LIVRE QUATRIÈME
couché sur lequel tu pleures? Reconnais-tu en moi un ami avec lequel tu as eu, au commencement [de ton existence], des rapports d*affection?
55. Ne te souviens;-tu pas d'avoir eu un ami que tu ne connaissais pas? Tu me quittas pour chercher un lieu où t*étahlir, et tu partis emporté par le désir des jouissances terrestres.
54^ Nous fûmes jadis, toi et moi, deux cygnes amis l'un de Tautre qui nous ébattions sur le lac Mânasa, et nous restâmes pendant mille années sans demeure £bLe.
55. Ayant un jour abandonné ton ami, tu descendis sur la terre plein de fidée des jouissances grossières; et en parcourant le monde , tu trouvas une résidence qui avait été. construite par une cçrtaine femme.
56. C'était une ville qui avait cinq jardins, neuf portes, un gardien, trois remparts, six boutiques, cinq mâchés, èinq éléments constitutifs, et rintelligence pour souveraine.
57. Les jardins sont les cinq objets des sens; les portes sont les neuf spufiEles de vie ; les remparts sont le feu, l'eau et la terre; les six boutiques sont Ta réunion des organes des sens.
58. Les marchés sont l'énergie des organes de l'action; les éléments constitutifs sont la Nature impérissable; une fois entré dans cette ville [du corps], l'Esprit, esclave de l'énergie [des organes], ne se réveille plus.
59. Séduit dans cette ville par la belle femme [qui l'habitait], tu oublias au sein des plaisirs ce que tu avais appris; et c'est l'attachement que tu as eu pour elle qui t'a réduit à l'état misérable où tu te trouves en ce moment.
60. Tu n'es pas la fille de Vidarbha , et ce héros n'est pas .ton ^ mari; tu n'es pas davantage l'époux de cette Puramdjanî qui te retint captif dans la ville aux neuf portes.
61. C'est un effet de l'illusion créée par moi, que tu aies cru [jadis] être un homme, et que tu te croies [maintenant] une femme vertueuse; tu n'es pas plus l'un que l'autre, car nous sommes deux purs esprits dont tu vas reconnaître la voie.
03. Je sfnis ce que ta es, et pot es ce que je sais; reconnus que tu n'es pas autre que moi ; car les chantres inspirés u aperçivent jamais entre nous deux la plus petite différence.
6&. De même qu'^n homme se voit double, quand il regarde dans un miroir, on dans les yeu d'un autre , aiosi la diffiérenee qui eûste entre nous deux [n est qu'apparente].
64. Ainsi réveillé par l'Esprit [suprême], fEspît qui se trouYait uni au cœur, rentrant en poasessioB de sa nature, recouvra k mé* moire qu'il avait perdue pour s'être séparé de son ami.
65. Varhichmat , je t'ai £ait voir sous le voile d'une allégorie l'Esprit suprême, parce que Bhàgafrat, l'auteur de toutes choMs, est le Dieu ami du mystère.
PIN DV vA&T-HDITlàllB CMAVm^^ AYAIIT PODA TITIUK.;
éPlSODB DE PCRAHDJANA ,
DANS LE QUATRlàlfE LIVRE DU GRAND PURA^A ,
RECUEIL INSPIRA PAR BRAHVÂ Et COIfPOSi PAR VtAsA.