang, pour aucune chose, la qualité de chose n'existait et n'existe que pour que, par cette qualité de chose, elle se prosterne, s'humilie, se fasse petite, se dévoue pour le Point de la Vérité et le mentionne. De toute éternité Dieu est adoré par elle, mais elle-même ne le comprend pas, car si elie le connaissait, elle se séparerait complètement d'elle môme pour aller vers lui. Ainsi les personnes qui ont connu le Prophète de Dieu, comme elles lui ont donné leur foi, et celles qui ne l'ont pas connu, comme elles sont restées dans le feu de l'ignorance.
Imagine-toi qu'il en est de même avant avant et de même après après. C'est là la grandeur de Dieu que tous seglorilient de l'adorer, s'il l'accepte. Et cependant II ne l'accepte que des élus. Mille deux cent soixante et dix ans oui passé depui- que Mohammed a été suscité et chaque année des foules innombrables ont tourné autour de la maison (Qaaba). Dana la dernière année,
l64 BBYYBD ALI MOHAMMED DIT LE BAB
le Créateur (le Bal») de la maison est allé lui-même en pèlerinage. Gloire à Dieu ! il vit que de chaque secte, des troupes nombreuses étaient venues. Personne ne le connut, mais lui les connut tous car ils agissaient et agissent sous le pouvoir de sa parole d'auparavant.
Celui qui le connut et qui fit le pèlerinage avec lui ' est celui-là même sur lequel huit unités ont passées et Dieu l'honora auprès de ses anges au plus haut des cieux à cause de la façon dont il s'était séparé de tous, et son acte d'être sans reproche dans le contentement de Dieu. Ce n'est pas qu'une grâce spéciale lui ait été accordée car cette grâce a été accordée à tous. Mais tous sont dans l'ignorance de cette grâce, car dans cette année même 2 la manifestation du Livre du commentaire de la Sourate de Joseph parvint à tous. Or quand ils regardèrent ils Le virent 3 sans compagnon et ils reculèrent. Ils ne réfléchissaient pas que ce Qoran, quia actuellement tant de croyants, resta durant sept années parmi les Arabes sans avoir en apparence aucun croyant, si ce n'est Ali. Celui-ci * ne regarda pas la qualité de la preuve et fut convaincu, sans se préoccuper de savoir si quelqu'un avait déjàvu. C'estainsi que Dieu, au jour du jugement, interroge un chacun suivant ce que celui-ci a compris et non suivant qu'il ait imité tel ou tel. Combien y a-t-il de personnes qui, à la seule audition des versets, s'inclinent et reconnaissent la vérité, sans s'occuper de suivre tel ou tel ? Tous sont par eux-mêmes responsables de leurs devoirs et non par autrui. A la manifestation de
i. Mollah Housseïn.
a. L'année du pèlerinage.