II
146 LE BHÀGAVATA PfJRÀNA.
M. Eik réveille son époux qm a pmlu Tesprit; mais qatnd je serai sorti de ce monde, dédbirée par la douleur, elle ne pourra, quoique mère , remplir les devoirs d'un chef dé maison.
21. Comment mes malheureux fils et mes filles privées d'appui pourront-ils vivre quand je serai hors de Ce monde? Ils seroiit comme des marins dont le vaisseau hrisé flotte sur TOcéan.
22. Pendant que ce prince digne d'un meillear sort se lamentait ainsi dans Tamertume de soo cœur, Bhaya , décidé A le saisir, se présenta devant lui.
25 « Traîné comme un animal par ks Yiivanas qui l'emmenaient dans leur demeure, il marchait suivi de ses domestiques qui, dévorés de chagrin, pleuraient avec lui.
24. Vaincu, le serpeat [qui gardait la ville], rabandonna pour suivre son maître ; et la ville, à son tour, tombant en ruine après son départ, retourna au sein de la Nature.
25. Violemment entraîné par le fort Yavana, Puraâidjana ne retrouva plus, au milieu des t^èbresqui l'environnaient, l'ami qu'il avait chéri autrefois.
26. Les victimes qu'il avait immolées sans pitié dans ses sacrifices , irritées par le souvenir de sa cruauté , lui briserait le corps à coups de hache.
27. Plongé dans une obscurité sans bornes, dépouillé de sa méinoire>, il passa de longues années dans la douleur, en punition de son attachement pour sa femme.
28. Comme il l'embrassait dans sa pesisée, il revint tout à coup au monde sous la forme d'une belle femme, dans la demeore de Ràdjasimha, roi de Vidarbha.
29. Malayadhvadja, du pays de Pândya, qui avait conquis les villes de ses ennemis, défit en bataille rangée les rois ses rivaux, et obtint, pour prix de son courage, la fille du roi de Vidarbha.
50. Ce monarque eut de cette princesse une fille acoL yeux noirs, et sept fils plus jeunes qu'dOie, qui furent tous les sept souverains «du voyaume de Dravida«
51. Chacun de ces princes eut cent millions de descendants, dont
k postérité doit posséder la terre pendant un ManTaDtan et au delà.
9â« Agastya épouaa la fille aînée du roi ; cette femme y fidèle à ses de^oîrs^ lui don&a un fils qui descendit [sur la terre] de la région ao» lide [du ciel], et fut le solitaire, père d'idbmaftâha*
55. Après avoir partagé la terre entre ses en&nts^ le Richi des rots, MalayadbiYadjav se retira vers les monts Kulâtchalas, dans le dé* sir d adorer Krïchna.
34. Abandonnant se» pakds, ses enfants^ ses plaâsir&, la fiUe de Vidarbha am regtjds enivrants «livit le souverain de Pândya, comme la lumière suit Tastre de la nuit
35. Visitant les rives de la Tchandravasâ , de la Tâmraparnî et de la Vatôdakâ> et lavant dans leurs eaux purifiantes les somiiiures^ de son corps et de son âme,
56. Le roi qui ne se nourrissait plus que de tubtnraleB, de graines, de racines 9 de fruitS', de fleurs, de iEeuilies, dlterises el d^eau, s imposa des aiustérités faites pour détrairt peu à peu s€(d eorps«
57. Envisageant toutes choses du même regard, il devint égale^ ment insensible aux impresflions opposées da froid et du diaud, du vent et de la pluie, de la laiim et de la soif, de Timntié et de k haine, de la douleur et du plaisir.
58. Après avoir détruit ses passioiis par les- austérités^ par la science et par la pratique de La morale et des devoirs religieux > maître de ses sens, de sa respiration et de son cœur, il unit soil âme à Brahma. .
59. Il resta dans le mette lieu, immobile oômme un peteau^ peo»* dant la durée de cent années divines, ne distinguant plus rien «vM chose [que TEsprit], et. vouant au bienheureux Vâsudéva une affieoià(m exclusive.
40« Saisissant en son âme TEsprit qu'il voyait distÛÉct [de sa pet^ sonne] y mais pénétrant tout, et qW il reconnaissait comme le témoin de sa réQexiiHi même, tout comme dans vm songe [en se distingue du rôle quon y joue], il se détacha de tout le reste.
41. Éclairé par le flamibéau de la science pure et re^lemlissante
de toutes parts qu^avait révélée le bienheureux Hari lui-même ^ le précepteur [de l'univers],
42. Voyant son âme au sein du suprême Brahma^ et le suprême Brahma dans son âme, il e£Paça jusqu à [la différence de] cette [double] vue , et fut affranchi du monde.
45. Dévouée à sop époux, la fille de Vidarbha, ayant abandonné tous les plaisirs, servit avec tendresse Malayadhvadja , ce sage qui connaissait les devoirs les plus élevés.
A&. Couverte de haillons, amaigrie par ses austérités, ne portant plus pour coiffure qu'une simple tresse de cheveux, elle briUait auprès de son mari comme une flamme pure au-dessus d'un feu qui se consume.
45. Ne s'apercevant pas que son époux chéri qui se tenait dans une posture immobile , avait cessé de vivre , elle continuait de le servir comme auparavant.
46. Mais quand elle eut reconnu que la chaleur avait quitté ces pieds auxquels elle ne cessait de rendre un culte , elle sentit son cœur déchiré, comme une gazelle qui se serait égarée loin de son troupeau.
47. Désolée de se voir privée de son époux, pleurant sur son malheur, inondant ses seins des larmes du désespoir, elle poussa des cris lamentables au milieu de la forêt.
48. Lève-toi, lève-toi, ô royal Rïchi, [disait-elle;] reviens gouverner cette terre dont l'Gcéan forme laxeinture, et qu'épouvante la crainte des brigands et des vils Kchattriyas.
49. En poussant ces lamentations, cette femme qui avait suivi son époiix dans la forêt, se jeta à ses pieds, pleurant et fondant en larmes.
50. Ayant dressé un bûcher de bois amoncelé sur lequel elle déposa le corps du roi, efle y mit le feu, et songea tout en larmes à mourir après lui.
51. En ce moment un Brahmane maître de lui-même, qui avait été autrefois son ami, vint consoler, par ces paroles calmes et belles, la reine qui pleurait.
52. Qui es-tu, lui dit-il, de qui 6s-tu fille, et quel est cet homme