CHAPITRE XXXI
EPISODE DES PRATGHETAS.
1 . Mâitrêya dit : Cependant les Pratchêtas , .se rappelant les paroles d'Adhôkchadja qui les avaient promptement éclairés, embrassèrent la vie religieuse, après avoir confié leur femme à leur fils. ,. . ,
2. Préparés par le sacrifice de Brahma, qui leur fit voir FEsprit résidant au sein de tous les êtres, ils se retirèrent à Toccident sur le bord de la mer en un lieu où se trouvait le Siddba.Pjâdjali.
5. Nârada, ce sage digne des respects. des Suras et des.Asuras, vint visiter .ces ascètes maîtres de leur respiration, de leur cœur, de leurs paroles et de leurs regards, indifférents à toute espèce de pos* ture, et qui, le corps droit et ^immobile, tenaient leun âme unie au suprême et pur Brahma.
4. Se levant aussitôt à sa vue, les Pratchêtas se prosternèrei^t devant lui, le saluèrent respectueusement, et l-ayant reçu avec les. honneurs convenables, ils le firent asseoir sur un siège commode et lui parlèrent , ainsi ;
5. Les Pratchêtas dirent : Sois le bienvenu^ aujourd'hui, 6 Rïchi des Suras, c'est un bonheur pour nous que ta^ présence; ta course, comme celle du soleil, ô Brahmane, répand partout] la sécurité. .
6. Livrés à }a vie de maîtres de maison, nous avons camplétemenJt perdu Iç, sQuvenôx des enseignements que, nous ava|ient donnés le bienheureux Çiva et Adhôkchadja. < '
7. Explique-nous, de nouveau cette sçiance de TEsprit suprême, qui donne Tintelligence de la vérité, pour que nous puissions promptement traverser Tocéan infranchissable de Texistence.
8. Mâitrêya dit; Le bienheureux solitaire Nârada, absorbant son esprit au s^ip de Bhagavat dont la gloire est excellente, répondit ainsi à la question des Pratchêtas. .
9. Nârada dit : La naissance, les œuvres, Texistence, le cœur, la parole ne sont rien si Thomme ne les emploie pas à honorer en ce monde Hari, le souverain Seigneur, âme de Tunivers.
10. Qu est-ce pour Thomme que cette triple naissance qu*il doit à une pure origine, à l'investiture et au sacrifice? Que sont les cérémonies religieuses ordonnées par le triple Vêda ? Qu est-ce même qu'une existence égale à celle des Dieux?
11. Que sont la connaissance de l'Ecriture, les austérités, l'éloquence, la capacité de l'esprit, la pénétration de l'intelligence, la force et la perfection des sens?
12. Que sont le Yoga, le Sâmkhya, le renoncement, la lecture du Vêda et tant d'autres perfections, là où né se trouve pas Hari qui se donne lui-même à tous les êtres ?
15. L'Esprit en effet est, à cause de son importance^ le terme où aboutissent tous les biens; or c'est Hari qui est l'Esprit même et l'ami de tous les êtres auxquels il se manifeste.
U. De même que l'eau dont on arrose les racines d'un arbre, rafraîchit également sa tige, ses branches et ses rameaux; de même encore que l'alimentation qui soutient la vie , nourrit tous les organes , ainsi le culte d'Atchyuta est le culte de tous les Dieux.
15. Comme les eaux qu'a laissées tomber le soleil remontent vers lui au temps marqué , comme les créatures mobiles et immobiles retournent à la terre [d'où elles viennent] , ainsi le courant des qualités rentre au sein de Hari [d'où il sort].
16. Le séjour réel de Hari, âme de l'univers, c'est ce monde visible qui est apparu en même temps que lui, [et qui ne s'en détache pas plus] que les rayons du soleil de leur source; et de même que les sens agissent dans la veille , pour s'endormir pendant le sommeil, de même la distinction erronée qui donne lieu à l'existence de la matière, de l'action et de la science, disparaît au sein de l'Esprit.
17. Tout comme paraissent au ciel et disparaissent tour à tour, ô princes, la lumière et les nuages qui l'obscurcissent, ainsi se montrent et s'évanouissent tour à tour au sein du suprême Brahma , ces